Suspect, réactions… Ce que l’on sait de l’attaque qui a fait un mort et plusieurs blessés à la gay pride de Berlin
Des personnes enroulées dans des couvertures de survie, après l’attaque criminelle à la gay pride de Berlin, qui a fait 1 mort et plusieurs blessés, le 25 juillet 2026. RALF HIRSCHBERGER / AFP
La police allemande a lancé ce dimanche 26 juillet un avis de recherche pour un homme de 21 ans soupçonné d’avoir foncé à bord d’un véhicule sur la gay pride de Berlin la veille au soir, faisant au moins un mort et 29 blessés. « Tout indique » que cette attaque était « un attentat terroriste islamiste », a affirmé dimanche le ministre allemand de l’Intérieur Alexander Dobrindt. Emmanuel Macron a exprimé son « émotion » et sa « solidarité » après cette attaque « odieuse ». Voici ce que l’on sait.
• Que s’est-il passé ?
L’attaque a eu lieu dans le parc du Tiergarten, au centre de Berlin et à quelques centaines de mètres de la porte de Brandebourg, principal lieu de rassemblement dans la soirée de la marche des fiertés, appelée Christopher Street Day (CSD) en Allemagne, l’une des plus grandes gay pride en Europe. Un rendez-vous populaire qui rassemble au-delà de la communauté LGBT et incite de nombreuses organisations et entreprises à s’y montrer.
Vers 22 heures, un véhicule blanc a foncé dans la foule à l’extrémité sud du parc du Tiergarten avant de percuter un arbre. Selon la police, « une ou plusieurs » personnes sont ensuite sorties du véhicule avant de prendre la fuite. Elle précise que plusieurs personnes ont également été blessées à l’arme blanche. Selon les pompiers, l’attaque a fait au moins un mort et 29 blessés, parmi lesquels 11 graves dont trois sont entre la vie et la mort. Trente témoins des événements, sous le choc, ont par ailleurs été pris en charge sur place.
Le véhicule utilisé lors de l’attaque, décrit par la police comme un « monospace ou un SUV », était encore visible dimanche matin sur les lieux, fortement endommagé par le choc contre un arbre. Des rangées de policiers passaient le terrain au peigne fin près de la voiture à la recherche d’indices.
• Que sait-on du principal suspect ?
Malgré une fouille du parc y compris à l’aide d’hélicoptères équipés de caméras thermiques, la police n’a pas réussi à localiser le suspect dans les minutes qui ont suivi l’attaque.
Selon la police, le principal suspect est Abdul B., âgé de 21 ans, mince, mesurant environ 1,90 mètre, aux cheveux noirs et vêtu d’un sweat à capuche noir et d’un pantalon blanc. Un appel à témoins a été émis accompagné d’une photo pour obtenir des informations afin de le localiser. La police précise qu’il ne faut en aucun cas l’approcher ou le contacter directement, car il pourrait être armé et dangereux.
Le suspect de l’attaque serait un partisan du groupe djihadiste Etat islamique, précédemment condamné, ont indiqué dimanche deux médias allemands. Selon les sites du magazine « Der Spiegel » et du quotidien « Bild », Abdul B. avait tenté de rejoindre l’EI en Syrie en 2025 mais avait été arrêté au Liban.
Ressortissant allemand, il avait été renvoyé dans son pays où il avait été condamné en 2026, dans un autre dossier selon ces médias, pour « préparation d’un acte de violence grave mettant en danger la sécurité de l’État ». La police était en outre déployée dimanche dans un immeuble situé à un kilomètre du lieu de l’attaque, a constaté un photographe de l’AFP. Selon « Bild », c’est là que le suspect vivait.
Des effectifs « très importants » comprenant des policiers de plusieurs autres régions allemandes venus en renfort ont été déployés, ainsi que des hélicoptères dotés de caméras à détection de chaleur, a déclaré le porte-parole de la police, Florian Nath.
• Quelles sont les réactions ?
La fin des festivités, mêlant concerts et stands de fête foraine, a été annulée, les organisateurs demandant aux participants de rentrer chez eux. Les faits se sont produits alors qu’une grande partie des participants avaient déjà quitté le secteur.
Le maire de Berlin Kai Wegner a évoqué une « attaque contre notre société libre et ouverte sur le monde ». « Le rassemblement pour un Berlin tolérant et pacifique a été pris pour cible de la manière la plus brutale qui soit », a estimé l’élu conservateur, qui avait plus tôt participé au défilé. Le ministre de l’Intérieur, Alexander Dobrindt, a lui aussi employé le terme d’« attaque ».
Le chancelier Friedrich Merz et son ministre de l’Intérieur « s’engageront avec une détermination particulière pour faire toute la lumière sur cet acte abominable et en assurer la sanction », a déclaré un porte-parole du gouvernement.
Emmanuel Macron a exprimé dimanche son « émotion » et sa « solidarité » après l’attaque « odieuse » de la gay pride de Berlin. « Pensées aux victimes, à leurs proches, au peuple allemand. Face à la haine et à la violence, notre réponse sera toujours l’unité, la liberté et la fermeté », a ajouté le chef de l’Etat français sur X.
L’Italie a condamné « toute forme de haine et d’extrémisme » après l’incident qui a fait samedi soir un mort et une quinzaine de blessés quand un véhicule a percuté la foule à la gay pride de Berlin. « L’Italie condamne et s’oppose fermement à toute forme de haine et d’extrémisme », a écrit sur X la cheffe du gouvernement Giorgia Meloni, assurant « nous sommes aux côtés de l’Allemagne et du peuple allemand ».
Le drame s’est produit à deux mois des élections à Berlin, à la fois ville et région, pour lesquelles Kai Wegner a renoncé à se représenter. Les sondages donnent la CDU du chancelier Merz au coude-à-coude avec l’extrême droite et la gauche radicale.
Par Service Actu