"C’est comme cela qu’on fait des Samuel Paty" : des enseignants de collèges tirent la sonnette d’alarme suite à la relaxe d’un parent menaçant dans le Rhône

Image d’illustration. (© Tim Douet)
Les personnels des collèges Frédéric-Mistral de Feyzin et Jacques-Prévert de Saint-Symphorien-d’Ozon réagissent à la relaxe d’un parent d’élève poursuivi après avoir menacé un professeur d’EPS.
Ce lundi 28 septembre, les communautés éducatives des collèges Frédéric-Mistral de Feyzin et Jacques-Prévert de Saint-Symphorien-d’Ozon ont publié un communiqué commun pour dénoncer la relaxe prononcée par le tribunal correctionnel de Lyon concernant un parent d’élève.
Ce dernier était poursuivi après avoir menacé un professeur d’EPS en disant : "C’est comme cela qu’on fait des Samuel Paty". Une référence à l’assassinat de Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie tué en octobre 2020 lors d’un attentat terroriste à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines). Le tribunal a qualifié les propos tenus d’"inadmissibles", tout en prononçant la relaxe du prévenu.
Dans leur communiqué, les enseignants et personnels d’éducation ne cachent pas leur incompréhension par rapport à cette décision et apportent un soutien au professeur d’EPS concerné, qui aurait subi un "préjudice psychologique lourd". Ils considèrent également que la référence à Samuel Paty, assassiné dans l’exercice de ses fonctions, "ne peut en aucun cas être banalisé". Une déclaration du ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, publiée le 15 décembre sur X, selon laquelle qu’"aucune violence contre un personnel de l’Éducation nationale ne ser(ait) tolérée et aucune ne rester(ait) sans réponse" a été remise sur la table.
Ces derniers jours, plusieurs professeurs et personnels de l’Éducation nationale ont été menacés ou agressés.
Je veux leur dire une chose simple : l’institution sera toujours à leurs côtés.
On peut demander à rencontrer un professeur pour avoir des explications sur une décision…
— Édouard Geffray (@EdouardGeffray) September 15, 2026
Une demande de protection renforcée des personnels
Au-delà de cette affaire judiciaire, les enseignants réclament une protection renforcée des personnels confrontés à des violences ou à des menaces dans le cadre de leurs fonctions. Ils demandent que la protection fonctionnelle soit accordée de manière systématique et rapide aux agents menacés. "Le dialogue et la coéducation avec les familles sont essentiels, mais ils ne peuvent s'établir que dans le respect absolu de la dignité et de la sécurité des personnels. Déterminée, la communauté éducative continuera de faire bloc pour défendre la liberté d'enseigner, la laïcité et les valeurs de la République", concluent-ils.
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