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Budget 2027 : "C'est inacceptable", le député écologiste Benjamin Lucas fustige les suppressions postes d'enseignants voulues par le gouvernement

Publié le 13/10/2026 19:56

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Article rédigé par franceinfo - Édité par l'agence 6Medias

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Invité du "Duel" dans "Avant le 20h" sur franceinfo ce mardi 13 octobre, Benjamin Lucas, député Écologiste et social des Yvelines, a critiqué la suppression de 1 588 postes d'enseignants prévue dans le budget 2027 en raison de la baisse démographique. "C'est un décalage complet avec ce que sont les revendications lycéennes", assure le coordinateur national de Génération·s. "Je crois que tout n'est pas quand même question de moyens", estime de son côté Yannick Neuder, député Les Républicains de l'Isère, questionnant les 10 milliards d'euros demandés par le mouvement lycéen et étudiant.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.


Perrine Storme : Cinquième journée de mobilisation lycéenne, et c'est dans ce contexte que l'examen du projet de loi de finances débute aujourd'hui à l'Assemblée nationale. À ce stade, il prévoit 1,2 milliard de plus pour l'Éducation nationale, mais aussi la suppression de 1 588 postes d'enseignants. Benjamin Lucas, à Bercy, on défend un budget "préservé", celui de l'Éducation nationale, malgré un contexte de forte contrainte, et le gouvernement "ne fait pas d'économie sur la jeunesse". Ce sont les mots qui ont été employés par Édouard Geffray, le ministre de l'Éducation nationale. Qu'est-ce que vous répondez à cela ?

Benjamin Lucas : Ce n'est pas vrai. Le budget de l'Éducation nationale en France est 13 % inférieur à la moyenne des budgets de l'Éducation nationale dans les pays de l'OCDE, c'est-à-dire dans les pays qui économiquement sont comparables aux nôtres si on prend la moyenne. C'est un problème pour un pays qui se fait fort de défendre la jeunesse et l'investissement dans la jeunesse. Il y a des suppressions de postes dans ce budget. Il y a des classes qui ont fermé dans nos circonscriptions. On peut tous en témoigner à la rentrée de septembre. D'autres, si on en suit les orientations budgétaires qui sont prévues, fermeront encore dans les rentrées suivantes. C'est inacceptable et c'est un décalage complet avec ce que sont les revendications lycéennes aujourd'hui, notamment la demande de moyens supplémentaires, notamment la demande d'abrogation de Parcoursup. On entre dans une période de choix budgétaire. Il suffirait de revenir sur les cadeaux, les offrandes fiscales qui ont été faites par M. Macron aux plus fortunés et aux grandes entreprises ces 10 dernières années pour atteindre la moyenne des déficits dans l'Union européenne et ne pas être comme nous le sommes à la traîne parce que M. Macron a vidé les caisses pour servir ses amis.

Sur les suppressions de postes, un point sur lequel a répondu Édouard Geffray, qui dit qu'il n'y aura pas de postes supprimés au lycée parce qu'il y a un pic démographique. En revanche, à l'école, on va perdre 110 000 élèves, donc ce n'est pas illogique de perdre quelques centaines de postes de profs ?

Benjamin Lucas : Mais M. Geffray, il est ministre de l'Éducation nationale, il n'est pas expert-comptable. Pardon, mais il devrait se comporter en ministre de l'Éducation nationale. Défendre les élèves quand ils sont victimes de violences policières. Défendre son ministère dans les orientations budgétaires et pas se faire le VRP de la cure austéritaire de Bercy. Et je prends un exemple. Tous les pédagogues vous disent que moins il y a d'élèves par classe, plus on prévient le décrochage scolaire, plus on s'adapte à la réalité de chaque enfant, surtout dans les petites classes où l'évolution se fait, la maturité n'est pas la même, la façon dont on apprend n'est pas la même, etc. Et donc, on doit se servir de cette baisse démographique qui est réelle, que je ne conteste pas, pas plus que quiconque. On doit s'en servir pour réduire le nombre d'élèves par classe et pour remettre plus de moyens au service de la réussite éducative de nos enfants. J'insiste, c'est une priorité parce qu'aujourd'hui, l'école française demeure parmi les plus inégalitaires des pays riches et des pays de l'Union européenne. C'est un problème puisqu'on a une école qui est servie par des professeurs exceptionnels, par des familles engagées. Il n'y a pas de raison qu'on ait un système qui reste aussi inégalitaire.

