« C’est physique, je suis un vrai ch’ti » : où Jean-Pierre Papin se ressource-t-il ?
Jean-Pierre Papin (62 ans) et le football, c’est terminé depuis qu’il a quitté l’OM il y a plus d’un an. Le Ballon d’or se confie comme jamais dans un magnifique entretien accordé au journal « L’Équipe », dans lequel il parle de son combat pour sa fille Émily, de sa carrière bien sûr et de ses racines nordistes très profondes.
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Il faut lire ce bel entretien dans lequel « JPP » ouvre son cœur, se raconte avec tendresse et dévoile parfois son intimité avec toute la sincérité et la gentillesse qui le caractérisent.
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Vu de la région, un passage intéresse tout particulièrement quand il lui est demandé pourquoi il se revendique toujours aujourd’hui comme un « ch’ti » alors qu’il vit dans le Bordelais depuis 30 ans. C’est parce que « chaque fois que je vais là-bas, je respire. Et là, je me dis que je suis chez moi. C’est physique. Et puis, je suis un vrai ch’ti, né à Boulogne-sur-Mer. Au départ, j’ai habité à Maubeuge, élevé par ma grand-mère paternelle. Mes parents ont divorcé, j’avais deux mois, d’où le titre du bouquin (Itinéraire d’un enfant pas si gâté, Talent Édition), parce qu’au départ, en fait, tu n’as que des emmerdes… », explique-t-il.
« Les emmerdes », c’est cette enfance douloureuse où rien ne lui a été donné dans un contexte familial compliqué. « J’étais un peu tiraillé. Je suis resté avec ma grand-mère jusqu’à mes 12 ans. Ma mère m’a ensuite réclamé et je suis reparti chez maman. Par la suite, ça a été le jeu des chaises : je ne suis pas bien là-bas, donc je vais chez mon père. Je repars chez ma mère. À 15 ans, il a fallu faire un choix et je suis parti à Vichy (à l’INF dans l’Allier). Je ne supportais plus cette vie », raconte-t-il.
« Ton père n’a jamais fait les bons choix, ne l’écoute pas ! »
Les souvenirs de cet essai à l’institut national du football (l’ancien Clairefontaine) sont très frais dans sa mémoire. « À mon retour de Vichy où j’avais passé le concours d’entrée à l’INF, je suis arrivé à Montparnasse, mais je devais aller jusqu’à la gare du Nord en métro pour prendre mon train pour Valenciennes. J’avais 17 ans, je ne connaissais rien de Paris et je suis arrivé en retard. Je n’ai prévenu personne. Je suis allé à Porte de la Chapelle faire du stop, et c’est un chauffeur de poids lourd qui m’a déposé sur le bord de l’autoroute. Il était 6 heures du matin, je suis allé directement voir ma grand-mère. < Je suis pris ! > Elle me répond : < Et ton père, il veut quoi ? > Je lui rétorque : < Papa, il aimerait que je reste à Valenciennes, signer aspirant. > Et là, elle m’a dit une phrase qui, non seulement, m’a bouleversé, mais qui a été mon baromètre toute ma carrière : < Ton père, il n’a jamais fait les bons choix, ne l’écoute pas ! > »
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