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Cisjordanie occupée: les violences des colons à Qusra suscitent de vives critiques en Israël

Depuis cinq jours, des colons israéliens violents bloquent l’accès à des maisons palestiniennes dans le village de Qusra, près de Naplouse, en Cisjordanie occupée. Si les habitants évacués ont pu regagner leur domicile, l’armée israélienne maintient le secteur bouclé. La situation suscite de nombreuses critiques dans la presse israélienne.

Publié le : 14/08/2026 - 08:11Modifié le : 14/08/2026 - 08:23

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Avec notre correspondante à Jérusalem, Frédérique Misslin

La situation reste inchangée dans le village de Qusra, en Cisjordanie occupée. Depuis dimanche, des colons violents bloquent l’accès à plusieurs maisons palestiniennes de cette localité située près de Naplouse. L’armée israélienne s’est déployée dans le village afin, selon elle, « de protéger les habitants et de maintenir la sécurité ». Elle a cependant réquisitionné des maisons palestiniennes pour des « raisons opérationnelles ».

« Tous les habitants évacués sont rentrés chez eux », a indiqué le maire du village dans la soirée. La zone reste néanmoins bouclée par les militaires et les colons sont toujours présents sur place.

« La faillite et la faiblesse de ce gouvernement »

Pour Gadi Eisenkot, principal rival de Benjamin Netanyahu lors des prochaines élections législatives, « les événements de Qusra illustrent une fois de plus la faillite et la faiblesse de ce gouvernement ». Un constat assez largement partagé, ce vendredi matin, dans la presse israélienne.

Le Jerusalem Post s’interroge : « Les Israéliens iront voter en octobre. Ils doivent se demander s’ils veulent un gouvernement qui continuera à laisser faire les extrémistes et à ternir le nom d’Israël. »

Le quotidien Yediot Aharonot rappelle de son côté que le blocage de Qusra a suscité de nombreuses réactions à travers le monde, notamment aux États-Unis. Le propriétaire de l’une des maisons attaquées par les colons vit en effet dans ce pays. « Un citoyen américain de l’Ohio devient l’épreuve de la gouvernance israélienne », écrit le journal.

La réaction de l’ambassadeur américain très commentée

L’ambassadeur américain à Jérusalem, Mike Huckabee, a dénoncé jeudi un « acte de terreur horrible ». Cette réaction a eu beaucoup d’écho en Israël, souligne Haaretz. Le journal précise que le diplomate n’est pas brusquement devenu un farouche adversaire de la colonisation, bien au contraire, mais qu’il devait défendre un citoyen américain dans une affaire très médiatisée.

Yediot Aharonot publie également la tribune d’un ancien militaire, pour qui les mots employés pour décrire ces violences ne sont plus adaptés à la gravité de la situation. « Jeunes des collines », « émeutiers » ou « crimes nationalistes » : selon lui, ce vocabulaire ne suffit plus. « Israël perd le contrôle de la Cisjordanie », affirme-t-il.

Le Jerusalem Post résume ainsi la situation : « Si vous êtes un extrémiste juif et que vous savez que le ministre de la Défense ou celui de la Sécurité nationale peuvent vous soutenir, alors pourquoi ne pas agir ? »

Un niveau record de violences commises par les colons

En juin dernier, l’ONU alertait sur le niveau record des actes de violences commis par des colons israéliens contre des Palestiniens en Cisjordanie occupée. Un territoire où vivent environ 500 000 Israéliens installés en violation du droit international, mais sous protection de l’armée israélienne.  

La population des colons israéliens inclut des groupes et individus radicaux, certains installés en lisère des colonies de Cisjordanie occupée. Ils sont à l’origine des attaques visant des civils palestiniens, leurs maisons, leurs terres agricoles. Des faits largement documentés par les ONG et les journalistes.

Face à ces violences quotidiennes, l’armée israélienne est parfois dépassée, parfois passive et parfois impliquée aux côtés des colons qu’elle protège systématiquement sur le terrain, certains soldats étant eux-mêmes des habitants des colonies.

Ces dernières années, plusieurs pays ont commencé à sanctionner les colons israéliens violents et les organisations qui les encouragent. Sanctions européennes, canadiennes et même états-uniennes à l’époque de l’administration Biden, jusqu’à leur abrogation par Donald Trump.