Changement climatique, à quelle vitesse la mer du Nord se réchauffe-t-elle ? - RTBF Actus
Comme son nom le laisse deviner, la Mer du Nord n’est pas forcément réputée pour son sable chaud et son eau à 25 °C. En dehors de la période estivale, seuls quelques braves se risquent à effectuer le grand saut. Mais conséquence du changement climatique, et à l’instar d’un réchauffement global de la température des océans, la Mer du Nord se réchauffe. Et vite. Elle est même l’une des mers qui se réchauffent le plus vite au monde. Deux fois plus vite que la moyenne mondiale des océans.
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"Ce réchauffement rapide s’explique par la situation enclavée de cette mer, entourée de terres, mais aussi par sa faible profondeur", explique Jan Seys, biologiste marin à l’Institut flamand de la mer (VLIZ), citant également la mer Méditerranée et la mer Baltique qui connaissent des conditions semblables.
Conséquence : la mer du Nord connaît des canicules marines de plus en plus fréquentes et intenses qui modifient ses écosystèmes, comme l’a alerté le VLIZ au début de l’été.
En Belgique, l’Institut des Sciences Naturelles permet de connaître en direct la température de la surface de la mer à la côte. À Ostende, ce 10 août, à midi, la température de l’eau frôle les 21 °C. 20,82 °C pour être exact. Les données mises à disposition par l’institut scientifique fédéral permettent également d’observer la température des cinq jours précédents ainsi que les prévisions pour les cinq jours à venir.
Pour obtenir une vision sur le plus long terme du réchauffement de la mer du Nord, il faut se tourner vers l’Office allemand d’hydrographie et de transport maritime (BSH), qui mesure ces données depuis 1969. Là, le constat est clair : l’année 2025 a été la plus chaude jamais enregistrée en mer du Nord.
"En 2025, la mer du Nord a atteint une température moyenne de 11,6 degrés Celsius, soit la valeur la plus élevée enregistrée dans la série de données depuis 1969", indiquait l’Office BSH en janvier. "C’est une conséquence évidente du changement climatique progressif", avait-il ajouté.
Les données disponibles sur le site de l’Office allemand permettent de revenir jusqu’à 36 ans en arrière, en 1990, et observer ainsi l’évolution des températures.
Selon le site d’information fédéral belge sur le climat, Climat.be, la température de l’eau de la mer du Nord se réchauffe actuellement avec une vitesse comprise entre 0,023 °C par an dans la partie septentrionale et 0,053 °C par an dans la partie centrale et méridionale (dont ici, en Belgique).
En fonction du scénario retenu, une élévation de la température de l’eau de mer de 2,5 °C à 3,5 °C est prévue d’ici 2100 pour la mer du Nord belge.
Le risque de la montée des eaux
Outre l’impact sur les écosystèmes mentionnés ci-dessus, la hausse de la température des eaux du globe a également pour conséquence la montée de celles-ci. L’eau chaude se dilate et, combinée à la fonte des glaces terrestres, telles que les glaciers et les calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique, augmente le volume des mers et océans. Le niveau de la mer du Nord a ainsi augmenté d’environ 2 mm par an au cours du siècle dernier.
Et cette montée des eaux s’accélère. Depuis les années 90, la mer du Nord enregistre désormais une hausse locale de près de 4 mm par an, soit le double que lors du siècle dernier.
Selon les projections du GIEC, la hausse du niveau des mers en Belgique pourrait atteindre entre 30 cm et 100 cm d’ici 2100, en fonction de l’ampleur du réchauffement climatique.