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Céline Dion pour son cinquième concert : que la joie demeure !

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Céline Dion le 12 septembre sur scène à Paris.

© Aurelien Morissard/AP/SIPA

Benjamin Locoge 24/09/2026 à 08:11, Mis à jour le 24/09/2026 à 08:13

Au cinquième soir de sa résidence parisienne, la diva québécoise s’est laissée gagner par la folie douce. Récit d’une soirée pas comme les autres.

Il y a des signes qui ne trompent pas. Hier soir, pour la première fois depuis le lancement de ses concerts parisiens, les lumières se sont éteintes à 20 h 30 pile. Céline Dion avait hâte de commencer à chanter, après quatre journées de pause, même si elle n’a pas pu s’empêcher de venir répéter lundi après-midi. Les 33 000 spectateurs l’ovationnent bruyamment quand elle émerge d’entre les deux colonnes grecques qui envahissent la scène. Et la voilà qui entame déjà « On ne change pas », accompagnée par la foule, qui s’époumone avec elle. Le piano de Scott Price est bien plus présent dans le mix que lors des quatre soirées précédentes.

Preuve qu’un tel show n’est jamais figé, toujours remis en question, repensé chaque jour pour plus d’excellence. Paris chante encore sur « Destin », qui permet à la Québécoise de tester ses cordes vocales. Céline roucoulerait presque, plus à l’aise que jamais, plus heureuse encore. Alors que la foule scande son prénom, elle sort de son discours rôdé. « C’est ça dont je rêvais quand nous étions éloignés. » Elle en redemanderait presque de ces « Céline » qui l’acclament et qu’elle prend comme des preuves d’amour. « Because You Loved Me » sert d’apéritif au public anglophone — clairement moins présent que lors des concerts précédents — et « Encore un soir » met les pendules à l’heure : dans sa gestuelle, dans sa manière de prendre à bras-le-corps cette foule qui la dévore, Céline a quelque chose en elle de Johnny Hallyday.

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Même capacité de jouer la comédie, même intensité vocale, même désir de conquête. Alors elle va encore plus fort, encore plus loin. Elle balance des vocalises supplémentaires sur « Les derniers seront les premiers », interpelle les spectateurs : « Vous chantez si bien ce soir » et met toute la salle K.-O. avec « The Power of Love ». Ce premier acte a duré 34 minutes ce soir, trois de moins qu’habituellement. Céline, le feu qui brûle en elle, ça se voit, ça s’entend. Et ça se sent.

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Didier Deschamps fan de Céline Dion

Alors, quand elle ouvre la seconde partie sur « la chanson de Titanic », dixit Didier Deschamps, ex-coach de l’équipe de France et voisin de rang, Dion ne se laisse pas submerger par l’ovation. Non, la voilà improvisant sur les White Stripes : « Je suis revenue ici, vous m’avez envoyé des messages, avec vous, avec moi. » La chanteuse danse frénétiquement, fait patienter Barney, son choriste, pour prendre encore et encore de ces applaudissements, de cette folie douce qui s’empare de la Plénitude Arena. Ce minuscule grain de sel qui vient faire dérailler la machine donne ce petit supplément d’âme à un show qui n’en manquait pourtant pas. Mais Dion adore ce genre d’imprévus, ces sorties de route non programmées, qu’elle conclut — polie toujours — d’un « excusez-moi ». Alors qu’elle explique sobrement : « La prochaine chanson, j’ai tenu à la chanter sur scène. Voici “The Chase”. » Didier Deschamps fait rigoler toute la rangée avec un « On va rejoindre nos chaises alors », spontané.

Entre deux titres, Céline s’écarte aussi de son discours habituel, partageant haut et fort son enthousiasme pour cette chorale gigantesque qui l’accompagne sur ses refrains les plus connus — le « J’irais où tu iras » du 23 septembre surclassant aisément tous les autres. Alors Dion lâche la bride, pousse le curseur encore plus haut sur « Dans un autre monde », multiplie les chorégraphies durant le medley disco. Quelle soirée !

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Céline craque sur « Courage »

Petit changement, côté mise en scène ce soir, Céline n’utilise plus l’escalier qui apparaissait sur la gauche de la scène pour lancer l’acte 3. Elle réapparaît directement dans la lumière, accompagnée par Scott Price et le quatuor à cordes sur « S’il suffisait d’aimer ». La courte séquence, la plus intimiste du show, continue de faire des merveilles. Paris reçoit « Ziggy » avec une ferveur tremblante et Céline craque sur « Courage », cette chanson en anglais de 2019, qui résume finalement si bien ce qu’elle a traversé.

Il est 22 h 10 quand le chœur gospel fait son apparition, signal du démarrage de la quatrième et dernière partie du concert. L’ensemble, si figé le 12 septembre, gagne au fur et à mesure des soirs en fluidité. Céline rayonne au milieu de ces hommes et femmes vêtus de tuniques sobres, allant même jusqu’à spontanément ajouter des notes sur « It’s All Coming Back to Me Now ». Les téléphones portables scintillent quand elle enfile son manteau de fourrure rose, le temps de son hommage à Maria Callas. La main sur le ventre, Céline chante : « Comme dans un rêve. Que j’ai pu réaliser grâce à vous. Alors merci Paris, la ville de mon cœur. Merci vraiment. »

Au rappel, les digues sont tombées et la Plénitude Arena s’enivre sur « All by Myself », prélude à un « Pour que tu m’aimes encore » d’anthologie. Rihanna fait partie des heureuses choristes du 23 septembre. Tout comme 32 999 autres spectateurs qui ressortent avec le sourire aux lèvres et avec le sentiment d’avoir assisté à une séance pas tout à fait comme les autres — ils n’ont pas tort. À 22 h 55, le cortège de Céline Dion — deux vans, une berline et quatre motards — passe sous le pont qui relie l’Arena à La Défense. Encore onze soirs.

Setlist du 23 Septembre, Paris, Plénitude Arena

1/ On ne change pas
2/ Destin
3/ Because You Loved Me
4/ Encore un soir
5/ Les derniers seront les premiers
6/ Tout l’or des hommes
7/ The Power of Love
8/ My Heart Will Go On
9/ Beauty and the Beast
10/ The Chase
11/ J’irai où tu iras
12/ Ne bouge pas
13/ Dans un autre monde
14/ I Feel Love / I’m Alive / That’s The Way It Is / Sweet Dreams (are made of this)
15/ S’il suffisait d’aimer
16/ Un garçon pas comme les autres
17/ Courage
18/ Love Can Move Mountains
19/ The Prayer
20/ It’s All Coming Back To Me Now
21/ Je chanterai
22/ La Wally
23/ All By Myself
24/ Pour que tu m’aimes encore