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Climat. « Les sols ne sont pas prêts » : après la canicule et la sécheresse, les inondations ?

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Les périodes de canicules observées cet été ont conduit à un assèchement des sols. Avec l’arrivée des orages en France, le risque de ruissellement des eaux de pluie pourrait conduire à de fortes crues sur le territoire.

Pierre-Antoine Livenais -

Aujourd’hui à 08:30

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Une catastrophe météorologique peut-elle en cacher une autre ? Le dérèglement climatique semble accroître le risque, en tout cas. Après un été caniculaire, ponctué par de nombreux records de température et une dernière vague de fortes chaleurs qui aura duré vingt-trois jours, de fortes intempéries ont touché le Var et les Alpes-Maritimes dans la nuit de jeudi à vendredi avec des records de précipitations sur 24 heures. Il est ainsi tombé 132,3 mm de pluie à Levens (Alpes-Maritimes), l‘équivalent de deux mois de précipitations. Et ces intempéries pourraient bien continuer et gagner une plus large partie du pays : « La semaine prochaine, de mercredi soir à vendredi, il y a un risque d’épisode méditerranéen, donc d’intenses pluies sur le Languedoc, la Provence et le Dauphiné », fait savoir Loïc Rousval, journaliste présentateur météo et climat pour RTL et Franceinfo.

Dans certaines de ces zones touchées par de violents incendies au cours de l’été, un risque d’inondations est à craindre : c’est le cas notamment dans le sud-est et le sud-ouest du pays. En cause, les sols asséchés par l’été caniculaire pourraient ne pas être en mesure d’absorber les quantités d’eau tombées en peu de temps. « Nous n’avons jamais observé de sols aussi secs dans l’histoire du pays », complète Loïc Rousval, auteur du QCM Météo et climat (éditions Liralest). Les relevés de Météo-France vont même plus loin : à la mi-août, 77 % du territoire français est concerné par cette sécheresse et juillet 2026 figure sur le podium des mois de juillet les moins arrosés dans l’histoire, derrière ceux de 2022 et 2020.

« Des épisodes de pluie plus continus »

Le risque dans ce cas de figure est un effet de ruissellement des eaux de pluie, qui, au lieu de s’infiltrer dans les sols et les nappes phréatiques, s’écoulent directement vers les cours d’eau, les fossés, ce qui crée des crues et inondations. Pour éviter ce type de scénarios, « il faudrait des épisodes de pluie plus continus, sur plusieurs jours, pour créer une couche perméable » et permettre à l’eau de s’infiltrer progressivement. « Les sols ne sont, pour le moment, pas prêts à recevoir ces précipitations », souligne Loïc Rousval. À l’inverse, « des pluies fortes sur un temps court favorisent une crue extrême », explique Éric Sauquet, directeur de recherche en hydrologie à l’Institut national de la recherche agronomique.

Néanmoins, un sol sec n’est pas forcément annonciateur d’un surrisque d’inondation. D’après l’hydrologue, « cela permet une plus grande capacité de stockage, sous réserve que la sécheresse ou les incendies n’aient pas déstructuré les sols ». Enfin, si la sécheresse peut favoriser le ruissellement, « la réponse n’est pas immédiate », assure Éric Sauquet.

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