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C’était vieux avant : juillet 1976 – En mémoire de Daniel Senet, premier Picard médaillé olympique

Le premier médaillé olympique picard a quitté cette terre il y a un mois. En 1976 au Canada, l’haltérophile Daniel Senet avait déjà rejoint l’Olympe en compagnie d’un autre champion bien de chez nous, le cavalier Marc Roguet.

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Pas question de chauvinisme dans cette une : la médaille de Daniel Senet est un authentique exploit qui mérite d’être salué en fanfare.
Pas question de chauvinisme dans cette une : la médaille de Daniel Senet est un authentique exploit qui mérite d’être salué en fanfare.
Par Tony Poulain Publié: 18 Juillet 2026 à 07h25

Temps de lecture: 3 min

La dépêche, décalage horaire avec Montréal oblige, est tombée sur les téléscripteurs à 3 h 38 le matin même. À… l’arrachée, le Courrier picard réussit à proclamer en une de son édition du jeudi 22 juillet 1976 : « L’Amiénois Daniel Senet médaille de bronze chez les légers », mais c’est bien le lendemain que le journal peut s’épancher sur l’exploit de notre haltérophile, « premier médaillé picard de l’histoire des JO », tout en reproduisant le télégramme qu’il lui a adressé : « Admiration et félicitations chaleureuses du Courrier picard et de tous ses lecteurs pour ta brillante performance ».

Pas une surprise

« Une surprise ? Pas pour tout le monde » est le titre de la page intérieure qui retrace les mois et les années de préparation du jeune homme timide, champion d’un sport méconnu qui n’entre dans la lumière qu’une fois tous les quatre ans. Senet est « discret jusqu’à l’effacement » mais animé d’une soif de vaincre inextinguible. « Je suis un gagneur », aime-t-il répéter.

Sa médaille de bronze, il la partage avec nos lecteurs dans une photo également publiée en une. Sa saveur est incomparable ; celle d’argent, qui lui sera attribuée quelques mois plus tard suite au déclassement du Polonais Kaczmarek, dopé aux stéroïdes, sera bien fade en comparaison. Quatre ans plus tard, à Moscou, Daniel Senet finira quatrième. Il quitte la compétition à 28 ans, sur un coup de tête, sans prévenir sa fédération qui l’aura saumâtre. Entraîneur dans des pays étrangers, il reviendra à Amiens. Le 16 juin dernier, il a rejoint le paradis des champions, toujours aussi discrètement…

« J’aimais aller vite »

Lui est toujours bien vivant et constitue la deuxième merveilleuse surprise de Montréal : « Le cavalier picard Marc Roguet médaille d’or avec l’équipe de France de saut d’obstacles », triomphe l’édition du 2 août (l’exploit a eu lieu dans la nuit du 1er au 2, heure française). Âgé de 83 ans, il vit toujours à Pargny, entre Péronne et Nesle. Quel personnage ! « À cette époque, l’équitation était réservée aux gens aisés, qui privilégiaient l’équitation élégante et sans risques. Moi j’étais inconscient, j’aimais aller vite, et je gagnais grâce à ça », confiait ce grand ami de Gérard Larcher, président du Sénat et ancien vétérinaire équin, à notre confrère et collègue Vincent Fouquet en 2024.

L’émotion est telle que dans le même article, le Courrier baptise sa monture Belle de mars et Belle de mai (en fait c’est mars) ! La France, cette année-là, ne ramène que deux breloques en or d’une compétition qu’illumine la gymnaste roumaine Nadia Comaneci : celle des cavaliers et celle de Guy Drut, sur 110 mètres haie. Les Hauts-de-France en force !

Les gars des ventes ne perdent jamais le nord !
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Jacques Charmoz, auteur de ce magnifique dessin de pub, mériterait à lui seul un article : il fut skieur aux Jeux Olympiques, créateur de l’équivalent des chasseurs alpins au Chili, pilote de guerre pour les Anglais, pilote de ligne pour Air France, illustrateur, auteur de BD, peintre. Ouf !
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