Canicule : pourquoi les températures montent-elles autant dans le centre de la France et beaucoup moins en région Occitanie ?
Le cinquième épisode de canicule de cette année exceptionnellement chaude touche à sa fin et on observe que les températures parmi les plus hautes n’ont pas été observées sur le littoral méditerranéen mais plutôt dans le centre de l’Hexagone. Des pics à 40 °C ont été relevés à plusieurs reprises en région Centre-Val-de-Loire et Auvergne-Rhône-Alpes notamment. Voici pourquoi.
Chaque été, des températures étonnamment hautes sont observées dans le centre du pays, alors qu’on les attendrait ailleurs, plus au sud. Alors que la cinquième canicule de l’année touche à sa fin, l’heure est aux analyses et aux bilans.
À Saint-Florent-sur-Cher, dans le Cher, il a fait 40 °C ou plus pendant 16 jours depuis le mois de juin. C’était le cas pendant 14 jours à Châteaumeillant, dans le même département. La ville de Le Blanc, dans l’Indre, a, elle, dépassé ce chiffre symbolique pendant 13 jours. À Tortezais, dans l’Allier, c’était 12 jours, a relevé La Chaîne Météo.
De toutes les communes de France, ces villes n’étaient pas les plus attendues au tournant de la canicule… Et pourtant elles nous ont, malheureusement, surpris. Entre les reliefs, le type de sol et les vents… Plusieurs facteurs ont joué sur ces températures. Le météorologue et climatologue Jeremy Surcin, membre de l’association Météo Centre-Val-de-Loire, nous explique.
L’avantage du littoral
“En Occitanie, on est beaucoup plus près des côtes, donc on a cet effet de brise marine aussi, ce vent de mer apporte une certaine fraîcheur. Ça peut aller jusqu’à 20 km à l’intérieur des terres”, explique Jeremy Surcin. Alors à l’inverse, “sans cet effet marin, on a toujours une partie d’échauffement qui est beaucoup plus forte à l’intérieur”. Et cela même si la Méditerranée est “exceptionnellement chaude cette année”.
La latitude, et donc la différence nord-sud, joue par ailleurs sur l’ensoleillement. Par exemple à Montpellier, où le soleil s’est levé à 6 h 50 ce lundi, et se couchera à 20 h 47, il s’est levé à 6 h 54 et se couchera à 21 h 07 à Tours. Soit seize minutes de soleil en plus pour nos amis tourangeaux.
Question de terre
Au manque d’humidité dans l’air s’ajoute la sécheresse des sols. En Occitanie, il est majoritairement argilo-calcaire, “les argiles conservent plus l’humidité. On a un refroidissement qui est un peu plus important”, abonde l’expert du climat. Une protection qui a ses limites, nuance Jeremy Surcin : “Ça dépend du taux d’humidité dans le sol. Là, en ce moment, les argiles sont complètement asséchées, fissurées.”
Plus au centre de l’Hexagone, en Sologne par exemple, le sable prend le dessus : “Le sable s’assèche plus rapidement. L’eau s’infiltre plus facilement. Donc, on a une évaporation qui est beaucoup plus facile aussi. Résultat, on va avoir un échauffement plus important." Et puis, tout dépend du sable, “le sable noir chauffe beaucoup plus rapidement que le sable de mer.”
Jeux de reliefs
Enfin, un dernier phénomène, ultra-local, peut créer des bulles de chaleur ou de fraîcheur : l’effet de Foehn. Ici, tout dépend du relief : “On va avoir de l’humidité sur un versant du relief, où il va pleuvoir. Par contre, de l’autre côté, l’air va s’assécher et, en s’asséchant, il va se réchauffer.” On parle alors d’une différence de température notable, de plusieurs degrés, entre un versant et un autre. Sur le Massif Central, sur les Vosges, les Alpes ou les Pyrénées… En fonction du sens du vent, le phénomène est régulièrement constaté. Dans le cas du centre du pays, il peut arriver que le “côté terre” soit réchauffé, là où le “côté littoral” est rafraîchi.
Isolés, ces facteurs ne sont pas seuls responsables de la hausse du mercure dans les régions du centre de la France. Assemblés, ils deviennent les parfaits ingrédients de pics de chaleurs extrêmes.