Cette Commune wallonne licencie 6 personnes parmi ses 400 travailleurs : "On a identifié des fonctions et non des personnes"
"On a identifié des fonctions et non des personnes" : ce sont les mots de Nancy Schroeders, l'échevine du Personnel de la Ville d'Ottignies-Louvain-la-Neuve (province du Brabant wallon), à propos de la décision du Collège de mettre fin au contrat de 6 membres de l'administration communale, qui compte environ 400 personnes pour quelque 300 équivalents temps plein.
Lors du conseil communal de ce lundi 21 septembre 2026, l'ex-échevin Abdel Ben El Mostapha (PS), désormais dans l'opposition, l'a interrogé sur cette "restructuration du personnel communal et l'avenir de notre administration". Ce qui a mené à un long débat.
L'échevine du Personnel (Impulsion C, liste MR-Les Engagés) a assuré que cette décision était l'aboutissement d'une analyse menée depuis l'installation du collège.
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Deux constats ont guidé la réflexion, a-t-elle dit : les "difficultés structurelles" dans les finances de la Ville, et la progression des effectifs, passés de 233 équivalents temps plein en 2012 à 309 fin 2024, soit près d'un tiers d'effectifs supplémentaire.
D'où la ligne défendue par le collège : "Faire mieux avec moins". Ce qui signifie, a expliqué l'échevine, davantage de polyvalence, moins de fonctions hyperspécialisées, mutualisations et mobilité interne favorisées, et surtout la fin du remplacement automatique à chaque départ.
Budget wallon : le Fonds des Communes donne des sueurs froides aux bourgmestres"La question n'est donc pas combien peut-on engager, mais que peut-on durablement financer ?" a-t-elle résumé.
Le collège refuse de se fixer un chiffre cible d'effectifs : "Notre objectif, c'est l'efficience de l'administration", pas un "chiffre arbitraire" à atteindre.
"Il faut protéger ces gens qui se donnent pour le service public"
Six fonctions ont finalement été supprimées, "ne pouvant plus être considérées comme prioritaires au regard de l'évolution des missions et de la situation financière de la Ville".
L'échevine a insisté : "On a identifié des fonctions et non des personnes." Les licenciements ne constituent donc ni un jugement sur les compétences des agents ni une remise en cause de leur engagement.
Quel âge doit avoir un mineur pour se voir infliger une sanction administrative communale ? À Bruxelles le débat ressurgitUne fois la décision prise, les responsables hiérarchiques ont été informés oralement et les agents concernés ont été reçus individuellement. Les syndicats ont été informés et un mail a été envoyé à l'ensemble du personnel.
Sur ce dernier point, Abdel Ben El Mostapha a regretté que le courriel ait envoyé vers 21 h. Il aurait préféré un dialogue de vive voix avec un personnel qu'il a qualifié de "colonne vertébrale de notre administration".
Surtout, il a mis en garde contre un climat anxiogène qui pourrait s'installer et pointé le risque que la polyvalence débouche, à terme, sur du burn-out. "Il faut protéger ces gens qui se donnent pour le service public", a-t-il conclu.
La rentrée de L'Avenir au Parlement de Wallonie : une rentrée médiatique à plus d'un titre (photos)"Un licenciement n'est jamais une décision qu'on prend avec satisfaction"
La majorité a reconnu la brutalité humaine d'une telle décision. "Un licenciement n'est jamais une décision qu'on prend avec satisfaction, ça laisse toujours un goût amer", a déclaré Nancy Schroeders, qui sait aussi que la séquence vécue est difficile et peut engendrer des craintes au sein du personnel communal.
Mais elle a assuré qu'il n'y aura pas d'autre vague de licenciements pour raison économique.
De nouveaux contrôles de trottinettes électriques annoncés dans plusieurs communes wallonnesQuant à la communication, aucune méthode n'aurait rendu la nouvelle moins difficile, a-t-elle dit. L'échevine souligne toutefois que le collège est disponible pour discuter avec les équipes et rassurer le personnel.
Elle a par ailleurs récusé l'idée que polyvalence et surcharge de travail soient liées.
Écoconseiller, hydrologue : le choix des fonctions interroge l'opposition
Le débat a aussi porté sur le choix des fonctions supprimées, parmi lesquels les postes d'écoconseiller et d'hydrologue. Une décision qui interroge notamment Raphaële Buxant (Kayoux) tandis que la Ville doit faire face à l'urgence climatique et qu'Ottignies-Louvain-la-Neuve a durement été touchée par les inondations de 2021.
La réponse du collège repose là aussi sur la réorganisation plutôt que le maintien des fonctions à l'identique. Nancy Schroeders et le bourgmestre Nicolas Van der Maren ont par ailleurs assuré que les missions seront maintenues, mais différemment donc.
"Votre discours est toujours le même, faisant reporter la faute des difficultés financières sur les autres"
Les discussions ont aussi porté sur le diagnostic budgétaire. Écolo, via l'ancienne bourgmestre Julie Chantry, a une nouvelle fois regretté le discours qualifié d'alarmiste et dramatisant de la majorité. Elle a reconnu les difficultés financières auxquelles sont confrontées les Communes, mais elle met en cause le report de charges par d'autres niveaux de pouvoir. Elle a aussi soutenu que si certaines taxes avaient été enrôlées à temps, le compte 2025 aurait été en boni et non en déficit.
Réplique de Nancy Schroeders : "Votre discours est toujours le même, faisant reporter la faute des difficultés financières sur les autres. Nous, nous prenons la situation à bras-le-corps."
Au final, si l'opposition redoute que les économies fragilisent la capacité de la Ville à mener ses politiques, la majorité soutient vouloir une administration "efficiente, financièrement soutenable et capable de continuer à rendre un service public de qualité".
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