Ces 7 appartements parisiens révèlent la nouvelle tendance du papier peint
Le papier peint discrètement fleuri
Entre élégance moderniste et savoir-faire du monde, Marthe Architecture livre rive gauche un intérieur à l’atmosphère tamisée, délicate évasion autant qu’évocation des plus grands décorateurs.
« Cet appartement de la rive gauche, à Paris, nous travaillons dessus depuis deux ans, c’est l’un des premiers que nous avons signés après l’Oursinade [le projet qui les a fait connaître à Design Parade Toulon 2022] et le premier qui comptait beaucoup pour nous. Nous avons eu le luxe de la durée pour le réaliser, l’appréhender sur toutes les saisons et mieux comprendre ses volumes afin d’adapter notre intervention très précisément. » Comme ces propos sonnent justes pour qui connaît l’architecture d’intérieur et comme ils traduisent toute la passion de Marthe Simon et Paul Peller, le duo, à la ville comme à l’agence, de Marthe Architecture, qui ajoutent : « Nous avons eu le privilège de réimaginer cet appartement qui se déploie comme une parenthèse hors du temps. »

Dans l’entrée aux murs en papier fleuri et plafond en fibres naturelles et au sol en parquet satiné foncé et tapis en jute et laine, à gauche, Returning the gaze, 2024, un masque en laiton d’Ali Cherri.
© Alice Mesguich/ Réalisation Aurore Lameyre et Hailey Antrim / Courtesy of Ali Cherri & Imane Farès Galerie« C’est aussi un appartement de réception. Et c’est lorsque les lumières s’allument que s’expriment toutes ses textures : laque, fibres de bois, effets écailles de tortue, patine des murs… La matière est aussi choisie en fonction de la pièce. » Il en est ainsi de l’entrée, aux murs en papier fleuri peint par un atelier milanais in situ et au plafond en fibres naturelles, accompagnés d’un tapis en jute et laine et d’un fauteuil en fibres tissées dans un contraste captivant avec le parquet satiné foncé.
Le papier peint aux tons cuivrés
Dans un immeuble Art déco emblématique de Neuilly, ce « petit appartement familial » bénéficiait d'un potentiel unique avant même sa rénovation. Riche de beaux volumes et d'ouvertures caractéristiques des années 1930, il offrait un terrain de jeu idéal au duo d'architectes d'intérieur Hauvette & Madani. Épris d'Art déco, dont ils ont su faire leur marque de fabrique en le revisitant — notamment à travers leur collection de mobilier —, Samantha Hauvette et Lucas Madani se sont emparés de l'espace avec sincérité. « L'immeuble étant Art déco, nous avons respecté l'architecture d'origine, conservé le parquet ; mais nous y avions aussi ajouté de la modernité », poursuit l'architecte d'intérieur. C'est dans ce subtil équilibre entre patrimoine et contemporanéité que le studio est intervenu dans cet appartement qui se trouve, par ailleurs, être celui du frère de Samantha.

La chambre révèle une intéressante théâtralité. La table de chevet Serge, issue de la collection Amuse Bouche de Hauvette & Madani, est accompagnée des appliques murales Betty de la même collection. Les housses de coussin léopard Millaux contrastent avec le linge de lit couleur crème.
Lucas MadaniLa chambre parentale, habillée de papier peint au ton cuivre, se dévoile dans une théâtralité orchestrée grâce à une paire de rideaux placés de part et d'autre de la tête de lit. « C'est un détail qu'on reprend assez souvent maintenant, témoigne Samantha Hauvette. L'idée du rideau de théâtre en velours, avec une passementerie à l'ancienne, permet de mettre en scène les chambres ». Ces rideaux remplacent ainsi les portes que le duo aurait pu choisir, plus classiquement, pour séparer la chambre du dressing attenant.
Cette maison familiale du début du XXᵉ siècle révèle tout son esprit Art nouveau. La nature s’y invite partout, du jardin jusqu’au toit. Une restauration signée Véronique Cotrel.
Dans ce petit quartier du XVIᵉ arrondissement, on quitte l’agitation parisienne pour un univers verdoyant. « Il y a toute une poésie, un chemin, un calme, on est dans un autre univers », raconte Véronique Cotrel, architecte d’intérieur et fondatrice de l’agence éponyme, en charge du projet. Les anciens propriétaires avaient vécu dans cette maison plus d’un demi-siècle. À l’intérieur, de nombreux éléments d’époque étaient restés intacts. « Il y avait une âme très forte, mais aussi une certaine poussière du temps. Notre rôle a été de réveiller cette maison sans la trahir », souligne-t-elle.

