taraskuzio.com

Brûlages dirigés, pare-feux, feu tactique... Découvrez ces techniques que les pompiers utilisent pour freiner et éteindre les incendies en Gironde

Climat Environnement S'informer

Du contre-feu au noyage, les soldats du feu maîtrisent plusieurs procédés pour tenter de ralentir les incendies les plus violents, protéger les zones menacées et éviter les reprises de flammes.

France Télévisions

Publié le 29/07/2026 05:55

Mis à jour le 29/07/2026 07:24

Temps de lecture : 3min

Un sapeur-pompier intervient sur une reprise de feu à Saumos (Gironde), le 27 juillet 2026. (ESTELLE RUIZ / AFP)
Un sapeur-pompier intervient sur une reprise de feu à Saumos (Gironde), le 27 juillet 2026. (ESTELLE RUIZ / AFP)

Lorsque le feu devient incontrôlable, les pompiers changent eux aussi de stratégie. Alors que l'incendie de Gironde, qui s'est déclenché le 22 juillet à Saumos, continue de mobiliser plus de 2 500 sapeurs-pompiers, la préfète, Sophie Brocas, a ordonné, mardi 28 juillet, "l'évacuation préventive des campings, villages-vacances et parcs de loisirs de Lacanau". Près de 4 000 personnes sont concernées par cette mesure, prise en raison d'une "hausse attendue des températures" et d'un vent plus sec, susceptibles de provoquer "des reprises de feu". Si l'incendie est désormais "stabilisé", il n'est toujours pas "fixé" et a déjà parcouru plus de 42 000 hectares.

Face à ce type d'incendie, les soldats du feu ne peuvent plus compter uniquement sur leurs lances. Pour ralentir la progression des flammes, protéger les secteurs les plus exposés et éviter les reprises de feu, ils mettent en œuvre des techniques qu'ils maîtrisent et parfois peu connues du grand public. Franceinfo fait le point sur cinq d'entre elles.

Le feu tactique

Le feu tactique, autrefois appelé contre-feu, consiste à allumer volontairement un incendie à l'approche du front de flammes. L'objectif est de brûler par anticipation la végétation qui pourrait alimenter le feu principal. Lorsque les deux foyers se rejoignent, il n'y a plus suffisamment de combustible pour permettre aux flammes de continuer leur progression. Cette technique, particulièrement délicate à mettre en œuvre, est réservée à des conditions météorologiques très précises et à des équipes spécialement formées.

Selon le Guide de techniques opérationnelles - Lutte contre les feux de forêts et d'espaces naturels (PDF) du ministre de l'Intérieur et de la Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC), sa mise en œuvre nécessite "une reconnaissance et une analyse des divers paramètres, de terrain, de relief, de végétation, de météo et d'une zone servant d'appui à l'allumage". Elle est assurée par un cadre spécialisé, sous les ordres du commandant des opérations de secours (COS). Elle avait notamment été "décisive", selon les collectivités forestières d'Occitanie, lors de l'incendie de Landiras, en Gironde, en 2022.

Le brûlage dirigé

Contrairement au feu tactique, le brûlage dirigé n'a pas forcément pour objectif de stopper un incendie déjà en cours. Cette technique consiste à brûler volontairement les herbes, broussailles ou autres végétaux présents au sol afin de limiter la quantité de combustible disponible.

Ces opérations peuvent être réalisées plusieurs mois avant la saison estivale dans un objectif de prévention, mais aussi pendant un incendie lorsque les conditions le permettent. Elles sont notamment utilisées, selon les collectivités forestières d'Occitanie, dans les départements méditerranéens, comme les Bouches-du-Rhône ou le Gard.

Le pare-feu

Un pare-feu est une bande de terrain sur laquelle la végétation est supprimée ou fortement réduite afin de limiter la propagation d'un incendie. Il peut s'agir d'une piste forestière, d'une route, d'une tranchée ou d'une zone débroussaillée.

Dans le massif des Landes, ces coupes franches permettent aux pompiers de ralentir la progression des flammes, de positionner leurs véhicules en sécurité ou encore de créer des points d'appui pour protéger des habitations et des infrastructures qui peuvent être sensibles. Elles ne suffisent pas toujours à arrêter un mégafeu, notamment lorsque des brandons (matériaux incandescents) sont projetés par le vent sur plusieurs centaines de mètres.

Les mouillants et retardants

L'eau n'est pas le seul élément utilisé par les pompiers. Ils peuvent également recourir à deux produits complémentaires : le mouillant et le retardant. Ajouté à l'eau, le mouillant améliore sa pénétration dans les végétaux et augmente ainsi son efficacité. Le retardant, reconnaissable à sa couleur rouge, est quant à lui largué sur la végétation afin de ralentir la progression des flammes. Cette coloration permet aussi aux équipes au sol de repérer immédiatement les secteurs déjà traités.

Ces produits sont actuellement utilisés en Gironde. Dans son compte rendu du Conseil des ministres de lundi, l'Elysée précise que l'appareil A400M, engagé depuis samedi sur cet incendie, "effectue des largages de retardement en appui des opérations au sol". Sur le terrain, ces largages viennent compléter l'action des pompiers afin de ralentir la progression des flammes.

Le noyage

Une fois les flammes maîtrisées, le travail est loin d'être terminé. Commence alors le noyage, une phase essentielle pour éviter les reprises de feux. Ce moyen de lutte repose sur un arrosage abondant des souches, des racines et des foyers encore chauds afin d'empêcher toute reprise de flamme.

Les opérations peuvent durer plusieurs jours, voire davantage sur un incendie de grande ampleur comme celui qui touche actuellement la Gironde. Les pompiers utilisent ensuite des caméras thermiques pour détecter les points encore chauds, parfois invisibles à l'œil nu.