"C'est une lutte quotidienne pour toutes les populations" à Gaza dans un territoire "sans perspective", alerte Médecins sans frontières
Coordinatrice d'urgence à Médecins sans frontières, Amande Bazerolle dresse un an après la mise en place d'un fragile cessez-le-feu ainsi que trois ans après le début des représailles de l'armée israélienne après les attaques du 7-Octobre.
Radio France
Publié le 09/10/2026 07:32
Temps de lecture : 1min
La vie à Gaza représente "une lutte quotidienne pour toutes les populations, pour pouvoir avoir accès à l'eau, à de la nourriture, aux soins", dans un territoire "sans perspective", alerte vendredi 9 octobre sur France Inter Amande Bazerolle, coordinatrice d'urgence à Médecins sans frontières (MSF). Elle dresse un bilan un an après la mise en place d'un fragile cessez-le-feu et trois ans après le début des représailles de l'armée israélienne après les attaques du 7-Octobre.
"Tout est compliqué à Gaza aujourd'hui et on est vraiment dans un territoire qui est complètement détruit, anéanti", détaille Amande Bazerolle, qui a été chef de mission à Gaza pendant plusieurs mois et qui reste en lien avec ses équipes sur place. Actuellement, "il y a encore deux millions d'habitants sur 30% du territoire, puisque 70% est occupé par les forces israéliennes", rappelle l'humanitaire. Une population qui vit "dans des camps, sur des kilomètres", puisque "80% du bâti a été détruit". Le tout dans des conditions "très précaires".
Les gens ont six litres par jour d'eau potable et à peu près l'équivalent pour de l'eau domestique, c'est-à-dire rien du tout.
Amande Bazerolle, coordinatrice d'urgence à Médecins sans frontières (MSF)
à France Inter
Sur place, l'accès à l'eau reste très compliqué, décrit Amande Bazerolle, car "l'eau n'est pas potable à Gaza". "Il faut la transformer", mais "les usines ont été bombardées". Elle explique que MSF a essayé de faire rentrer des petites unités de dessalement "mais rien ne rentre aujourd'hui à Gaza", déplore-t-elle. Concernant le système de santé, la coordinatrice de Médecins sans frontières parle d'une situation "extrêmement compliquée". Elle rappelle que "la grande majorité des hôpitaux ont été en grande partie touchés" dans l'enclave palestinienne. Les médicaments "rentrent vraiment en très peu de quantités" et encore "20 000 personnes sont en attente d'évacuation médicale". "Très peu sortent, très peu sont accueillis dans des pays tiers", constate l'humanitaire.
Amande Bazerolle souligne aussi que les bombardements continuent sur l'enclave palestinienne malgré le cessez-le-feu. Selon le ministère de la Santé, placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont considérés comme fiables par les Nations unies, les opérations israéliennes à Gaza ont fait 1 286 morts depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu en octobre 2025. "Tout continue de se délabrer et il n'y a plus de pression diplomatique aujourd'hui pour essayer de faire entrer l'aide humanitaire et soutenir les populations", constate la coordinatrice d'urgence, pour qui "il n'y a pas de reconstruction possible à Gaza". "Il faudrait d'abord déblayer, nettoyer, il faudrait avoir accès au territoire à nouveau", plaide Amande Bazerolle.
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