taraskuzio.com

« Ça me laisse un goût amer » : le Niçois Aleksa Mitrovic était proche de l’exploit aux mondiaux de judo de Bakou

Comme pour Clémence Emé, c’était un baptême du feu, ses tout premiers championnats du monde. Et il a bien failli en devenir l’un des héros les plus improbables.

Rentrer dans l’Histoire du judo par une porte dérobée… Dans cette caté des moins de 90 kg, il n’était pas forcément celui qui incarnait, aux yeux du staff tricolore, les meilleures chances de podium. La pression (accentuée encore par les propos « aigres-durs », tenus la veille par le président de la Fédé, Stéphane Nomis, pour qui ces Mondiaux sont plutôt déceptifs), pesait davantage sur les épaules de Maxime-Gaël NGayap Hambou, médaillé aux JO de Paris et situé bien plus haut sur la world ranking list.

Mais le Niçois, désormais licencié à Monaco, où il bénéficie du coaching avisé d’un certain Loïc Piétri, a été tout proche de transformer en balade onirique cette virée à Bakou à laquelle il n’a donc été convié qu’au tout dernier moment.

Ce jeudi, pour son entrée en lice, face à l’Ouzbek Umar Bozorov, un adversaire qu’il avait déjà battu, fin août, lors de sa campagne victorieuse menée aux Jeux Méditerranéens, Mitrovic a d’abord intelligemment posé son judo. Avant de « sortir » un ippon qui lui ouvrait en grand les portes du tour suivant. Où le défi, cette fois, semblait bien plus immense encore. En face, se dressait en effet le Coréen Jonghoon Kim, N°6 mondial, champion d’Asie et médaillé deux fois en Grand Chelem cette année. Il en eut toutefois fallu bien davantage pour intimider, déstabiliser un garçon qui, jusqu’au bout, ne lâchera rien. Faisant la dif’ sur un yuko certes minimaliste, mais opportunément efficace…

Manque d’expérience

En 8es de finale, bien que mené face au Tchèque Adam Kopecky, le judoka aux genoux sept fois suppliciés, a une fois encore épaté toute la planète judo. Lançant, à 1’40’’ du terme, un o-uchi-gari qui mettait son adversaire sur le dos. Ippon et direction les quarts… Las, face à l’Azerbaïdjanais Murad Fatiyev, le Levensois a semblé soudainement « manquer de jus ». Concédant deux yuko, puis un ippon (sur un sankaku-gatame), ce qui le condamnait à passer par les repêchages et à affronter le jeune Serbe Boris Rutovic.

Contre qui, malheureusement, il gâchait tout dans les dernières secondes, échouant ainsi aux portes d’un combat pour le bronze contre son compatriote NGayap Hambou. Frustrant !

« Ça me laisse en effet un goût amer. Mais je n’ai eu aussi qu’une bien courte préparation, et j’ai manqué de cardio pour rester suffisamment lucide… Maintenant, j’ai donné tout ce que j’avais et j’ai pris en expérience. Je reste donc positif, d’autant que je reviens vraiment de nulle part… »

Un jour « sans » pour la Laurentine Clémence Emé :

Autant, voire plus de regrets encore, du côté de Clémence Emé (tête de série n°5 en -70kg). Classée sur les 5 Grands slams auxquels elle a participé cette saison, et dans une dynamique positive, la Laurentine visait les sommets. Et dès son entrée sur le tapis, dans un combat très fermé, elle eut le mérite de prendre un peu plus d’initiatives que la grecque Elisavet Teltsidou, qui après avoir écopé de trois shidos, lui laissait donc le champ libre. Mais au tour suivant, Nauana Silva, Brésilienne de 23 ans, argentée sur le dernier Grand Prix du Pérou, ne lui a pas offert l’occasion de poursuivre plus loin l’aventure. Dommage. « On a beau venir au top de sa forme, sur une compet’ comme celle-là, il n’y a ni place pour le doute, ni droit à l’erreur, a-t-elle confié, le timbre de voix résigné. Je l’ai appris à mes dépens. C’était mes premiers Mondiaux, il y en aura d’autres, mais il faut désormais se remobiliser, apprendre de l’échec et repartir au travail… »