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Burns, drifts, donuts, fumigènes: "rasso" illégal de 300 voitures à Marchienne-au-Pont, les riverains excédés (VIDEO)

Dans la nuit de samedi à dimanche, ce sont près de 300 voitures qui se sont rassemblées à Marchienne-au-Pont, à l'ouest de Charleroi, près des AMS. De minuit à 5 heures du matin environ, des centaines de personnes sont venus applaudir des drifts, des burns, des donuts et autres courses illégales, sous le bruit des crissements de pneus, la lumière et le bang des feux d'artifice et l'odeur des fumigènes. Les riverains sont plusieurs dizaines à s'en être plaint sur les réseaux sociaux. Car ces "rassos" pirates et illégaux se multiplient, un peu partout en Belgique, mais notamment à Marchienne. Où des voisins craignent d'ailleurs le 19 septembre, date annoncée par le collectif "La Piraterie" pour leur plus gros rassemblement d'Europe...

"Ils ne font rien de mal", peut-on souvent entendre. Pourtant, ces férus de bagnole qui privatisent des routes ouvertes et des zonings sont bel et bien un danger: ils n'ont aucune autorisation, ce qui fait qu'ils n'ont aucune obligation... notamment de prévoir des gardes ou des secouristes sur les lieux. Parfois, leurs voitures fortement modifiées n'ont ni assurance, ni contrôle technique. Donc en cas de pépin, on prend la fuite. À Froidchapelle, au début de l'été, une jeune fille a perdu sa jambe après avoir été percutée par une voiture. L'an dernier, le jeune Luigi, 24 ans, est mort après être tombé en voiture dans la Sambre alors qu'il faisait du drift le long de l'eau. Peu après ces faits, c'est un homme qui a été touché de plusieurs balles tirées par un autre participant du "rasso" avec lequel il avait eu un différend aux Lacs de l'Eau d'Heure. Ce ne sont pas juste quelques jeunes passionnés de voiture qui se rassemblent sans faire de mal à personne.

Même la police est désemparée face à l'ampleur du phénomène. À Charleroi, il n'y a qu'une douzaine d'agents mobilisables la nuit - au moment où les fous du volant se rassemblent. "Nos équipes ont tout de même surveillé la zone", indique la police locale. "On a envoyé plusieurs patrouilles et deux automobilistes ont été interpellés pour trouble à l'ordre public. Une centaine de voitures qui s'étaient rassemblées au Quick de Jumet ont fait route vers la rue Tourneur à Marchienne-au-Pont, pour rejoindre un rassemblement plus important."

Les organisateurs de ces rassos illégaux ont une organisation bien huilée: presque tout le monde est cagoulé, ils sont équipes de flashballs et de matériel pyrotechnique pouvant être utilisé comme des armes, et ils sont plusieurs centaines à faire pression et repousser les éventuelles patrouilles qui s'aventurent trop près. Contre, on le rappelle... douze policiers. "Aucune zone n'est équipée pour faire face à ça", confie un policier. "À part envoyer une équipe pour faire remonter les informations, on ne peut pas vraiment agir. Le phénomène a pris une telle ampleur, et les participants viennent de toute la Wallonie et du nord de la France, c'est donc une problématique d'envergure fédérale."

Justement, interrogé il y a 9 mois sur la question par le PTB, le bourgmestre de Charleroi Thomas Dermine (PS) rappelait que "jamais on n'envoie une patrouille seule face à des dizaines de véhicules. On essaie de prévoir des moyens en suffisance quand on sait qu'il y a un rassemblement. Mais on ne le sait pas toujours" Il disait aussi qu'il voulait des actions concrètes pour lutter contre ces "rassos". Coopération entre police locale et fédérale, saisies de véhicules par le parquet, placement de plots et de barrières aux endroits identifiés comme "à risques" pour empêcher les chauffards d'entrer.

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La réponse doit combiner intervention policière, prévention et sécurisation des lieux régulièrement utilisés

Où en est-on ? "Le site concerné ne dépend pas de la Ville", répond le cabinet du bourgmestre. "Pour prévenir de nouveaux rassemblements à cet endroit, il faudra une coordination avec les gestionnaires et exploitants du site, notamment privés. Mais au-delà de l'intervention policière qui s'est tenue ce week-end, et nous tenons à remercier les forces de l'ordre mobilisées face à un rassemblement d'une telle ampleur, un travail de prévention est engagé : des échanges et une concertation opérationnelles sont en cours avec les acteurs directement concernés pour sécuriser le site. Une réunion plus large est programmée prochainement pour identifier les points problématiques et les mesures plus pérennes qui pourraient être mises en œuvre plus largement. La réponse doit combiner intervention policière, prévention et sécurisation des lieux régulièrement utilisés."

Du côté du parquet de Charleroi, on confirme que le phénomène est global - sur tous les arrondissements judiciaires et pas qu'à Charleroi - et que les magistrats y portent une attention particulière, en ouvrant quand c'est possible des dossiers répressifs pouvant entraîner des condamnations (pour entrave à la circulation, rébellion, infractions au Code de la Route, etc.).

Interrogée sur les moyens mis à disposition de la lutte contre les rodéos urbains et les rassos, la police fédérale n'avait encore répondu à nos questions à l'heure d'écrire ces lignes.

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