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Chômage à plus de cinquante ans : « Il n’y a aucune fatalité », selon la directrice de France Travail Var

« Il n’y a aucune fatalité à ce que les chômeurs expérimentés peinent à retrouver du travail », estime Angélique Ricordel, directrice de France Travail pour le Var. Bien consciente du phénomène, elle explique qu’« il faut sortir de la pensée limitante, pour les chercheurs d’emploi comme les entreprises. Les plus de 50 ans constituent une précieuse ressource, dont le marché de l’emploi ne peut de toute façon pas se passer ! »

Juste avant l’été, le Var comptait 27 385 personnes de plus de 50 ans en demande d’emploi. « Soit environ un tiers des effectifs, ce qui correspond aussi à leur part dans la vie active, aucune distorsion de ce côté-là ». Ce chiffre, par contre, « ne cesse de croître ces dernières années, plus 5 % l’an passé par exemple. » Parmi eux, 30 % ont plus de 60 ans : « c’est lié à l’allongement de la vie professionnelle, mais aussi, spécifiquement ici dans le Var, à un public qui s’installe en fin de carrière en vue d’y vivre sa retraite. »

Une plus grande disparité est observée pour la durée d’inscription à France Travail : elle est en moyenne de 580 jours pour les plus de 50 ans, contre 311 jours pour les 25/49 ans. 35 % des quinquas et au-delà inscrits à France Travail Var sont « de longue durée », contre 19 % pour les 25/49 ans.

Action rapide et formation, leviers déterminants

Le taux d’accès à l’emploi (part des demandeurs d’emploi ayant accédé à un emploi dans les 6 mois) de ce public est en effet « assez faible, de l’ordre de 26 %. Mais ce chiffre monte à 55 % pour ceux ayant suivi une formation : c’est un vrai motif d’espoir, il n’est jamais trop tard pour se former. »

Une caractéristique spécifique est aussi « une dégradation plutôt rapide de leur employabilité. Il est essentiel de ne pas les laisser s’installer dans un chômage de longue durée, car ce public se décourage plus vite que les autres, il y a aussi le risque que leurs compétences deviennent obsolètes. Le risque de repli social est plus fort chez les plus de 50 ans, le sentiment de perte de statut, de manque de reconnaissance jusque dans la sphère familiale peut affecter leur capacité à agir, d’où la nécessité pour nous d’agir vite ». La période peut s’avérer délicate : inertie, auto-exclusion…

Au-delà de 55 ans, « la question de la fin de carrière et de la préparation de la retraite est évidemment présente. » Enfin, « nous ne sommes pas tous égaux sur ce point, mais la question de la santé devient plus prégnante, la condition physique peut alors empêcher d’exercer une plénitude de métiers. »

Face à ces enjeux, « il n’y a aucune fatalité », résume la directrice varoise de France Travail. Mais il faut être efficace : « toutes les actions menées dans les 12 premiers mois sont déterminantes ».

Mobilisation nationale, et expérimentations varoises

L’organisme a une stratégie bien rodée. À l’échelle nationale, un « plan de mobilisation en trois axes » a été développé pour ce public. « Renforcer et personnaliser l’accompagnement ; favoriser la formation ; mobiliser les entreprises de toutes tailles et de tous secteurs d’activité ».

Si le taux de chômage des « 50 ans et plus » est à peu près équivalent à celui du reste de la population active, cette catégorie d’âge est davantage touchée par le chômage de longue durée.
Si le taux de chômage des « 50 ans et plus » est à peu près équivalent à celui du reste de la population active, cette catégorie d’âge est davantage touchée par le chômage de longue durée.
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« Il s’agit surtout de valoriser les années d’expérience, et d’actualiser si besoin les compétences acquises en corrélation avec les attentes du marché du travail. Il faut aussi aider les entreprises à changer de regard, parfois stéréotypé, sur ce public. Embaucher un travailleur expérimenté peut constituer un réel atout pour n’importer quelle entreprise. Pour résumer, on coache le candidat autant que l’entreprise ».

Dans le Var, on mise sur le mentorat. « Chaque agence du Var a un "ambassadeur”, un conseiller qui a une expertise et une appétence pour le public expérimenté. De nombreux événements ont lieu chaque année, pour mettre en lien les chercheurs d’emploi et les entreprises ».

Les filières prisées et celles qui cherchent

Trois tests propres au département du Var sont développés. « L’agence de Six-Fours a créé les clubs des moins de 66 ans, avec 10 à 12 membres demandeurs d’emplois par club, basé sur huit semaines d’accompagnement intensif. Ce format demande des moyens mais fonctionne très bien, avec 80 % de retour à l’emploi trois mois après la fin du club ». L’opération « Talent 50 et plus », avec l’Apec et la CCI, qui cible spécifiquement les cadres, ou encore une autre expérimentation, « avec l’Afpa, autour du service à la personne, une filière en tension » donnent aussi « de bons résultats ».

Les trois secteurs où ces demandeurs cherchent un emploi sont, dans l’ordre, les services à la personne, le support à l’entreprise (assistance, secrétariat, ingénierie, conseil…), et le commerce (vente, grande distribution…). Tandis que les trois secteurs où les entreprises embauchent le plus de quinquas et plus sont le support à l’entreprise, les services à la personne - « cela colle plutôt bien » - et enfin l’hébergement et la restauration, « ce qui est conforme au tissu économique départemental ».