Ceuta: une crise migratoire à gérer à la manière humaine de Sánchez ou ferme de Meloni ?
Fin juillet, 72.000 personnes -principalement des jeunes Marocains- sont entrés illégalement dans l'enclave espagnole d'Afrique du Nord de Ceuta. Quelques jours plus tard, selon le le gouvernement Sánchez, 70.000 en étaient ressortis. Le Maroc, estime que 11 personnes ont perdu la vie suite à un mouvement de foule, Madrid recensant pour sa part au moins 72 morts. Certains pays ont réagi immédiatement.
C'est le cas de la cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni, qui avait annoncé suspendre l'accord de libre circulation de Schengen avec l'Espagne. De son côté, notre Premier ministre, Bart De Wever, a affirmé que l'Europe devait "fermer ses frontières".
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Le 8 juillet, la justice espagnole avait limité la possibilité de renvoyer immédiatement au Maroc les personnes arrivées à la nage, contrairement à celles franchissant physiquement les barrières frontalières. Cela aurait été un des facteurs de déclenchement du mouvement de foule du 30 juillet.
La précarité qui touche le Maroc, l’aspiration à une vie meilleure, mais aussi les fausses informations relayées sur les réseaux sociaux sont autant d’éléments à considérer. Mais de nombreux pays utilisent les vies humaines de l'immigration comme "menaces" politiques pour déstabiliser l'Europe. La Maison-Blanche a d'ailleurs utilisé les images de Ceuta pour défendre la politique migratoire de Trump.
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Parmi les personnes arrivées à Ceuta, des centaines sont des mineurs non accompagnés auxquels l’Espagne a l’obligation légale de trouver un hébergement durable sous quinze jours. De manière globale, le pays défend une politique migratoire plutôt ouverte.

Mais ce n'est pas la même chose dans tous les pays. Adopté en mars 2023 par le gouvernement de Giorgia Meloni, le "décret Cutro" autorise le placement temporaire (plusieurs mois) des mineurs non accompagnés de plus 16 ans dans des centres pour adultes en cas de saturation. Le gouvernement parlait de "présences exceptionnelles", mais selon certaines ONG, elles sont structurelles.
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Une réunion s'est tenue entre les ministres européens pour enterrer la hache de guerre, après les invectives proférées par réseaux sociaux interposés. Cette crise "nous a mis à l’épreuve", selon le commissaire européen chargé des questions migratoires, Magnus Brunner. Mais "tous les États membres, tous sans aucune exception, ont marqué leur solidarité avec l’Espagne", a souligné le ministre français Laurent Nuñez.
Cette affaire ravive le débat autour de la politique migratoire européenne. Le Premier ministre espagnol s'était ainsi emporté contre l’attitude "égoïste" de certains pays. Une chose est sûre: on y a vu la fragilité de l'Europe et de ses alliés, tout comme les distorsions qui peuvent en découler, et tout cela, alors que l'Europe n'était même pas directement menacée.
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