La master bedroom affiche une forte personnalité avec sa teinte bleu-vert, sublimée par le papier peint (Le Chemin des Demoiselles des Dominotiers) et des suspensions (Jefferson de Lodes). Photo Amaury Laparra
« Nous avons vraiment végétalisé la maison », décrit Véronique Cotrel. À l’avant, à côté du portail, se trouvait autrefois une porte de garage, vestige d’une époque où l’on garait encore des voitures. « Aujourd’hui, à Paris, ce n’est plus vraiment la tendance. Nous avons remplacé les symboles du luxe d’hier par ceux d’aujourd’hui : les jardins, les espaces extérieurs, les vues travaillées. » La circulation intérieure a été repensée pour accompagner cette ouverture sur la nature. Une philosophie qui s'invite jusque dans la chambre parentale, où s'affiche un papier peint bucolique.
Le papier peint en écho au laiton
Pour son premier projet, Daphné Savare signe la rénovation d'un appartement parisien transformé en véritable cocon chaleureux. Boiseries et courbes enveloppantes y dessinent des espaces doux et conviviaux, pensés pour recevoir.
Dans le 8e arrondissement de Paris, Daphné Savare signe le tout premier appartement de son studio d'architecture d'intérieur. Issue d'une formation en marketing et communication, elle travaille pendant cinq ans auprès de maisons de luxe en tant que coordinatrice presse. Le milieu ne lui permettant pas d'exprimer sa créativité comme elle le souhaiterait, elle décide, il y a deux ans et demi, de se reconvertir dans l'architecture d'intérieur. Ainsi, elle donne un sens à ce qu'elle produit tout en laissant libre cours à sa création artistique d'une façon plus durable et plus concrète. Un des autres éléments qui fait chavirer le cœur de l'architecte est que « dans ce milieu, on a à la fois le côté esthétique, mais aussi, le côté technique, qui est évidemment le pilier de chaque projet », explique Daphné Savare. Dans cet appartement haussmannien rénové pour un couple, Daphné Savare laisse les courbes et la boiserie guider la visite.

Au dessus du lit, une applique en laiton Flamant.
© Clément Gerard - Oracle ParisDans la chambre parentale, on retrouve toujours un bois teinté, fil conducteur du décor. Mais ici, un contraste se fait avec la tête de lit en tweed tissé multicolore et le « papier peint ponctué de détails en laiton que l'on retrouve aussi un peu partout dans l'appartement, qui apportent un peu de relief et de lumière à cet espace de rangement », explique Daphné Savare. La chambre a été totalement repensée par l'architecte en ce qui concerne l'habillage des murs. Elle est venue ajouter des moulures afin de garder cet aspect parisien qui plaît tant aux propriétaires.
Le papier peint floral d'inspiration Art nouveau
Dans le XVe arrondissement de Paris, Martin Massé vient signer un duplex pittoresque. Ce projet, élaboré autour de références allant de Le Corbusier à Serge Poliakoff, est sublimé par une verrière de 3,5 mètres de haut illuminant tout l'appartement.
Pour Martin Massé, la conception de cet appartement le ramène à ses débuts. Après avoir créé son agence en 2017, l'architecte et designer travaille sur son premier projet : la rénovation d'un bureau. Pour cette cliente « j'ai fait tout un ensemble de meubles sur mesure », explique Martin Massé. Aujourd'hui, il collabore à nouveau avec elle pour la rénovation complète de son nouvel appartement. Situé dans un immeuble dont la façade est jonchée de pierre de taille, de brique de parement et de ferronnerie Art Déco, l'appartement bénéficie d'une vaste verrière de trois mètres cinq, propre au bâtiment dans lequel il se loge, qui illumine les deux niveaux du logement. Séduite par le caractère du lieu, la cliente demande à Martin Massé de préserver son esprit d'atelier d'artiste, tout en le rendant chaleureux et intime. Pour se faire, l'architecte a totalement repensé le cloisonnement de l'appartement.

