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«Ce n’est pas parce que tu fais un doigt d’honneur que tu vas avoir…

Le conseil municipal de Montréal a adopté lundi le règlement interdisant les insultes contre des employés municipaux. La mairesse, Soraya Martinez Ferrada, assure que « ce n’est pas parce que tu fais un doigt d’honneur que tu vas avoir un ticket », mais l’opposition à l’Hôtel de Ville a voté contre le règlement par crainte d’abus policiers.

Ce règlement fait suite à une vidéo de juin 2025 montrant une policière de Montréal ayant été la cible d’insultes violentes, dégradantes et misogynes par un automobiliste. La mairesse a rappelé lundi que les situations « d’incivilité, d’agressivité, de menaces et de violence » à l’égard du personnel de la Ville de Montréal ont augmenté de 263 % entre 2019 et 2025.

« Ces situations entraînent des répercussions importantes sur la santé psychologique et le sentiment de sécurité du personnel, la mobilisation des équipes ainsi que la qualité des services offerts à la population », indique la documentation municipale.

Des amendes de 350 $ à 1000 $ sont prévues pour une première infraction. Les amendes doublent en cas de récidive, ce qui porte la contravention maximale à 2000 $.

« Sale pute de merde, sale chienne, esclave »: Soraya Martinez Ferrada a énuméré des insultes lancées contre des membres du personnel de la Ville. Il est permis de critiquer des employés municipaux, mais le personnel n’a pas à « tout accepter », insiste la mairesse.

Elle a fait valoir que la Ville de Montréal a le devoir de protéger ses employés contre la violence et l’intimidation. Cette violence vise en majorité le personnel féminin. Et les plus récentes données de la Ville indiquent que 51 % des plaintes font état d’un traitement malveillant qui se répète — et qui entraîne des congés de maladie.

La mairesse a rappelé que les villes de Longueuil et de Laval ont adopté des règlements similaires. Soraya Martinez Ferrada compte aussi munir les policiers de caméras corporelles pour protéger le public. De plus, la révision des règles sur les interpellations de citoyens fait partie de l’arsenal de l’administration municipale pour encadrer le travail des policiers.

Craintes de discrimination

Le parti Projet Montréal, qui forme l’opposition officielle à l’Hôtel de Ville, a voté contre la réglementation pour protéger les droits de la personne, particulièrement dans les quartiers qui sont le théâtre de tensions entre la police et la population. La conseillère municipale Martine Musau Muele s’est demandé si le règlement sera appliqué de la même façon à Outremont et à Montréal-Nord, où des policiers ont été suspendus au cours des derniers mois pour des allégations de discrimination répétée envers des citoyens Noirs.

Projet Montréal conteste aussi l’affirmation de la mairesse selon laquelle un doigt d’honneur à la police reste permis malgré la réglementation : la Cour municipale de Québec a confirmé en 2018 une amende imposée à un citoyen qui avait justement fait un doigt d’honneur à un policier, lors d’une manifestation.

Le règlement adopté lundi par la Ville de Montréal « interdit à quiconque d’intimider, de harceler, de menacer, d’injurier ou d’insulter un membre du personnel agissant dans le cadre de ses fonctions ou d’avoir à son égard un comportement offensant, humiliant, abusif, violent ou agressif. Il est également interdit d’encourager, d’inciter ou de conseiller une autre personne à tenir de tels propos ou à adopter un tel comportement à l’égard d’un membre du personnelé »

En cas d’infraction, la Ville peut « imposer toute mesure administrative appropriée, notamment l’expulsion de la personne contrevenante pour la durée qu’elle détermine, l’imposition d’un mode de communication, l’interdiction de communiquer avec un membre du personnel ou le refus de lui fournir un service municipal, le cas échéant ».