De la Suisse à Hong Kong: Cédric Zhao, un parcours atypique
Publié23. août 2026, 12:01
FootballCédric Zhao: «La saison prochaine, je jouerai pour les Citizens»
Pour la rentrée, 20 Minutes vous fait voyager grâce aux footballeurs suisses. Pour la septième étape de notre série, on finit à Hong Kong, avec Cédric Zhao.


Pour aller au bout de leur talent, pour mieux gagner leur vie ou tout simplement pour découvrir de nouveaux horizons, une centaine de footballeurs suisses évoluent professionnellement bien loin des terrains helvétiques. Plus de 25 en Allemagne, un peu moins de 20 en Italie, une dizaine en France, en Autriche ou en Angleterre… Mais pas seulement! On en a contacté autant que possible pour une série consacrée à nos expatriés, afin d'évoquer leurs expériences loin de chez eux et la manière dont ils vivent cet exil toujours riche en enseignements.
Après la Norvège, deux fois la Thaïlande, l'Angleterre, la Turquie et les États-Unis, on en termine de cette série par Hong Kong. Et c'est forcément l'étape la moins probable… Cédric Zhao vient d'y être transféré aux Citizens, club de 2e division locale. Auparavant, ce milieu défensif de 26 ans avait été formé à Witikon, avant de jouer à Seefeld, en 2e Ligue inter, et de plafonner à la II du Red Star Zurich. Il y a un an, il est parti en Asie pour évoluer à Shatin, futur promu, et de changer de club dans la foulée.
Forcément, c'est une histoire pas comme les autres. Et même l'article le plus technique de cette série, car impossible de trouver de photo de ce Suisse de l'étranger. Mais son aventure méritait tout autant d'être contée, que celle de ses compatriotes partis tenter leur chance loin de nos Super, Challenge ou Promotion League.
«J’ai déménagé à Hong Kong avant tout parce que je voulais vivre en Chine après mes études, car c’est mon deuxième pays (mon père est chinois), nous a-t-il vite répondu via Instagram, après avoir manqué notre message d'il y a quelques jours. C’est donc l’offre d’emploi de la banque qui m’a poussé à émigrer. Mon premier club à Hong Kong était Shatin, en deuxième division. Nous avions deux entraînements par semaine et un match le week-end, ce qui n’est pas si différent de ce que je connaissais du football amateur en Suisse!»
«La particularité de la ligue est que chaque équipe ne peut avoir que trois joueurs étrangers, a continué celui qui évolue dans l'antichambre de l'élite hongkongaise. Comme je n’avais que mon passeport suisse, j’ai dû me battre lors de plusieurs séances d’entraînement pour me faire une place parmi les autres candidats. La plupart des autres joueurs étrangers de la ligue avaient une expérience professionnelle, contrairement à moi. Je dirais que le niveau de la ligue se situe entre la deuxième division régionale et la deuxième division interrégionale.»
Ça a marché, car il a joué 1874 minutes en 24 parties (1 but et 2 passes décisives), avant de changer de club. «La saison prochaine, je jouerai pour les Citizens, car mon ancienne équipe a été promue en première division de Hong Kong après avoir fusionné avec le champion de la saison passée. Ce qui implique des entraînements quotidiens et donc la nécessité de démissionner de mon travail à la banque.» Et ça, quand on vient de Suisse, forcément...
«C’est aussi l’un des plus gros problèmes du football à Hong Kong: les coûts de location (le marché immobilier le plus cher au monde) et les salaires bas dans le football rendent impossible pour la plupart des joueurs de faire carrière dans le domaine professionnel», a-t-il terminé, avant de dénoncer un peu: «C’est aussi la raison pour laquelle il y a régulièrement des scandales de corruption et de manipulation de matches…»

Robin Carrel (rca) est journaliste à la rubrique Sports chez 20 minutes, où il travaille depuis 2011. Ses sports de prédilection sont le football et le cyclisme, mais il privilégie surtout le terrain de la découverte.
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