Dans la chambre, lampe à poser. Papier peint floral Morris & Co.
© Yannick Labrousse / Réalisation Studio CØllectedIci, la cliente a eu une demande particulière pour sa chambre. La pièce tranche volontairement avec le reste du projet. Pensée comme un élément distinct, elle « évoque un univers intime et féminin de la fin du XIXe siècle grâce à un papier peint floral Morris & Co, typique de l'Art nouveau. C'est une sorte de respiration poétique », confie Martin Massé.
Le papier peint joliment irisé
Dans un quartier emblématique de Paris, l'architecte d'intérieur Léa Fournié a doté ce petit espace d'une identité parisienne chic et enveloppante.
« Plutôt bien placé », nous glisse Léa Fournié en début d'entretien au sujet du 39 m2 qu'elle vient tout juste de finaliser. Effectivement, ce petit appartement d'un immeuble années 1950 se loge entre l'Arc de Triomphe, le parc Monceau et la plus belle avenue du monde. Destiné à la location, le bien avait besoin d'un coup de frais. « Comme on n'avait que 39 m2, on a décidé de le concevoir comme une belle suite d'hôtel, explique l'architecte d'intérieur. J'ai imaginé ce projet dans des teintes douces, notamment le vert céladon pour lequel la propriétaire avait eu un coup de cœur ». On le retrouve effectivement par notes dans la peinture, le mobilier ou les éléments de décoration, faisant de cette couleur la signature, enveloppante, de l'appartement.

La chambre et sa tête de lit céladon. Appliques Socialite Family, suspension Market Set.
0602.ParisDans la chambre, « on a créé un décroché au niveau du mur pour vraiment centrer cette tête de lit », souligne Léa Fournié. En partie basse, un tissus Pierre Frey couleur céladon amène une touche de confort, toujours dans l'esprit d'un hôtel, renforcé par l'ajout de liseuses intégrées. En continuité de cette pièce réalisée sur mesure, un papier peint irisé prolonge l'effet texturé de la tête de lit.
Le papier peint comme une sorte de coco
C’est un petit appartement pensé comme une suite d’hôtel qu’ont réalisé Adeline Hemonnot et Anne Sirot derrière l’Étoile. Entre sur-mesure et œuvres choisies, un lieu sophistiqué mais apaisant, esthète et mais sans ostentation.
C'est l’appartement d’un couple de Français expatrié aux États-Unis. Un tout petit appartement de 30 mètres carrés et « pas très bien agencé » selon l’architecte d’intérieur Adeline Hemonnot, en charge, avec la curatrice d’art Anne Sirot, de revoir entièrement les lieux. Alors, cet appartement qui n’en est pas vraiment un, Adeline Hemonnot va le penser comme une petite suite d'hôtel intégrant toutes les fonctionnalités dans un décor chaleureux, un peu parisien, mais sans ostentation. « J'ai surtout travaillé la séparation entre l'espace jour, l’entrée, la cuisine et le petit salon, et l'espace nuit qui est accessible par les portes coulissantes, avec l’alcôve du lit, séparée de la salle de bain avec une verrière pour laisser passer la lumière. » Cette transition entre les deux espaces, l’architecte d’intérieur le construit à la façon d’un décor de théâtre et ses panneaux coulissants à l’ancienne.

Le dessin des doubles portes aux tons de bleu orage, blanc du nord et papier peint est un modèle de classicisme revisité. Entre style Art déco et côte est-américaine, il apporte un caractère fort et graphique. Sur les portes, un papier peint comme une sorte de coco (Pierre Frey). Sur la console en noyer, une lampe Orta d'Adeline Hémonnot (Fantera Studio) et un cendrier en albâtre chiné.
Valerio GeraciToutes portes ouvertes, l’appartement est de facture parisienne classique, avec ses moulures en cimaise, ses cornières… Portes closes, il est d'un style plus moderne, dans une colorimétrie douce et côte est états-unienne dans ses couleurs : blanc, matières naturelles et papier peint de Pierre Frey – un textile posé sur du papier peint aux teintes douces comme une sorte de coco.