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Championnats du monde : Brandon McNulty a patiemment attendu son heure

Quand on le voit esquisser un sourire timide le regard fuyant, on se dit que Brandon McNulty doit préférer l'ombre dans laquelle le confine son rôle d'équipier de Tadej Pogacar durant toute l'année à la lumière et le devant de la scène. Matteo Jorgenson le confirme d'ailleurs. "D'habitude, Brandon ne parle pas beaucoup mais, après son sacre mondial, il était encore plus taiseux."

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Derrière ce silence et cette discrétion volontaires se cache pourtant un sacré tempérament que traduit une touche d'excentricité illustrée par une moustache abondante et des cheveux peroxydés. Coureur trop souvent sous-coté, il parle "de miracle" pour décrire son titre mondial.

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À 14 ans, on s'est rendu en Belgique. Cela nous a rapprochés.

Pourtant, l'Américain de 28 ans en rêvait depuis son adolescence. Champion des États-Unis du contre-la-montre chez les juniors en 2015, celui qui avait commencé à 8 ans par le VTT s'est longtemps tiré la bourre avec Jorgenson. Le premier venait d'Arizona, le deuxième du Colorado. Ensemble, ils ont fait tant et tant de voyages en car pour participer à des courses au pays de l'Oncle Sam qu'une franche amitié est née. "On avait le même coach en juniors. Et à 14 ans, on s'est rendu en Belgique. Cela nous a rapprochés", explique Jorgenson. Et même si les deux ont pris des chemins différents en signant respectivement chez UAE Team Emirates et Visma | Lease a Bike, ils sont restés à l'affût, bien décidés à saisir dès qu'elle se présenterait l'occasion d'atteindre le Graal.

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En s'appuyant sur l'altruisme de son ami mais aussi le travail d'airain de Quinn Simmons, McNulty a, donc, revêtu le maillot arc-en-ciel. Ce qui n'est pas une surprise pour ceux qui le connaissent bien. "Il est toujours très attentif aux événements et a une très bonne lecture de la course", a confié Fabio Baldato, l'un de ses directeurs sportifs, dimanche après son chef-d'œuvre.

Il a retardé son arrivée en Europe

Sur un circuit qui lui convient bien, au cœur d'une ville où il s'était imposé l'an dernier, McNulty a touché au but. Il a aussi grandi au fil des saisons en faisant les bons choix. Courtisé par les grandes formations européennes alors qu'il évoluait chez les juniors, le natif de Phoenix a pris le temps d'effectuer le grand saut, préférant achever sa formation aux États-Unis avant de rejoindre le Vieux Continent. "Ce fut une décision très dure", raconta-t-il à VeloNews. Aujourd'hui, il ne regrette absolument rien. Parce que même s'il rentrera bientôt dans l'ombre de Del Toro et Pogacar, ce sera avec le maillot arc-en-ciel sur le dos et un tout autre statut.

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