Colombie. Avocat millionnaire, enfance à la Tom Sawyer… Qui est le nouveau président Abelardo de la Espriella ?
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Avocat millionnaire, enfance à la Tom Sawyer… Qui est le nouveau président Abelardo de …
Abelardo de la Espriella est investi président de la Colombie ce vendredi après-midi. Le novice en politique, ancien avocat pénaliste de profession, veut mener une politique d’extrême droite centrée sur la sécurité, dans un pays ravagé par le narcotrafic et les conflits entre groupes armés.
Pierre-Antoine Livenais -
Aujourd’hui à 13:49 | mis à jour aujourd’hui à 14:13
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Changement de cap en Colombie. Après quatre années de gouvernance de la gauche, l’extrême droite et Abelardo de la Espriella prennent les rênes à partir de ce vendredi. Pour son investiture, le nouveau président a fait un premier choix fort, symbolique selon lui, en renonçant à la capitale Bogotá, pour une cérémonie à Cali, ville marquée par les conflits armés et sous le joug des narcotrafiquants : « La décentralisation doit cesser d’être une rhétorique et devenir une réalité », justifiait-il sur X (anciennement Twitter), à l’annonce de son choix.
Un mois et demi après le scrutin le plus serré de l’histoire du pays, duquel il est sorti vainqueur face à Ivan Cepeda (gauche), « El Tigre » va donc diriger la Colombie, à 48 ans, un peu moins de deux ans après s’être véritablement lancé en politique. Et après avoir promis à son auditoire une « rupture totale » avec la politique de « paix totale » menée par son prédécesseur Gustavo Petro.
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Avocat pénaliste à succès
« Je veux sauver le pays de la gauche », annonçait, lors de sa campagne, celui qui a fait fortune en tant qu’avocat pénaliste à succès, après avoir défendu des membres de groupes paramilitaires, des politiciens accusés de corruption ou des footballeurs. Doté des nationalités colombienne, étasunienne et italienne, il s’est par la suite lancé dans le commerce de rhum, de vin et de vêtements. Un business florissant, qu’il gérait depuis Florence et la Toscane, où ce chanteur d’opéra amateur enregistrait aussi des albums de reprises de classiques italiens.
Devenu millionnaire - bien que des zones d’ombre concernant l’origine de sa fortune subsistent - Abelardo de la Espriella s’est senti appelé à quitter « sa vie confortable » en Italie, assure-t-il, pour revenir en Colombie. Son premier pays, où il est né et a grandi comme « Tom Sawyer », se souvient-il, entre pêche et jeux à la campagne. Il a lancé son parti d’extrême droite Defensores de la Patria en 2024, avec comme objectif l'élection présidentielle de 2026, donnant le ton dès ses premiers meetings.
« Une nouvelle ère »
Barbe soigneusement taillée, alternant entre maillot de football de la Colombie et costumes sans cravates, celui qui a reçu le soutien de Donald Trump pendant sa campagne a égrainé son programme « ferme pour la patrie » lors de shows à l’américaine. Il assure avoir les « couilles » de gouverner d’une « main de fer » le premier pays producteur de cocaïne au monde, en faisant de la tranquillité et la sécurité ses priorités, dans un pays confronté aux violences liées aux groupes armés, assurant qu’il cessera les négociations entamées avec les guérillas, symbole de la politique de « paix totale » prônée par Gustavo Petro.
Cet admirateur du président argentin Javier Milei souhaite aussi opérer des coupes drastiques - à hauteur de 40 % - dans l’appareil de l’État. Et se calquer sur la politique « antigang » menée au Salvador par Nayib Bukele, en faisant construire 10 « mégaprisons », où les détenus seraient « enfermés 10 étages sous terre et nourris de pain et d’eau ». Le début d’une « nouvelle ère » pour ce pays qui compte près de 54 millions d’habitants et rejoint l’Argentine et le Chili dans le cercle des pays d’Amérique latine gouvernés par l’extrême droite.