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Cancer du sein métastasique à 43 ans ou en rémission depuis plusieurs années : elles témoignent pour inciter les femmes à se faire dépister

Alors qu’Octobre rose, mois de sensibilisation au dépistage du cancer du sein et plus généralement aux cancers féminins, est lancé, Midi Libre a interviewé deux Gardoises, touchées par la maladie. L’une est bénévole à la ligue contre le cancer à Bagnols-sur-Cèze, l’autre en suit les soins de support. Deux témoignages pour inciter au dépistage.

Sabine et Anne-Marie sont deux Gardoises touchées par un cancer du sein. Alors qu’Octobre rose, mois de sensibilisation au dépistage des cancers féminins, est lancé, elles ont accepté de témoigner à l’antenne bagnolaise de la ligue contre le cancer pour inciter les femmes à se faire dépister.

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"Je m’étais aperçu que le mamelon d’un de mes seins était rentré. Je me suis dit que c’était dû à un tendon… J’étais alors ouvrière agricole. Puis ça a commencé à me faire mal. J’ai mis un an pour aller voir une sage-femme" se souvient Sabine, maman de deux jeunes enfants. Les résultats de la mammographie tombent comme un couperet en février 2025 : "plein de ganglions". Là, "le temps se transforme, je suis entrée dans une valse…" IRM, scanner, biopsie se succèdent. "La première biopsie, ça a été une souffrance atroce, l’anesthésie locale n’avait pas marché" se souvient-elle encore. "On ne me disait rien. C’est une amie qui avait eu un cancer qui a prononcé le mot".

Sabine pense que c’est un cancer localisé, mais après avoir fait un Tep scan (examen d’imagerie médicale) à l’Institut de cancérologue du Gard de Nîmes, la quadragénaire apprend qu’il est métastasé dans les os. "L’attente a été très dure" puis tout se met en place. Ni opération du sein, ni chimiothérapie mais une thérapie ciblée et de l’hormonothérapie. "Je devais prendre deux cachés par jour, seule à la maison", avec comme effet secondaire "une ménopause clinique". Elle arrête de travailler, obtient l’AAH (allocations aux adultes handicapés).

Depuis, Sabine est passée par plusieurs traitements. "J’ai eu un nouveau ganglion" et après une autre biopsie, on lui annonce que son cancer est hormono résistant. Il lui est proposé de participer à un essai clinique, "l’attente a été horrible", mais finalement elle n’a pas de place. Ce sera une chimiothérapie par intraveineuse à l’hôpital de Bagnols-sur-Cèze, "pendant six mois. Entre-temps j’ai eu un staphylocoque doré au Pac (un petit boîtier implanté sous la peau pour administrer la chimiothérapie, ndlr)". Cette fois, avec la perte de ses cheveux, de ses cils, "la peau qui vieillit", la prise de poids… puis retour à l’hormonothérapie en attendant de nouveaux examens en ce mois d’octobre.

Le soutien de leurs familles et de leurs proches

Grâce à une de ses amies, qui a créé l’association gardoise Le Cœur des femmes, Sabine a pu bénéficier d’un séjour de répit pour les femmes atteintes d’un cancer du sein métastatique. D’ailleurs ce dimanche 4 octobre, elle sera à ses côtés à Uzès pour le départ de la course Les Duchesses d’Uzès, organisé dans le cadre d’Octobre rose. Elle participe aussi régulièrement aux ateliers de soins de support proposés par la ligue contre le cancer à l’antenne d’Uzès et de Bagnols-sur-Cèze. "Ça me fait du bien !"

"Cette épreuve me donne une énergie folle. J’ai envie de vivre" sourit la jeune femme, solaire. "Ce qui me fait tenir, ce sont mes enfants, mon compagnon, tout l’amour que j’ai autour de moi".

Comme Anne-Marie Rouquairol, soutenue par "ses enfants, son mari, ses proches…" quand elle doit se battre contre un cancer du sein en 2018, à l’âge de 64 ans. "Après une mammographie, que je passais régulièrement, on m’a envoyé à Montpellier pour faire une biopsie". Le verdict est sans appel : un carcinome in situ, une petite tumeur localisée. La Bagnolaise subit alors une tumorectomie, suit des séances de radiothérapie, avec toujours cette angoisse qui l’étreint. "J’ai dû être réopérée, il restait des traces".

Cette professionnelle de santé décide de ne pas s’arrêter de travailler, "seulement trois jours sur toute la période de mon cancer ! Le travail m’a tenu, je me disais : je suis plus forte que le cancer". Tous les soirs, elle part faire sa radiothérapie à Nîmes. "Je n’ai jamais souffert de rougeurs. J’allais voir un coupeur de feu".

La Bagnolaise est aujourd’hui "en super rémission, a priori" et s’est engagée comme bénévole à la ligue contre le cancer, "que je n’ai connu qu’après ma maladie. La ligue n’est pas assez mise en avant dans les hôpitaux, regrette-t-elle, alors que les soins de confort qu’elle propose sont très importants". Anne-Marie est très active au sein de la ligue, "elle est mon binôme" sourit Nina Ehrmann, responsable de l’antenne locale bagnolaise. Anne-Marie est d’ailleurs l’une des "gentilles organisatrices" de la soirée qui se tient chaque année à la Moba, la coopérative musicale de Bagnols, pour Octobre rose.

"La vie après un cancer ? Il faut la reprendre le plus vite possible, avec quelques aménagements. J’ai beaucoup de chance, mon cancer a été pris à temps grâce aux mammographies que je continue de faire" explique la septuagénaire qui incite les femmes à faire des dépistages et "de ne pas attendre". "Trop peu de gens le font. Il faut en parler. Octobre rose permet de mettre le focus dessus". Elle recommande même de faire des mammographies avant l’âge du dépistage organisé (de 50 à 74 ans), notamment "quand il y a des cancers dans les familles comme la mienne". Et après 74 ans, "une de mes amis a été diagnostiquée à 80 ans !".