« C’est le plaisir des yeux » : du verre en fusion aux bijoux XXL, Biot célèbre l’art verrier tout le week-end
Les petites étincelles rougeoyantes hypnotisent les spectateurs venus remplir les bancs de l’atelier Pierini.
Dès 10 h, la démonstration de l’un des invités d’honneur dannois, Tobias Møhl, débute sous les regards émerveillés du public.
Patrice Lapoirie / Nice-matin
Certains immortalisent ces instants à travers leur objectif, tandis que d’autres les retranscrivent en croquis. « On voit tous les petits détails qu’on ne pourrait pas voir autrement. Dans ce domaine, on partage sans aucune limite », confie Claire, originaire de Saint-Laurent-du-Var et étudiante en bachelor de verrerie en Angleterre.
Être à l’unisson
Patrice Lapoirie / Nice-matin
Un travail d’équipe où les gestes millimétrés semblent se jouer comme une partition musicale. À la verrerie Farinelli – Sébastien Sappa, l’artiste péruvienne pluridisciplinaire Romina Gonzales Bauer, installée à New York, donne vie au verre encore en fusion, au bout de la canne.
Parmi les techniques utilisées, l’air comprimé, qui « lui donne l’occasion de faire des formes très organiques », explique la commentatrice au micro. Un spectacle tout en précision.
« On est là pour montrer ce que l’on fait »
Patrice Lapoirie / PHOTOPQR/NICE MATIN/MAXPPP
Dans le village des chalumistes, l’ambiance est à la compétition. Toutes les deux heures, les artistes disposent de vingt minutes pour réaliser une œuvre sur un thème choisi par le public. Ce samedi, place aux animaux.
Philippe Mula, souffleur de verre au chalumeau installé en Vendée, participe pour la première fois à l’événement. « On est là pour montrer ce que l’on fait ! J’ai une formation de verrier scientifique, on l’est tous dans la famille. Je suis le seul à avoir dérivé du côté obscur », s’amuse-t-il.
Des étudiants en démonstration
Patrice Lapoirie / PHOTOPQR/NICE MATIN/MAXPPP
Soufflage, mosaïque, gravure… Dans la rue Saint-Sébastien, les ateliers accueillent les curieux voulant s’essayer à l’une des activités proposées. Paul, élève au lycée Dominique-Labroise, basé en Moselle, s’exécute au soufflage d’un bougeoir.
« Il fait maintenant l’anse avec une pince. Ce n’est pas la chose la plus facile, mais il y arrive bien », décrit sa camarade de classe, Pauline, en deuxième année du brevet métiers d’art. C’est sous les applaudissements qu’il termine sa démonstration.
« La relève est assurée »
À quelques pas de là, le centre européen de recherches et de formation aux arts verriers (Cerfav) s’attelle à la verrerie scientifique, enseigné dans deux écoles en France : « C’est tout ce qui est à destination des laborantins notamment », détaille Camille, élève en deuxième année créateur verrier, option verrerie scientifique.
Patrice Lapoirie / PHOTOPQR/NICE MATIN/MAXPPP
« C’est bien, la relève est assurée, constate Béatrice, venue du Var pour assister pour la première fois à la manifestation. C’est le plaisir des yeux. »
Un défilé haut en couleur
Photo Béatrice Courel / Nice-Matin
Quand les matières se mélangent, elles donnent naissance à un défilé haut en couleur et en lumière. Dans le jardin Frédéric-Mistral, des créations venues du monde entier sont présentées lors de ce défilé unique.
Russie, Irlande, Pologne, Norvège… Près d’une trentaine de créateurs dévoilent des bijoux XXL et des pièces de verre transformées en véritables accessoires de mode.
Ces œuvres seront ensuite exposées au musée d’Histoire et de Céramique biotoises jusqu’au 25 octobre.