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Ce que les Flamands voient en nous

Que pensent réellement les Flamands des Wallons et de la Wallonie ? Cette semaine, La Libre Belgique a posé la question à quelques personnalités, loin des déclarations politiques, des sondages et des sempiternels débats institutionnels. Le succès de cette série auprès de nos lecteurs dépasse nos espérances. Preuve, sans doute, que ce regard flamand compte. Et tant mieux s'il nous a réservé quelques belles surprises.

Bien sûr, les clichés existent encore. Les différences de culture politique, de rapport au travail, à l'État ou à la langue ne peuvent être ignorées. Mais le tableau qui se dessine est bien plus nuancé que celui que nous renvoient trop souvent nos responsables politiques.

Le nationalisme flamand n'est plus ce qu'il était

La Wallonie, d'abord, intrigue et séduit. Beaucoup de Flamands interrogés en soulignent la qualité de vie, les paysages, l'espace, le patrimoine, mais aussi les possibilités économiques et le potentiel de développement. Ils ne nient pas ses difficultés. Mais ils ne la réduisent pas non plus à celles-ci. Certains voient même dans le sud du pays des atouts que les Wallons semblent parfois avoir du mal à reconnaître eux-mêmes.

C'est l'un des enseignements les plus frappants de la semaine : "Ayez confiance en vous !" pourrait en être le fil rouge. Plusieurs Flamands s'étonnent du peu de fierté que certains Wallons manifestent pour leur région ou de leur prudence lorsqu'ils doivent s'exprimer dans une langue qu'ils maîtrisent imparfaitement. Là où un Flamand parlera français avec un accent et quelques fautes, le francophone hésitera parfois à se lancer en néerlandais. Anecdotique ? Pas tout à fait. Le regard extérieur nous rappelle que l'estime de l'autre commence par la confiance qu'on a en soi.

Nous vivons peut-être dans deux "démocraties" différentes, chacune avec ses partis, ses médias, ses stars et ses sujets d'actualité. Mais nos témoins nous incitent à dépasser ce face-à-face. Les Flamands ne regardent pas tous la Wallonie comme une région d'assistés. Et la distance entre les deux communautés n'est peut-être pas aussi grande qu'on se plaît parfois à le croire. Les tensions communautaires ont leurs causes politiques, économiques et historiques profondes. Mais deux démocraties ne forment pas forcément deux sociétés étrangères, encore moins incompatibles. Elles peuvent aussi continuer à s'enrichir de leurs différences.

À force de regarder la Flandre et la Wallonie à travers ce qui les sépare, on finit par oublier tout ce qui, encore, les rapproche.

Rik Torfs : "Ici, quand on croise quelqu'un dans la rue et qu'il ne vous dit pas bonjour, il y a fort à parier que c'est un Flamand"

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