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Cette entreprise française donne une seconde vie aux batteries de voitures électriques pour alimenter des festivals

Il y a quelques années, les casses automobiles ne savaient pas quoi faire des packs de batteries, rappelle Rémi Pillot. Certaines en proposent désormais à la vente. PESS Energy empile huit de ces packs dans le Bulk. « C'est du réemploi, à part reprogrammer le BMS (battery management system), on ne fait rien d'autre », a précisé le fondateur.

Les packs viennent de trois sources. Des constructeurs automobiles ont écarté des packs neufs avant même de les monter sur une voiture. La start-up a aussi récupéré un pack quasi neuf sur une voiture à 34 km au compteur, mise à la casse après un choc contre un arbre. Sur les packs usés par toute une vie de conduite, Rémi Pillot ignore le style du conducteur et le nombre de recharges rapides. « C'est un peu le poker », a-t-il confié.

Le pack le plus usé du Bulk a un état de santé (SOH) de 92 %, précise le fondateur. Ce niveau est rare pour des packs de seconde vie, d'après Automobile Propre.

Rémi Pillot ne peut pas mélanger n'importe quels packs, car « c'est la plus mauvaise cellule qui détermine la capacité pack ». Or trouver des lots homogènes est difficile, si bien qu'il travaille à la création d'un « hub » de la seconde vie. Dans ce hub, chaque entreprise aurait une mission, du démontage à la certification, et un agrégateur tiendrait le stock.

Rémi Pillot économise environ 25 % sur l'approvisionnement grâce à la seconde vie, mais il estime devoir jeter un pack d'occasion sur quatre. Les fabricants chinois vendent leurs systèmes de stockage à des tarifs si bas qu'il est de plus en plus difficile de les concurrencer, note Automobile Propre. Le fondateur admet ne pas être certain que le Bulk coûte nettement moins cher qu'un équivalent neuf. Il mise sur l'impact carbone. « On économise 75 à 80 % de CO₂ par rapport à une batterie neuve », a-t-il ajouté.

PESS Energy vend aussi le Bulk sur mesure, à un tarif non dévoilé, et prépare une version de 400 kW. Enedis multiplie de son côté les points de connexion au réseau, notamment en milieu urbain, pour alimenter directement les événements sans groupe électrogène.