taraskuzio.com

Comment ce projet très attendu de salle polyvalente dans la vallée de la Roya a failli ne pas aboutir ?

Le quotidien d’une mairie est souvent jalonné de sueurs froides. Le village de Fontan, dans la vallée de la Roya, est bien placé pour le savoir. Et pour cause : ce qui devait être le grand projet de ce nouveau mandat a bien failli tomber brusquement à l’eau. À savoir, la création d’une salle polyvalente.

Tout avait plutôt bien commencé. Le chantier, prévu au niveau de l’ancien restaurant/bar des Platanes, devait être financé à moitié par la Mission interministérielle à la reconstruction des vallées (Mirv). Il était ainsi question de réaliser une construction attenante au bâtiment existant.

De manière à ce qu’il y ait, dans le nouvel édifice, la fameuse salle des fêtes – dimensionnée pour un peu plus de 80 places assises, ou 150 personnes debout. Et dans le bâti originel, une boutique éphémère, un espace de coworking ainsi qu’une cuisine. Un sas reliant les deux bâtiments.

« Comme le plan de prévention du risque inondation (PPRI) va sortir, on a demandé à la direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) de nous fournir la fiche concernant cet espace. Mais lors d’une réunion organisée avec eux mi-août, nous avons découvert que tout était en noir ! », retrace le maire, Philippe Oudot. En d’autres termes, impossible de construire ou de rénover quoi que ce soit.

Sans surprise, les échanges se sont alors montrés un peu houleux. Mais dans ce cas précis, la logique n’était pas au « noir c’est noir ; il n’y a plus d’espoir ».

Les travaux de confortement des berges menés en juin ont permis de rendre les deux blocs suffisamment sécurisés.

« Nous les avons emmenés sur le terrain, et leur avons montré un dossier avec les photos de l’après tempête pour qu’ils puissent voir tout ce qu’on avait fait. Ils craignaient le vallon sec, qui est sorti pendant la tempête. Mais le bâtiment, lui, n’avait pas été touché. Et on a pu le prouver », souligne le maire. Indiquant que quand les services de l’État ont quitté Fontan, ils ont promis de rediscuter du dossier avec le bureau d’études.

« Les services de l’État ont joué le jeu »

À l’origine placé en zone rouge, l’espace répondra finalement au code couleur bleu.
À l’origine placé en zone rouge, l’espace répondra finalement au code couleur bleu.
Mairie de Fontan

La bonne nouvelle est tombée la semaine dernière : la zone concernée est finalement passée en bleu – synonyme de risque modéré. Comme l’a confirmé au maire la préfète Nice-Montagne, Amel Tir, le 18 septembre 2026.

« La moitié de la maison reste en rouge mais ce n’est pas un problème, nous n’avons pas prévu d’y toucher », complète Philippe Oudot. Qui évoque un réel soulagement. « Les services de l’État ont vraiment joué le jeu, ils ont été super. Ils vont être associés tout le long du projet », commente-t-il.

La municipalité lancera ainsi le marché pour choisir l’architecte dans les prochains jours. Dans l’idée de déposer le permis de construire début 2027. Pour une livraison souhaitée fin 2028.

Coût total de l’opération ? Une première estimation – qui pourra évoluer en fonction du projet définitif – chiffrait à 1,6 million d’euros. « Il est prévu que ce soit financé à 50 % par l’État dans le cadre de la Mirv, et nous avons demandé au Département qu’il nous aide à hauteur de 30 % », indique le maire.

Le reste à charge pour la commune serait en conséquence de 300 000 euros. « On aura sûrement recours à l’emprunt, cela fait des années qu’on ne l’a pas fait. Car il ne s’agirait pas de mettre notre trésorerie à zéro pour un seul projet… »

Sur la page Facebook de la mairie, Philippe Oudot rappelle combien cette salle – qui pourra être mise à disposition des habitants et des associations – sera bien plus qu’un bâtiment : « Elle sera un véritable lieu de vie, de rencontres, de manifestations et de convivialité pour Fontan et ses hameaux de Berghe. »

Une taxe sur les locaux vacants

En conseil municipal, le 21 septembre 2026, la municipalité a approuvé le principe de mettre en place une taxe sur la vacance des locaux d’habitation. Le taux sera fixé lors du vote du prochain budget.

« Il y a pas mal de biens vacants dans le village. Le problème, c’est qu’on a des demandes de location mais qu’on ne trouve plus rien. Et dans le foncier de la commune, tout est occupé », justifie Philippe Oudot. Soucieux de ne plus voir de logements avec les fenêtres fermées.

La mesure répond ainsi à un objectif simple : inciter à rénover ou à mettre en vente.