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Cas de diphtérie à Dunkerque : que faut-il savoir sur cette maladie rare et très contagieuse

Un cas de diphtérie a été diagnostiqué à Dunkerque. Rare mais très contagieuse, cette maladie peut entraîner de graves complications. Symptômes, transmission, traitement et vaccination : voici ce qu’il faut savoir.

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Par la rédaction Publié: 15 Septembre 2026 à 12h53

Temps de lecture: 4 min

Un cas de diphtérie a été diagnostiqué chez un patient qui avait été hospitalisé au centre hospitalier de Dunkerque (Nord). « Les analyses réalisées ont montré que la bactérie identifiée, Corynebacterium diphtheriae, est porteuse du gène permettant la production de la toxine diphtérique. Cette toxine peut être responsable de complications graves, notamment cardiaques ou neurologiques. Cette identification permet d'adapter précisément le traitement du patient et les mesures de prévention autour de ses contacts », explique dans un communiqué diffusé le 15 septembre l’Agence régionale de santé (ARS) des Hauts-de-France.

La diphtérie est due à une bactérie qui regroupe plusieurs espèces (Corynebacterium diphtheriaeC. ulceransC. pseudotuberculosis). Seules certaines souches de ces espèces bactériennes portent le gêne tox et sont capables de produire la toxine diphtérique susceptible d’entraîner des complications graves chez les personnes non vaccinées ou insuffisamment vaccinées. C’est elle qui cause des dommages parfois très graves, notamment des paralysies, sur certains organes, comme le cœur ou les nerfs périphériques.

Comment se transmet la diphtérie ?

La transmission de la diphtérie se fait par les gouttelettes respiratoires expulsées lors de la toux et des éternuements d’une personne infectée. Elle peut aussi se transmettre par contact direct avec des plaies cutanées, des tissus ou objets contaminés. Une fois établie dans l’organisme, la bactérie produit alors des toxines qui endommagent les tissus corporels.

L’infection à C. ulcerans est transmise par contact avec des animaux de compagnie, en particulier chiens ou chats, souvent asymptomatiques. La transmission interhumaine n’a jamais été démontrée.  L’infection à C. pseudotuberculosis est très rare et due à des contacts avec des petits ruminants, le plus souvent chèvres et moutons.

Quels sont les symptômes ?

Les symptômes apparaissent après 2 à 5 jours d’incubation.

  • mal de gorge ;
  • fièvre ;
  • tuméfaction du cou.

« L’angine diphtérique est la forme habituelle de la maladie. Elle est caractérisée par une pharyngite, de la fièvre, une tuméfaction du cou et une céphalée, note l’Institut Pasteur. La principale manifestation de la diphtérie est une infection des voies respiratoires supérieures qui peut conduire à la paralysie du système nerveux central ou bien du diaphragme et de la gorge, entraînant la mort par asphyxie. L’infection à C. diphtheriae est hautement contagieuse ».

Des vaccinations insuffisantes

Le diagnostic est posé par un examen clinique et des cultures bactériennes de prélèvements dans la gorge. La présence de la toxine doit être confirmée par des tests réalisés au centre national de référence à l’Institut Pasteur.

Une fois la maladie diagnostiquée, le traitement consiste en l’administration, le plus vite possible d’une antitoxine diphtérique. Une antibiothérapie par amoxicilline est recommandée ou par macrolides en cas d’allergie.

La vaccination est le seul moyen de prévenir la diphtérie. Le vaccin diphtérique, tétanique, coquelucheux, contre l’hépatite B et la poliomyélite, ainsi que contre Haemophilus influenzae de type b (DTC-HepB-P-Hib ou DTCa-HepB-P-Hib), est un vaccin combiné obligatoire chez les nourrissons depuis 2018. La vaccination est également obligatoire chez les enfants et les professionnels de santé.

Vérifier le statut vaccinal des cas contacts

Selon l’Institut Pasteur, « les études de séroprévalence montrent qu’une haute proportion de sujets âgés de 50 ans et plus en France ont un titre d’anticorps non détectable ou inférieur au seuil considéré comme protecteur. Ces données soulignent l’importance de suivre les recommandations vaccinales, notamment les rappels tous les 10 ans chez les adultes âgés de plus de 65 ans ».  Selon l’OMS, 5 à 30 % des personnes infectées non vaccinées décèdent en l’absence de traitement.

L’ARS des Hauts-de-France indique que les personnels soignants de l’hôpital et les sapeurs-pompiers qui ont été en contact à risque avec le patient ont été identifiés et pris en charge en recevant un traitement antibiotique préventif. Elle recherche également toutes les personnes qui ont été en contact avec le patient afin de vérifier leur statut vaccinal et les prendre en charge. « Le patient a notamment pu séjourner parmi les campements de personnes récemment arrivées sur le territoire français situés sur le littoral. »

En 2025 en France, 39 cas de diphtérie tox+ sont survenus et ont été rapportés : 14 cas de diphtheriae, C. diphtheriae, 17 cas de diphtérie à C. ulcerans.

Institut Pasteur, Santé publique France, ARS Hauts-de-France

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