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Championnats du monde de motocross : les frères Coenen diminués pour Lommelwood, "le circuit le plus difficile du monde"

Lommel respire le motocross. Depuis des années, la cité limbourgeoise est l'épicentre des moteurs rugissants, au point d'avoir hérité du surnom de "Lommelwood", clin d'œil à Hollywood affiché en grandes lettres blanches sur le toit de la buvette du Stedelijk Motorcrosscentrum. Dans un rayon de vingt kilomètres, la plupart des grandes équipes internationales y ont établi leur base. Au fil du temps, une véritable industrie s'est construite autour de la discipline, avec une concentration unique de préparateurs physiques, mécaniciens, kinés et sociétés spécialisées.

La raison de cette attractivité tient en une formule que l'on revendique fièrement dans la région : ici se trouve "le circuit le plus difficile du monde". Le sable profond de Lommel est impitoyable, au point de transformer chaque Grand Prix de Flandre en véritable supplice physique. L'anecdote d'Antonio Cairoli, neuf fois champion du monde et longtemps résident de Lommel, résume tout : "En arrivant ici, je pensais être un bon pilote de sable parce que je me débrouillais correctement sur les courses de plage en Sicile. Le choc a été rude : je me suis fait prendre un tour sans ménagement. Lommel, c'est le tracé le plus exigeant qui soit. Il faut de la puissance, de la technique et un énorme mental. Et ça, on ne l'acquiert qu'en y roulant beaucoup."

Unique manche belge parmi les dix-neuf rendez-vous du Mondial, le Grand Prix de Flandre, qui vivra ce week-end sa 24e édition, attirera à nouveau plus de 12 000 fidèles venus de tout le pays… et des Pays-Bas voisins.

Lucas Coenen, de l'extase à l'incertitude

L'été dernier, Lucas Coenen avait transformé Lommel en scène d'euphorie nationale en devenant le premier Belge en dix ans – depuis Kevin Strijbos en 2016 – à s'imposer en MXGP, la catégorie reine. À 19 ans, l'aîné des frères jumeaux est devenu le nouveau "wonderboy" du motocross belge. Sa première moitié de saison frôlait jusqu'ici la perfection : cinq victoires, trois autres podiums en onze Grands Prix et une solide position de leader au classement mondial. De quoi raviver sérieusement l'espoir d'un premier titre belge en MXGP depuis Steve Ramon en 2007.

Mais il y a quinze jours, tout a basculé. Victime d'une lourde chute lors de la course qualificative à Foxhill, en Grande-Bretagne, Lucas a dû abandonner dans les deux manches. Touché au niveau d'un nerf de la hanche gauche, il souffre de douleurs insupportables qui l'ont déjà contraint à jeter l'éponge le week-end dernier en qualifications en République tchèque. Pendant ce temps, son grand rival Jeffrey Herlings a capitalisé à plein, en signant deux succès qui lui ont permis de prendre les commandes du championnat. Alors qu'il comptait 68 points d'avance sur le Néerlandais après le rendez-vous sud-africain, Lucas Coenen a donc vu son rival inscrire… 117 points sur les manches de Foxhill et de Loket. Voilà donc le Belge relégué à 49 longueurs. Dès lors, une question domine l'avant-Grand Prix : Lucas pourra-t-il seulement prendre le départ à Lommel ? Le voir jouer le podium relèverait déjà de l'exploit. En cas de nouveau triomphe de Herlings dans le sable dimanche, le rêve d'un titre belge pourrait une nouvelle fois être remis au frigo pour au moins une saison, alors qu'il restera cinq manches à disputer.

Sacha Coenen avec "un bras et demi"

Le scénario est à peine plus réjouissant du côté de son frère jumeau, Sacha. Longtemps brillant en début de campagne en MX2 – la deuxième division mondiale –, il a vu sa dynamique freinée par une chute aux États-Unis, qui lui a valu une fracture de la clavicule. Opéré dans la foulée, le jeune Belge a néanmoins serré les dents lors des deux dernières épreuves pour limiter la casse. Résultat : il occupe toujours la deuxième place du championnat MX2.

Reste que se présenter à Lommel avec "un bras et demi" sur un tracé aussi cassant, c'est espérer avant tout que les planètes s'alignent. Sur ce circuit qui ne pardonne rien, Sacha devra compter sur une journée parfaite pour conserver sa place au classement général sans creuser davantage le déficit physique.

Liam Everts veut franchir un cap

Editorial Use.
Mandatory Credit: Photo by Chris Roll/Action Plus/Shutterstock (16999773q)
Redbull, Husqvarna; Foxhills Motocross Track, Swindon, Wiltshire, England; FIM Motocross World Championship of Great Britain; 4th place overall in the MX2 class went to Liam Everts of Belgium.
2026 MXGP of Great Britain, Swindon, Wiltshire, UK - 20 Jul 2026
Les espoirs belges reposent sur Liam Everts à Lommel. ©Copyright (c) 2026 Shutterstock Editorial. No use without permission.

Dans ce contexte, les regards du public belge se tournent tout naturellement vers Liam Everts, cinquième du général MX2, qui arrive avec un moral regonflé. Le fils de Stefan Everts a décroché, en République tchèque, sa première victoire de manche de la saison et aborde son rendez-vous à domicile gonflé de confiance.

"Je sais me débrouiller dans le sable, mais je ne suis pas un spécialiste comme Herlings ou De Wolf, relativise-t-il. Cela ne veut pas dire que je manque d'ambition. J'ai déjà terminé plusieurs fois quatrième ici. Rater le podium pour si peu, ça fait mal. J'espère pouvoir franchir ce cap dimanche."

À l'heure où les frères Coenen abordent le "Lommelwood" diminués, c'est donc bien le numéro 26 qui incarne, l'espace d'un dimanche, l'espoir très concret de voir le drapeau belge flotter au sommet du sable le plus impitoyable du monde.

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