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'Ça me convient mieux qu’un travail salarié': le nombre d’étudiants indépendants explose - RTBF Actus

Le nombre de jeunes bénéficiant du statut d’étudiant-indépendant en Belgique, soit des étudiants qui exercent une activité professionnelle indépendante en plus de leurs cours, a atteint un niveau record de 9155 personnes, a indiqué vendredi l’organisation patronale flamande Unizo. Après un recul enregistré ces dernières années, une hausse de 5% a été constatée entre 2024 et 2025, pointe Unizo, sur la base des chiffres de l’Inasti. Le précédent record était établi à 9114 personnes sous ce statut en 2021.

Une plus grande liberté

Aurélie a 22 ans et étudie la psychologie à Liège. Depuis quelques mois, elle a lancé sa boîte de customisation de baskets : "Avant de me lancer, j’avais déjà eu quelques jobs étudiants plus classiques, notamment en magasin ou dans l’horeca. Mais ma situation rendait les choses assez compliquées : j’alterne chaque semaine entre Liège, où j’étudie, et le Hainaut, où je vis chez mes parents."

Je devais donc constamment choisir

"Je devais donc constamment choisir entre travailler en semaine, au risque de surcharger encore davantage mon emploi du temps avec les études, ou travailler le week-end, quitte à sacrifier du temps avec ma famille ou mes amis. Avec la peinture, j’ai trouvé une forme de liberté que je n’avais pas auparavant. Je peux travailler aussi bien à Liège que chez mes parents, ce qui me permet d’être beaucoup plus flexible et autonome dans mon organisation. Et, mis à part le fait de devoir parfois me promener dans le train avec dix kilos de matériel artistique, il y a finalement très peu d’inconvénients à ce fonctionnement."

Valentin lui, s’est lancé dans le nettoyage de voiture à domicile : "Je suis actuellement en troisième année d’architecture intérieure et, en parallèle de mes études, je me suis lancé comme étudiant indépendant dans le nettoyage automobile à domicile, il y a environ quatre mois."

Le jeune homme de 23 ans, originaire de Malmedy, a également été convaincu par l’aspect "temps" : "Ce qui m’a principalement attiré dans ce statut, c’est la liberté qu’il offre. Pouvoir gérer son temps, organiser son propre planning et adapter son activité à ses études apporte une flexibilité qui est parfois plus difficile à trouver lorsqu’on travaille pour quelqu’un d’autre."

On apprend à entreprendre

"Mais au-delà de cette liberté, je trouve que c’est aussi une véritable expérience : on apprend à gérer sa comptabilité, ses relations avec les clients, son organisation… Finalement, on apprend à entreprendre. Je ne me suis pas lancé dans cette activité uniquement pour gagner de l’argent ou subvenir à mes besoins. C’était surtout l’envie de créer quelque chose par moi-même, de voir si une idée pouvait fonctionner et, pourquoi pas, de la développer davantage par la suite. C’est cette dimension entrepreneuriale qui m’intéresse particulièrement."

Un statut simplifié

"Aujourd’hui, on compte plus de 9000 étudiants indépendants, et ce chiffre se maintient à un niveau particulièrement élevé depuis quatre à cinq ans. C’est le résultat d’une progression importante au cours des premières années et, surtout, c’est très positif par rapport aux objectifs que nous nous étions fixés lors de la création du statut", analyse Renaud Francart, chargé d’études à l’UCM, l’Union des Classes Moyennes.

Créé en 2017, ce statut n’a pas encore 10 ans. L’idée d’origine, était assez simple : permettre à un étudiant qui souhaite entreprendre de bénéficier de facilités comparables à celles dont bénéficie un étudiant qui travaille comme salarié. Que ce soit en matière de cotisations sociales, de fiscalité ou d’allocations familiales, : "L’objectif était de faire en sorte que le choix de devenir indépendant ne soit plus pénalisant. Certains étudiants renonçaient à se lancer par peur de perdre leurs allocations familiales ou d’avoir des conséquences fiscales pour leur ménage", complète Renaud Francart.

Ces 9000 étudiants entrepreneurs ne sont pas seulement des entrepreneurs : ce sont aussi des jeunes qui testent, qui expérimentent et qui apprennent.

Pour l’Union des classes moyennes (UCM), le fait de voir aujourd’hui plus de 9000 étudiants entrepreneurs est donc très encourageant : "Derrière ce chiffre, il y a surtout des jeunes qui expérimentent", réagit Renaud Francart, conseiller UCM spécialisé en sécurité sociale. "Certains lancent véritablement un nouveau projet d’entreprise, d’autres commencent simplement à tester l’activité indépendante, parfois dans des domaines qui pourraient également être exercés comme job étudiant salarié."

Démystifier ce que signifie réellement devenir indépendant

"L’un des grands intérêts du statut, c’est aussi de démystifier ce que signifie réellement devenir indépendant", continue Renaud Francart. "Les étudiants peuvent se rendre compte des compétences qui leur manquent encore et, surtout, découvrir qu’ils peuvent être accompagnés. Des structures comme l’UCM, mais aussi les incubateurs présents auprès des hautes écoles et des universités, peuvent justement les aider à franchir ces premières étapes."

Les étudiantes se lancent moins

Les statistiques montrent cependant une proportion déclinante de femmes depuis cinq ans. Elles représentaient 40,7% des jeunes entrepreneurs en 2021, contre 34,4% quatre ans plus tard. Le nombre d’étudiantes concernées a toutefois grimpé l’an dernier (+ 2,5%), pour la première fois depuis 2021, signale l’Inasti. Néanmoins, la croissance reste plus importante côté masculin. "Motiver les jeunes femmes à franchir le pas de la création d’entreprise reste une priorité absolue", a réagi la ministre des Classes moyennes, des Indépendants et des PME, Eléonore Simonet (MR), dans le communiqué d’Unizo.

Les professions libérales représentent le domaine d’activité privilégié des étudiants-indépendants, avec près de quatre jeunes sur dix, devant le secteur du commerce et l’industrie.