Cet experte en logement est formel : « Ne mettez jamais de panneau 'À louer' sur votre balcon, car cela peut attirer des squatteurs et leur donne les 3 choses dont ils ont besoin pour s’introduire chez vous »
Mis à jour le 03/10/26 à 08:31Par Marie Hervichon
Un simple panneau "À louer" donne de précieuses informations aux squatteurs. Une experte alerte les propriétaires sur les erreurs à éviter.
En France, sept propriétaires sur dix se disent inquiets ou jugent préoccupant le risque de voir un bien immobilier squatté, selon une récente enquête Verisure menée en partenariat avec Ipsos. Pour autant, 80 % d’entre eux jugent improbable d’en être un jour victimes… jusqu’au jour où ça leur arrive !
Et si c’étaient justement les propriétaires qui « offraient » leur logement aux squatteurs ? Anne Pons, experte en la matière interrogée par le média espagnol Cope, met en garde contre le fameux panneau « À louer ». Selon elle, l’installer sur la façade ou la grille d’un logement serait ni plus ni moins qu’une « invitation » pour les squatteurs. En effet, certains réseaux parcourent des quartiers entiers à la recherche de ce signal, qui leur fournit trois informations précieuses.
© Hans Elmo/ShutterstockHans Elmo/Shutterstock
Un simple panneau « À louer » peut donner de précieuses informations aux squatteurs
La première est que le logement est très probablement vide. Pour s’en assurer, les membres du réseau peuvent appeler en se faisant passer pour des personnes intéressées par la location, afin d’évaluer le temps de réaction du propriétaire.
Le panneau permet également de repérer l’absence d’activité dans le logement. Si, au fil des jours, les volets restent fermés et les lumières ne s’allument jamais, les intrus peuvent en déduire que le logement est inoccupé et y entrer plus facilement.
© ShutterstockVitres cassées maison
Déloger des squatteurs peut prendre des mois, voire des années, et coûter cher
En Espagne comme en France, déloger des squatteurs n’est pas une mince affaire. Les démarches peuvent durer « jusqu’à deux ans devant les tribunaux » et entraîner des frais importants, souligne Anne Pons. Pour ne pas attirer leur attention, elle recommande de privilégier les sites d’annonces immobilières, plus discrets.
Et quand on se retrouve malgré tout face au fait accompli, il est primordial, d’après elle, de savoir choisir ses mots. En effet, certains termes employés lorsqu’un propriétaire appelle les forces de l’ordre peuvent retarder considérablement leur intervention.
© ShutterstockLa police est restée sur place, faisant abandonner le squatteur.
Ce mot à éviter lorsque vous appelez la police en cas d’intrusion dans votre logement
Ainsi, mieux vaut éviter de parler de « squatteurs ». D’après Anne Pons, lorsque l’on appelle les forces de l’ordre en disant « j’ai des squatteurs dans mon appartement », on qualifie soi-même la situation d’occupation illégale. Les policiers peuvent alors considérer qu’ils ne peuvent pas intervenir sans l’autorisation d’un juge.
Elle recommande plutôt de signaler une entrée non autorisée dans le logement et de préciser qu’il s’agit d’une intrusion en cours. Il est également important de préciser immédiatement si le logement constitue votre résidence principale. En effet, le fait qu’il s’agisse du domicile peut avoir des conséquences sur la qualification juridique des faits et sur les conditions d’intervention des forces de l’ordre.
En bref
- 🏠 Sept propriétaires sur dix en France craignent le squat de leur bien immobilier, bien que 80 % jugent ce risque improbable, selon une enquête Verisure-Ipsos.
- 🚫 Anne Pons avertit que le panneau 'À louer' attire les squatteurs en signalant un logement vide et inactif, facilitant leur intrusion.
- 🔍 Déloger des squatteurs peut prendre des années et coûter cher, et certains mots peuvent retarder l'intervention policière.