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« Ça brasse en ville » : Valérie Plante présente l’envers de la…

Après avoir dirigé Montréal pendant huit ans à titre de mairesse, Valérie Plante a voulu explorer d’autres villes pour voir comment elles font face aux défis du quotidien. Pour la série Ça brasse en ville, qui sera présentée à TV5 à compter du 11 septembre, l’ex-politicienne a choisi de donner la parole aux citoyens qui prennent les choses en main et se mobilisent pour améliorer leur milieu de vie.

Jusqu’au début des années 1980, la baie de Hann, sur la côte est de Dakar, figurait parmi les plus belles plages du monde. Aujourd’hui elle est devenue un dépotoir à ciel ouvert. Et les eaux usées de la ville sont rejetées dans la mer sans traitement même si la réglementation l’interdit.

« Avant, c’était une carte postale. Les eaux étaient calmes et claires, très poissonneuses. On se baignait, on jouait au foot. Mais aujourd’hui, on ne peut plus se baigner à cause du plastique et des déchets organiques », déplore Mbacké Seck, militant pour la dépollution de la baie de Hann, dans le premier épisode présenté aux médias mardi. En attendant des actions concrètes des gouvernements, des citoyens ont donc entrepris de nettoyer les berges chaque semaine. Sac en main, Valérie Plante a d’ailleurs prêté main-forte à l’équipe de nettoyage.

L’ex-politicienne a voulu tourner les projecteurs vers les citoyens qui sont au cœur de l’action dans leur ville. Elle a ainsi visité Dakar, Kigali, Medellín, Porto, Oslo et Buenos Aires afin d’en tirer six épisodes de 48 minutes. « J’avais envie de gratter le vernis. Parce qu’une ville parfaite, ça n’existe pas », explique Valérie Plante en entrevue au Devoir après le visionnement de presse. « Ce n’est pas une émission de cartes postales. Ce n’est pas non plus une émission de voyage où je vais proposer les meilleurs restaurants. Il y en a qui sont bien plus compétents que moi pour faire ça », dit-elle.

Des idées pour Montréal

Pour ce mandat qu’elle a décrit comme un « tournage de brousse » compte tenu des conditions de tournage parfois difficiles, Valérie Plante est devenue animatrice, intervieweuse et documentariste. Et, volontairement, elle n’a pas voulu rencontrer les maires ou représentants officiels qui, dit-elle, sont moins nuancés. Elle ne peut s’empêcher de rire en disant ces mots.

L’ancienne politicienne, qui a quitté ses fonctions de mairesse en novembre dernier, explique avoir été approchée par la maison de production TORQ pour ce projet. La proposition lui a plu. « J’ai reçu toutes sortes de propositions au cours de la dernière année. De belles propositions, mais je n’étais pas pressée. Je voulais trouver quelque chose qui continue à nourrir ce dans quoi je suis bonne et ce que j’aime. J’aime les villes », explique-t-elle. « TV5, qui a aimé le concept, m’a donné beaucoup de latitude. J’ai eu la chance de travailler avec Sabrina [Hammoum], qui est une réalisatrice d’une grande sensibilité. »

Elle admet que le développement du transport en commun dans plusieurs villes qu’elle a visitées fait envie. « Ils ont développé leur transport collectif au fur et à mesure que la population augmentait. Ils n’ont pas des projets d’infrastructures en transport une fois aux 25 ans », lance-t-elle.

D’autres idées pourraient inspirer Montréal. Elle évoque les « corbeaux et corneilles de nuit » à Oslo, des équipes composées de bénévoles qui veillent pacifiquement au bon déroulement des fêtes, rassemblant notamment des jeunes dans les rues et parcs de la ville.

À Porto, elle s’est intéressée à la crise du logement. « À Porto, il n’y a aucune règle face à la location à court terme, alors qu’ici, on agit. Notre règlement n’est peut-être pas parfait, mais ça envoie un message. »

Valérie Plante a aussi écrit un roman, Grenades, à paraître le 17 septembre prochain, et accepté un poste d’experte invitée à l’Université de Montréal. Ce qui est sûr, c’est que la politique ne lui manque pas. Un jour peut-être ? « On ne peut jamais dire jamais. Je n’avais pas prévu de faire de la politique la première fois. Ça se pourrait que j’en refasse. Mais ce n’est pas ça qui me fait vibrer en ce moment. »

Et elle l’a dit maintes fois : pas question pour elle de commenter le travail de celle qui l’a succédé à la mairie de Montréal, Soraya Martinez Ferrada. « Je ne serai pas une gérante d’estrade ».