Chastre: L'hôpital psychiatrique la Petite Maison veut se reconstruire
Il n'y aura pas de lits supplémentaires, mais un espace plus agréable, plus moderne et respectueux de tous. Une demande de permis d'urbanisme a été introduite par l'hôpital psychiatrique la Petite Maison, située dans la rue des Acacias, pour l'étendre et le reconstruire. L'enquête publique court jusqu'au 3 septembre. Il revient à la fonctionnaire déléguée de délivrer ou non le permis.
"Notre hôpital psychiatrique a vu le jour à Chastre dans les années 1970. Il compte aujourd'hui cinq unités de soin, pour les enfants, préadolescents et adolescents, explique Évelyne Chambeau, la directrice générale du site qui dépend de l'Association Chrétienne des Institutions sociales et de Santé (Acis). Nos bâtiments ont mal vieilli, on ne respecte plus les normes hospitalières, qui ont bien évolué dernièrement."
Avec un impact pour le personnel mais aussi pour les patients. "On parle beaucoup de la souffrance mentale des jeunes après la crise Covid. On doit pouvoir réadapter nos lieux pour mieux les accueillir. Il y a les normes à respecter, que ce soit au niveau architectural ou incendie, mais aussi des attentes à rencontrer. On aimerait offrir des chambres individuelles, par exemple."
Pour coller davantage à la réalité, le nombre de lits pour les adolescents va être réduit, afin d'en proposer davantage aux préadolescents. "C'est chez eux que nous avons le plus de demandes, alors qu'il y a peu de réponses dans la province. Les endroits seront repensés, mais on n'augmente pas notre capacité d'accueil. Au lieu d'être dispersé sur cinq lieux, on rassemble nos activités sur trois lieux, installés sur un terrain qui nous appartient déjà."
Il est notamment prévu de démolir deux unités et d'en reconstruire deux autres. Avec un phasage, pour ne pas devoir suspendre les prises en charge durant le chantier. Tout a été pensé, aussi bien avec les architectes que le personnel médical.
Pour conserver la philosophie du projet initial de "petite maison", l'idée ne sera pas de construire un bâtiment gigantesque de cinq étages. "On reste dans l'idée de déstigmatiser la psychiatrie et la maladie mentale. Ce sont des maisons de vingt lits, divisés en deux sous-unités de dix lits, pour que cela reste à taille humaine. Ce seront comme de grosses villas, avec deux entrées différentes."
Au total, il y aura toujours 53 lits pour le jour et la nuit, ainsi que sept lits uniquement pour la journée. "Ces derniers ont vu le jour en 2017, suite aux nombreuses réformes. L'idée est d'accueillir en journée des jeunes à proximité de leurs lieux de vie et de leurs familles. Cela concerne notamment des jeunes, à partir de 2 ans et demi, qui souffrent de troubles du développement. Ils arrivent le matin et repartent le soir", précise Évelyne Chambeau. Il y a aussi quatre lits de crise. "Ils sont disponibles pour le réseau de santé mentale du Brabant wallon, dans des situations de crise. Les patients ne restent qu'une semaine, renouvelable une fois."
"Nous sommes débordés de demandes"
Généralement, ce sont les familles, médecins généralistes ou pédopsychiatres qui demandent une prise en charge pour le jeune, qui a besoin d'un suivi psychiatrique. "Les enfants retournent en famille le week-end. Un juge peut aussi estimer qu'une prise en charge est nécessaire. L'enfant est hospitalisé pendant plusieurs mois, le temps qu'il aille mieux. Mais il n'est pas placé chez nous."
Et les demandes sont de plus en plus fréquentes. "Nous sommes débordés, affirme la directrice. On a des listes d'attente, c'est assez compliqué à gérer. Il y a des équipes mobiles qui ont été mises en place, on rencontre une série de situations qu'on ne rencontrait pas avant. Ces équipes mobiles font parfois appel à nous. Parce qu'il y a des familles qui sont épuisées et d'autres qui sont déficientes dans les besoins de l'enfant."
D'après ce qu'elle voit depuis son établissement chastrois, elle l'impression que "les jeunes vont moins bien qu'avant. Il y a une anxiété généralisée."
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