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« C’est un effet de mode, mais qui répond à un problème de société » : comment la folie du Pilates a-t-elle déferlé des grandes métropoles jusqu’aux collines niçoises ?

À Nice, la discipline s’installe désormais à chaque coin de rue.

Avec plus d’une trentaine de studios déjà recensés, la capitale azuréenne vibre au rythme du Pilates.

En France, près de 20 % de la population s’est déjà essayée à cette pratique, et plus de 62 % des adeptes réguliers sont des femmes âgées de 25 à 45 ans.

Un raz-de-marée venu du monde anglo-saxon, largement amplifié par les réseaux sociaux, qui a d’abord conquis Paris avant de venir s’imposer dans le Sud.

Son secret ? Rééquilibrer les chaînes musculaires, assouplir les articulations et soulager la colonne vertébrale grâce à des mouvements contrôlés et une respiration millimétrée.

Selon une étude de Harvard Health Publishing, sa pratique régulière réduirait même de 28 % les symptômes liés à l’anxiété.

Le restaurateur se sait bien épaulé...

Un nouveau studio sur les collines de Nice Ouest

Si l’hypercentre niçois concentre l’essentiel de l’offre, les collines restaient jusqu’ici les grandes oubliées.

C’est pour combler ce manque qu’Elsa Malara et Thomas Vaiarello, coachs sportifs, ont relevé le défi de créer Origine Studio.

Ouverte depuis le 31 août sur la Corniche Fleurie, cette salle intimiste répond à une forte demande des riverains.

Tous les deux cumulent plus de dix ans d’expérience dans le fitness et le bien-être.

« En centre-ville, les studios poussent comme des champignons, mais sur les collines, il n’y avait rien. Pourtant, il y a beaucoup d’habitations », remarque Thomas Vaiarello, avant de poursuivre : « Les gens en ont marre de devoir systématiquement prendre la voiture ou se battre pour se garer dès qu’ils veulent faire un peu de sport. Nous avons ouvert pour répondre à une forte demande dans le quartier. »

Les premiers retours n’ont pas tardé : les cours se remplissent et les clients sont ravis de se dépenser à proximité de chez eux.

Des cours en petit comité

Équipé de quatre Reformers, ces fameux chariots coulissants montés sur ressorts et d’un espace dédié au sol, le studio privilégie sciemment le format réduit.

« Être en petit comité permet de corriger chaque posture en temps réel, d’échanger et de créer un lien. Nos adhérents n’ont plus envie d’être perdus au milieu d’une grande salle », insiste l’entraîneur, qui donne quatre sessions par semaine et complète le planning avec sa compagne, Elsa Malara, et des intervenants extérieurs.

Pour Thomas Vaiarello, cette variété est essentielle : « Chacun a sa façon de transmettre et apprend différemment. Cela permet à tout le monde d’y trouver son compte. »

« Bouger sans s’épuiser »

L’engouement autour de cette activité s’explique par une mutation sociétale :

« Il y a dix ans, c’était l’explosion du fitness. Aujourd’hui, c’est celle du Pilates. C’est certes un effet de mode, mais c’est plus profond que ça : cela répond à un véritable problème de société. Les gens manquent de temps et passent leurs journées dans leur bureau. Quand ils viennent bouger, ils ne veulent plus se détruire le corps à soulever des charges lourdes. Le Pilates permet de bouger sans s’épuiser, d’entretenir son corps et d’effacer les douleurs de dos. »

Quant à la supposée rivalité avec le yoga, le coach tempère : « Ce n’est pas comparable. Le yoga porte une dimension philosophique et spirituelle qui lui est propre. Chacun fait son choix selon ses affinités. »

Un public bien plus hétéroclite qu’il n’y paraît

Bien que popularisé sur Instagram auprès d’une cible féminine, le studio voit défiler tous les profils. « De 30 à 60 ans, nous accueillons des femmes comme des hommes, des actifs pressés comme des seniors qui veulent préserver leur mobilité », précise le gérant.

Côté tarif, alors que les cours de Reformer flirtent souvent avec les 40 euros dans la capitale, le duo a fait le choix de la modération : dès 19 € la séance sur machine et 15 € pour le Pilates classique au sol ou le yoga (sur réservation via leur site internet).

« Les machines et les coachs représentent un investissement important, mais nous tenions à proposer des tarifs accessibles pour permettre au plus grand nombre de découvrir la discipline », conclut Thomas Vaiarello.