Yannick Neuder, comment on peut répondre aux revendications des lycéens, aux absences des professeurs, aux classes surchargées, aux bâtiments insalubres, en supprimant des postes et en ne mettant pas plus d'argent sur la table ?

Yannick Neuder : Je crois que tout n'est pas quand même question de moyens. Je pense qu'il y avait des revendications qui étaient légitimes et je pense qu'ils ont eu le sentiment de ne pas avoir été suffisamment entendus. Et on peut comprendre que des lycéens qui se retrouvent sans professeur l'année du bac, qui se retrouvent avec des conditions d'enseignement pas satisfaisantes. Je pense notamment à la ruralité. Dans ma circonscription, on ne prend pas assez en considération peut-être dans les horaires des bus qui passent très tôt le matin pour pouvoir faire des journées très longues. Je pense que ces revendications sont légitimes.

La revendication des 10 milliards, elle est légitime aussi ?

Yannick Neuder : Les 10 milliards, je ne sais pas ce que ça veut dire, 10 milliards. C'est-à-dire qu'il faut être aussi prudent quand on voit…

Ils ont chiffré, il y a des économistes qui sont allés dans leur sens.

Yannick Neuder : 10 milliards d'investissement pour les lycées ? 10 milliards pour des postes de professeurs ? Je crois qu'il faut déjà différencier. Déjà, on sait très bien que les bâtiments et tout ça, ce sont les régions, ce n'est pas l'État. Il faut quand même déjà différencier les choses. Après, ce que je crois, ce sont les conditions d'apprentissage. Je pense qu'il y a une grande anxiété des lycéens par rapport aussi à l'absence de transparence de Parcoursup. Je pense que ce climat est relativement anxiogène. Je crois que les annonces du ministre de l'Éducation nationale ont été un peu surprenantes. J'avoue que d'annoncer 3 000 postes, on ne peut pas dire que ce n'est pas satisfaisant, mais on voit bien qu'il y a une difficulté d'adéquation. C'est-à-dire qu'on voit bien la difficulté de pouvoir pourvoir au bon remplacement, au bon endroit, dans les bonnes conditions.

Je comprends bien votre position du côté des Républicains puisque les discussions budgétaires vont débuter, sauf si la motion de rejet déposée par le PS est adoptée. Mais sur ces discussions budgétaires, est-ce que vous, du côté des Républicains, vous allez demander une augmentation du budget d'Éducation nationale pour répondre aux revendications ?

Yannick Neuder : Mais moi, je crois que ce n'est pas dans ces conditions-là que ça se gère. Je pense que déjà il y a la revendication qui est légitime, qui doit être écoutée, qui doit être entendue, qui ne doit pas avoir d'amalgame avec la partie casseurs, qui a œuvré et je pense que c'était l'image aussi qui a été donnée. Ce sont des revendications qui paraissaient légitimes, mais ce n'est pas en brûlant un bus comme ça a été le cas dans ma circonscription devant le lycée, que je pense qu'on fait gagner la cause. Maintenant, je pense que les choses sont en train de s'éclairer. Maintenant, sur les revendications, je pense qu'il y a beaucoup aussi de revendications qui ne sont pas strictement le budget de l'Éducation nationale. Je pense qu'il y a les conditions de vie, la réduction des APL, en tout cas la non-indexation, ces sujets-là.

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