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Comment la hausse des températures attendue mardi en Gironde risque de compliquer la lutte contre les incendies

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Météo-France évoque une possible vague de chaleur cette semaine, alors que les pompiers peinent toujours à contenir les flammes qui ravagent le département.

France Télévisions

Publié le 27/07/2026 11:58

Mis à jour le 27/07/2026 13:12

Temps de lecture : 4min

Des pompiers combattent les flammes sur la commune de Marcheprime (Gironde), le 26 juillet 2026. (ALAIN JOCARD / AFP)
Des pompiers combattent les flammes sur la commune de Marcheprime (Gironde), le 26 juillet 2026. (ALAIN JOCARD / AFP)

La forêt de Gironde brûle toujours dans un gigantesque incendie. Pour autant, "la situation est restée globalement stable au cours de la nuit, sans évolution majeure à signaler", a fait savoir la préfecture, lundi 27 juillet. L'incendie n'est toujours pas maîtrisé et les autorités redoutent désormais l'arrivée d'une vague de chaleur. "C'est un facteur qui pourrait, j'utilise le conditionnel, aggraver le phénomène", a déclaré dimanche Sophie Brocas, préfète du département et de la région. Une mauvaise nouvelle de plus, alors que 42 000 hectares ont déjà brûlé depuis mercredi, et que près de 220 000 personnes ont été contraintes d'évacuer.

Météo-France prévoit une nouvelle vague de chaleur sur le Sud-Ouest à partir de mardi, avec des maximales jusqu'à 40°C et des vents un peu moins forts mais plus secs. "Les fortes chaleurs s'installent sur une grande partie du pays mardi 28 juillet, avec un pic d'intensité mercredi", écrit l'agence dans un point d'information. "On prévoit 38°C à Paris et à Tours, 36°C à Lyon et Grenoble, et des pointes à 40°C sur le Sud-Ouest", région en proie à des incendies en Gironde et dans les Landes."

Si cette élévation du mercure concernera d'abord un axe allant du Sud-Ouest au Nord-Est, le phénomène se retrouvera aussi "à l'échelle du pays", poursuit le prévisionniste. En revanche, "le vent est quand même moins fort pour les prochains jours, donc ça devrait limiter un petit peu les départs de feu", anticipe le prévisionniste, même si "l'air sera un peu plus sec". Si ces prévisions se confirment, il s'agirait alors de la troisième vague de chaleur depuis le début de l'été après celle de juin (17-30 juin) et de début juillet (4-19 juillet). Un épisode caniculaire très précoce avait également été enregistré fin mai, sans atteindre les seuils de la vague de chaleur.

Les températures sont suivies avec attention par Météo-France pour calculer l'indice forêt météo (IFM). Mais plusieurs autres critères sont à prendre en compte, comme la sécheresse, la vitesse du vent ou les précipitations. Cet indice de danger intégré est transmis tous les jours à la sécurité civile pour évaluer le danger d'incendie.

La vague de chaleur est "un paramètre que nous prenons en compte dans nos prévisions et dans nos réflexions d'anticipation", a insisté le porte-parole de la sécurité civile, le colonel Jérôme Boulanger, sur France 2. "Mais c'est le vent, aussi, qui est déterminant", a-t-il également souligné. "Dans les deux jours à venir, on est plutôt sur un vent favorable en termes de vitesse. Il faut profiter de cette fenêtre de tir pour accentuer nos actions."

"Les conditions météo des prochains jours seront déterminantes (...). On espère, dans ces quarante-huit heures, reprendre la main sur ce feu."

Jérôme Boulanger, porte-parole de la sécurité civile

sur France 2

"Les prochains jours", au cours desquels "la chaleur va augmenter", risquent de "compliquer considérablement la tâche" des pompiers, selon David Annotel, représentant de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers (FNSP), sur franceinfo. La journée de mercredi est notamment annoncée comme caniculaire. D'après lui, il faut donc "profiter de ces deux ou trois jours qui viennent, avec des températures à peu près normales, pour limiter cette propagation".

D'importants moyens aériens seront une nouvelle fois mobilisés. Les pompiers réalisent des opérations de déboisement, afin de priver le feu d'un potentiel combustible, et déposent également du produit retardant avec des équipes au sol. Quelques gouttes de pluie sont tombées durant la nuit de dimanche à lundi, ce qui a permis de freiner la propagation des flammes. Mais le combat est encore loin d'être gagné pour les 2 500 pompiers mobilisés sur ce feu. "On a une course contre la montre avant la réhausse prévue des températures, a commenté Eric Brocardi, président de la FNSP, sur France Inter. Il y a un petit créneau important, on va essayer de trouver un point faible."

La hausse des températures va également compliquer les conditions d'accueil des habitants évacués, notamment les résidents des Ehpad transférés au parc des Expositions de Bordeaux. "La chaleur est importante, il fait plus de 33°C, il n'y a pas de ventilateurs", a expliqué sur franceinfo Alexandra Penin, présidente de la Fédération des associations de directeurs d'établissements et services pour personnes âgées. Ces résidents sont ensuite répartis dans plusieurs villes des alentours. Par ailleurs, "les hôpitaux vont souffrir et une nouvelle fois s'adapter", a commenté Arnaud Robinet, président de la Fédération hospitalière de France, sur TF1.

Ces prochains jours, le retour d’un temps sec et très chaud va contribuer à relever le danger de nouveaux départs de feu dans toutes les régions, prévient Météo-France. "Le nombre de départements en niveau de danger élevé devrait donc augmenter à partir de mercredi."

Les fortes températures attendues s'inscrivent dans un cadre plus large de réchauffement climatique. Les forêts s'enflamment d'autant plus facilement que la végétation et les sols européens sont très secs depuis des mois. Le phénomène est accentué par les canicules exceptionnelles qui ont traversé le continent en juin et en juillet, engendrant l'évaporation de davantage d'eau.

A ce stade, "115 000 hectares ont été parcourus" par des incendies depuis le début de l'année, a annoncé le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, sur France 2 dimanche soir. Le réchauffement climatique a pour effet d'accroître la sécheresse de la végétation, en favorisant par exemple l'évapotranspiration des plantes, relève Météo-France dans un dossier consacré aux incendies. Et "il devrait également entraîner, dans certaines régions, une baisse de la pluviométrie durant les saisons propices aux incendies".