Chelsea : un record anglais de mercato battu et un effectif toujours obèse - Sport.fr
Cent dix-sept millions de livres pour un joueur anglais. Chelsea n’a pas changé de méthode — seulement d’entraîneur.
Xabi Alonso a récupéré un effectif pléthorique, une dixième place en Premier League et un chéquier qui ne connaît pas la fatigue.
Le décor : une saison ratée, un nouveau projet
Dixième de Premier League. Pour un club qui a dépensé plus d’un milliard depuis le rachat par BlueCo, c’est un désaveu cinglant. La finale de la FA Cup, perdue de peu, n’a pas suffi à sauver l’exercice.
Enzo Maresca est parti à Manchester City. Xabi Alonso lui a succédé, avec une demande claire : des joueurs éprouvés en Premier League, pas seulement des promesses sud-américaines de vingt ans. Le problème, c’est que BlueCo doit d’abord trouver le moyen de dégonfler un groupe professionnel devenu ingérable.
Les arrivées : le record et la filière maison
Morgan Rogers est la signature de l’été, en Angleterre comme ailleurs. Chelsea a fait sauter son propre record — les 103 M£ investis sur Enzo Fernández — en versant 117 M£ à Aston Villa. L’international anglais devient au passage le footballeur anglais le plus cher de l’histoire, avec un contrat de sept ans à la clé. Les Blues ont doublé Arsenal sur ce dossier.
Deux signatures pré-arrangées se sont officialisées cet été. Marco Palestra, latéral italien de l’Atalanta, premier renfort de l’intersaison début juillet, engagé jusqu’en 2033. Et Geovany Quenda, ailier portugais de 19 ans dont le transfert depuis le Sporting avait été bouclé dès mars 2025 — contrat jusqu’en 2034.
Enfin, la filière BlueCo a de nouveau fonctionné. Emanuel Emegha est arrivé de Strasbourg, où il portait le brassard. L’attaquant néerlandais avait donné son accord de longue date pour rejoindre Stamford Bridge après une saison européenne en Alsace.
Sans oublier Maxence Lacroix, acheté à Crystal Palace pour 60 M€.
Les départs : deux grosses ventes, et beaucoup de prêts
Marc Cucurella a rejoint le Real Madrid pour près de 52 M£, après quatre saisons et 163 apparitions. L’Espagnol, champion du monde avec la Roja, laisse un vrai vide sur le flanc gauche — il repart au pays retrouver José Mourinho.
Plus surprenant : Andrey Santos a filé chez le rival Manchester United contre près de 50 M£. Le Brésilien, 43 matches la saison dernière et devenu international à part entière pendant ses trois années londoniennes, semblait pourtant installé.
Alejandro Garnacho a rejoint Aston Villa. Tyrique George a vu son prêt transformé en transfert définitif à Everton, avec un bail de quatre ans.
Le reste ressemble à un exercice de désengorgement : Harrison Murray-Campbell prêté au KV Courtrai, Jesse Derry au Sporting. Et selon The Athletic, le club travaille encore sur les sorties de Gaga Slonina et David Datro Fofana en transfert sec, ainsi que sur les prêts de Kendry Páez, Deivid Washington, Caleb Wiley et Shumaira Mheuka.
Trevoh Chalobah, lui, est courtisé par le Côme de Cesc Fàbregas.
Les pistes : de l’expérience, enfin ?
Xabi Alonso a été entendu, au moins sur le papier. Les noms qui circulent tranchent avec la politique des dernières années.
En défense, Maxence Lacroix, de Crystal Palace, et John Stones, libre après l’expiration de son contrat à Manchester City, sont évoqués. Deux profils rodés au championnat anglais — exactement ce que réclamait l’Espagnol.
Devant, Chelsea a formulé une offre pour Kerim Alajbegović, l’ailier bosnien du Bayer Leverkusen. Benjamin Sesko, l’attaquant du RB Leipzig doté d’une clause libératoire d’environ 50 M€, est également surveillé — Manchester United l’est aussi.
Mais l’inquiétude majeure concerne les sorties non désirées. Levi Colwill est la cible de Liverpool et du PSG, deux clubs qui préparent des offres. Le défenseur anglais est l’un des rares éléments dont Alonso ne veut pas se séparer.
Ce qu’il faut retenir
Chelsea a battu un record, encaissé une centaine de millions et lancé une nouvelle ère — la quatrième en quatre ans. Le problème structurel, lui, reste identique : un effectif surchargé, des contrats interminables signés à des joueurs de vingt ans, et une masse salariale que même les ventes de Cucurella et Santos ne suffisent pas à assainir.
Xabi Alonso hérite d’un très bon joueur et d’un très gros chantier. La saison dira si les 117 M£ dépensés sur Morgan Rogers relèvent de la vision ou de l’habitude.