Charles Sapin annonce la suppression de son édito sur Inter (et refuse le plan B de la station)
Médias 19/09/2026 14:32 Actualisé le 19/09/2026 19:28
Dans un message publié sur X, le journaliste de « Valeurs actuelles » écrit refuser la proposition de débat lancée par la radio, après la grogne de ses journalistes.

MARC CHARUEL / Photo12 via AFP
Charles Sapin (ici le 7 mai 2024 à Paris) annonce la suppression de son édito sur France Inter (et refuse le plan B proposé par la station).
« Vous comprendrez que ce cercle vicieux là, je refuse d’y entrer. » Alors qu’il ne s’était jusque-là pas exprimé sur la discorde déclenchée à son arrivée sur la radio France Inter, le journaliste Charles Sapin a répondu, ce samedi 19 septembre, dans un long message publié sur X.
Le nouveau directeur adjoint de Valeurs actuelles annonce la suppression de son éditorial politique du dimanche matin, introduit à la rentrée 2026 et très contesté par les journalistes de la radio, et écrit qu’il « refuse » de participer au débat proposé par la direction pour le remplacer. « La direction de France Inter vient de m’annoncer la suppression de mon édito hebdomadaire sur ses antennes », écrit-il dans un premier temps.
« Je me suis astreint jusque-là au silence. Mais cette décision appelle désormais quelques mots… », poursuit-il en référence au plan B proposé par la station. Face à la grogne des journalistes en interne, la direction de France Inter a lancé, jeudi, l’idée de transformer l’édito du journaliste de Valeurs actuelles en un débat contradictoire.
« Pour éviter toute propagation du 'conservatovirus', il m’a été proposé un débat en lieu et place de mon éditorial du dimanche matin. Il serait plus prudent d’évacuer l’aile Sud de la maison de la radio 30 minutes avant mon arrivée dans les locaux. De m’imposer la robe de bure et la crécelle à l’antenne », met en avant Charles Sapin sur X.
« Cette mécanique de disqualification nourrit précisément la polarisation que ses promoteurs prétendent déplorer. Vous comprendrez que ce cercle vicieux là, je refuse d’y entrer », déclare-t-il ensuite.
« J’étais honoré de cette invitation »
Pour le journaliste, les semaines de mobilisation des journalistes mais aussi de personnalités variées se sont apparentées à du « brouhaha », du « ridicule » et des « assauts de syndicats tout-puissants ». « Mon nom, mon intégrité professionnelle, mes travaux et mon journal ont été diffamés dans un seul but : exclure du débat public la voix unique qui est la nôtre », estime Charles Sapin.
Le directeur adjoint de Valeurs actuelles explique s’être reconnu dans le projet de départ porté par la radio. « J’étais honoré de cette invitation (...). Comme Céline Pigalle et Sibyle Veil, je crois qu’il n’est d’autre antidote à la polarisation délétère ambiante que l’expression plurielle des idées et leur confrontation », écrit-il. Interrogée par les auditeurs de France Inter, sa directrice avait expliqué son souhait, la semaine dernière, « de donner la parole à différents points de vue en matière politique ».
« Mon cas personnel importe peu (...). Mais je constate qu’une exigence aussi basique que le pluralisme peut lever contre elle une minorité radicalisée, prompte à invoquer la démocratie tout en contestant une liberté d’expression pourtant capitale à sa vitalité », estime Charles Sapin.
« Nous prenons acte de la décision de Charles Sapin. Ce n’est une victoire pour personne », a réagi Radio France sur ses réseaux sociaux. « Conformément à nos obligations et missions de service public, France Inter continuera d’être un lieu de dialogue reflétant la diversité des sensibilités, notamment durant la campagne présidentielle », ajoute la radio.
Interrogée par l’AFP, la direction de Radio France a aussi précisé « avoir proposé un aménagement à Charles Sapin, sous la forme d’un débat, qu’il a décidé de décliner ».
De son côté, la Société des journalistes (SDJ) de Radio France, dans un communiqué, « se félicite de la mobilisation des journalistes » dans cette affaire, mais déplore « un immense sentiment de gâchis aux seins des rédactions » du groupe.
« La SDJ rappelle que cette mobilisation n’a jamais visé la personne de Charles Sapin, mais le titre qu’il incarnait sur l’antenne », poursuit le communiqué, rappelant que « “Valeurs actuelles” a été condamné pour provocation à la haine raciale, et pour injure à caractère raciste en 2024 ».