"C’est un monde qui détruit" : avec déjà douze condamnations, un jeune de 29 ans repart en prison pour avoir livré des stups à la maison d’arrêt de Nîmes
Il était sorti de prison depuis juin 2024. S’il a expliqué devant le tribunal, ce vendredi 10 juillet, tous les efforts qu’il a fait pour se réinsérer, c’est bien pour des faits liés aux stupéfiants qu’il a, de nouveau, été interpellé. En l’occurrence, la livraison de drogues à la maison d’arrêt de Nîmes.
"Vous aviez beaucoup à perdre", lui lâche, ce vendredi 10 juillet, la présidente du tribunal. Face à elle, dans le box des prévenus, un habitué des audiences. Âgé de seulement 29 ans, il a déjà été condamné à douze reprises, notamment pour des faits de séquestration, transport d’arme de guerre et association de malfaiteurs. Un crime pour lequel il a écopé de huit ans de prison à la cour d’assises du Gard.
"Tout est en train de s’effondrer"
Ce vendredi, il était jugé pour la livraison de drogues à la maison d’arrêt de Nîmes, qui s’est soldée par une course-poursuite sur plusieurs kilomètres. Chauffeur lors de cette mission, il a été interpellé avoir trois mineurs. 27 grammes d’herbe de cannabis ont été retrouvés dans le véhicule. S’il reconnaît les faits, ce Marseillais, installé depuis à Nîmes pour s’éloigner de l’emprise des narcotrafiquants, assure avoir tourné la page de la délinquance. "Pourquoi avoir fait cette mission alors ?", l’interpelle la présidente. "J’ai plus de 48 000 euros de partie civile à payer et la vie dehors est chère", s’explique-t-il.
Le prévenu évoque une "erreur", pour laquelle il s’est longuement excusé au cours de l’audience. Dans un discours hésitant, il lit les mots qu’il avait au préalable retranscrits sur une feuille de papier. "Avec cette première nuit en prison, j’ai l’impression que tout est en train de s’effondrer dans ma vie. Je ne suis pas une mauvaise personne, mais il est vrai que j’ai fait des mauvais choix. J’ai eu vraiment envie d’évoluer, être quelqu’un de meilleur. J’ai une femme qui me porte vers le haut, une famille. En détention, j’ai obtenu mon code et mon permis, j’ai travaillé. Ça m’a beaucoup aidé", liste-t-il dans un monologue.
Le "fléau" des livraisons par drone
S’il ne conteste pas son implication dans la livraison, il nie toutefois le rôle de pilote de drone. "Je comprends que pour certains, ma place est en détention par rapport aux actes que j’ai commis. Et je regrette ces actes. Mais l’univers carcéral, c’est pas une vie, c’est un monde qui détruit", reprend-il. Une réinsertion évoquée également par son avocat Me Romain Fugier. "Il est autre chose qu’un délinquant", insiste-t-il, demandant au tribunal de permettre à son client de poursuivre cette évolution "loin de la délinquance".
Une lecture qui n’est pas totalement partagée par le procureur qui ne croit pas que le prévenu est totalement sorti de la criminalité comme il l’assure. Il rappelle également le "fléau" que représentent les livraisons en maison d’arrêt, alimentant ainsi le trafic de drogues au sein même de l’établissement pénitentiaire. Il requiert deux ans de prison avec maintien en détention et confiscation des scellés. Le tribunal suit ces réquisitions. Il prononce également l’annulation du permis de conduire du prévenu ainsi que l’interdiction de le repasser pendant six mois. À l’issue de l’audience, il est donc reparti menottes aux poignets.