Cette technologie pour les astronautes pourrait bientôt surveiller vos yeux sur Terre
Publié le 10 août 2026 à 20:50 par Sirius
L'Agence Spatiale Européenne a mandaté la startup Siloton pour concevoir un scanner rétinien compact. L'objectif est de permettre aux équipages de surveiller eux-mêmes leur vision, menacée par le syndrome SANS lors des longues missions. Cette technologie, issue de la physique quantique, promet également des avancées significatives pour le suivi médical à domicile des pathologies oculaires sur Terre.
Les missions spatiales de longue durée, notamment celles prévues vers la Lune ou Mars, soulèvent un défi médical de taille : le syndrome neuro-oculaire associé aux vols spatiaux, ou SANS. Ce phénomène, touchant près de 70 % des voyageurs de la Station Spatiale Internationale (ISS), provoque des troubles de la vision potentiellement sérieux. Face à ce risque croissant, l’Agence Spatiale Européenne (ESA) a décidé d’agir en s'associant à une jeune entreprise technologique pour développer une solution préventive.
Quel est ce mal qui menace la vision des voyageurs de l'espace ?
Le SANS est une conséquence directe de la vie en microgravité. Sur Terre, la gravité maintient nos fluides corporels vers le bas du corps. Dans l'espace, ces fluides corporels se redistribuent et s'accumulent notamment dans la tête. Cette pression interne accrue peut alors comprimer les globes oculaires, aplatir leur face arrière et faire gonfler le nerf optique, ce qui entraîne une vision floue ou une hypermétropie.
Représentation artistique d'un astronaute sur la Lune, lors de la future mission Artemis IV en 2028.
Crédits : NASA
Le cas de John Phillips, l'un de ces astronautes de la NASA, est particulièrement parlant : parti en 2005 avec une vision parfaite, il est revenu de l'ISS six mois plus tard avec une acuité visuelle très dégradée. Bien que certains effets soient réversibles au retour sur Terre, le risque de dommages permanents lors de missions de plusieurs années est une préoccupation majeure pour la sécurité des équipages.
Comment l'ESA compte-t-elle résoudre ce problème ?
La solution actuellement utilisée à bord de l'ISS est un appareil de tomographie par cohérence optique (OCT), mais il reste encombrant et requiert l'assistance d'experts au sol. Ce mode de fonctionnement devient impensable pour des missions vers Mars, où les délais de communication se comptent en dizaines de minutes. L’ESA a donc chargé la startup britannique Siloton de développer un appareil miniaturisé, portable et surtout totalement autonome.
Le dispositif, de la taille d'une paire de jumelles, s'appuie sur des technologies quantiques pour réduire les composants optiques sur une puce photonique plus petite qu'une pièce de monnaie. Le but est de permettre aux membres d'équipage de réaliser des autodiagnostics réguliers et fréquents, sans aucune aide extérieure, afin de repérer les tout premiers signes de dégradation avant même que la vision ne soit perceptiblement affectée.
Quels bénéfices cette technologie spatiale apportera-t-elle sur Terre ?
Cette collaboration n'est pas à sens unique, loin de là. Siloton travaille déjà en parallèle avec le National Health Service (NHS) britannique pour concevoir un appareil similaire destiné aux patients souffrant de pathologies rétiniennes. L'objectif est de leur permettre de réaliser des examens à domicile, ce qui pourrait alléger considérablement le système de santé tout en offrant un suivi médical plus précis et régulier pour des millions de personnes.
Selon Euan Allen, cofondateur de Siloton, les exigences de l’ESA sont « très proches de celles du NHS, simplement dans un environnement totalement différent ». Il est convaincu que les avancées réalisées pour le secteur spatial vont directement améliorer l'appareil terrestre, et inversement. Cette synergie promet d'accélérer le développement d'outils de diagnostic oculaire accessibles à tous.
Journaliste GNT en direct d'Alpha Canis Majoris
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