Centrafrique: l'ex-chef de la Séléka Mahamat Saïd Abdel Kani jugé coupable de crimes contre l'humanité par la CPI
Ancien dirigeant de l’Office central de répression du banditisme (OCRB) à Bangui, celui-ci a été reconnu coupable des chefs d'accusation d'emprisonnement, de torture, de persécution et d'actes inhumains pour lesquels il était poursuivi par la Cour pénale internationale (CPI). Mahamat Saïd Abdel Kani connaîtra la peine retenue à son encontre ultérieurement.
Publié le : 24/09/2026 - 00:54
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Après quatre ans de détention et de procédure à La Haye, l'ex-responsable de la Séléka pendant la guerre civile en Centrafrique, Mahamat Saïd Abdel Kani, a été reconnu coupable de crimes contre l'humanité, mercredi 23 septembre, devant la Cour pénale internationale (CPI).
En cause : des actes de torture commis en 2013, à l'époque où celui-ci dirigeait l’Office central de répression du banditisme (OCRB) à Bangui, notamment contre de présumés soutiens de l’ancien président Bozizé.
Emprisonnement, torture, persécution et actes inhumains : aujourd'hui âgé de 56 ans, Mahamat Saïd Abdel Kani, les cheveux longs et la barbe grisonnante, s’est levé pour écouter la juge Miatta Maria Samba annoncer la reconnaissance de sa culpabilité dans quatre des sept chefs d'accusation retenus à son encontre. Il a en revanche été acquitté de ceux de crimes de guerre, de traitements cruels et d'atteinte à la dignité humaine pour lesquels il était également poursuivi.
Celui-ci a pu entendre aussi la présidente du tribunal détailler les terribles conditions de détention dans les caves de l’OCRB situées sous son bureau, quand il dirigeait l’institution. « Les détenus devaient uriner et déféquer à l'intérieur de la cellule souterraine qui était sombre, exiguë, sale et insuffisamment aérée et dont le sol était recouvert d'excréments et empestait les selles et l'urine », a rappelé celle-ci avant d'énumérer aussi la torture, le fouet, et les interrogatoires face contre terre, bras et jambes attachés dans le dos, auxquels ils étaient soumis.
Le premier haut responsable de la Séléka jugé par la CPI
« Bon nombre de détenus n'ont pas pu oublier ce qu'il s'est passé à l'OCRB et la chambre reconnaît leurs souffrances. Un témoin a déclaré qu’il restait complètement déséquilibré et que sa vie avait été totalement détruite par les mauvais traitements qu’il avait subis », a-t-elle ensuite souligné, insistant sur le traumatisme toujours bien présent chez les victimes.
Mais l'importance de ce verdict tient aussi au fait que Mahamat Saïd Abdel Kani est le premier haut responsable de la Séléka jugé par la CPI. Jusqu'alors en effet, tous les Centrafricains qui ont comparu devant l'instance appartenaient au camp des anti-balaka, qu'il s'agisse de Patrice Ngaïssona et d'Alfred Yekatom qui ont été condamnés en première instance à 15 et 20 ans de prison, ou de Maxim Mokom contre lequel les poursuites ont été abandonnées, faute de témoin.
Mahamat Saïd Abdel Kani connaîtra la peine retenue à son encontre ultérieurement.
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