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Bombardier envisage des fusions

Éric Martel, président et chef de la direction de Bombardier, commence à envisager des acquisitions dans les secteurs des services aéronautiques et de la défense, alors que la demande pour ses avions d’affaires continue de s’envoler et que son endettement, autrefois colossal, revient à un niveau plus raisonnable.

Le chiffre d’affaires du deuxième trimestre a progressé de 6 % par rapport à la même période l’an dernier pour atteindre 2,15 milliards de dollars américains, indique l’entreprise établie à Montréal. Près d’un tiers de ce total provenait de ses activités de service, dont le chiffre d’affaires a bondi de 14 % pour atteindre le niveau record de 674 millions de dollars américains.

La croissance interne est très solide, a souligné M. Martel aux analystes lors d’une conférence téléphonique jeudi. Mais il existe également des possibilités pour nous de réaliser des opérations que nous ne menons pas aujourd’hui sur nos avions et de renforcer notre présence sur le marché de l’entretien.

Le meilleur moyen d’y parvenir pourrait être par le biais d’acquisitions. […] Il existe clairement des occasions que nous étudions, ajoute-t-il.

Il en va de même, je dirais, dans le domaine de la défense, a précisé M. Martel. Nous examinerons les occasions de fusions-acquisitions.

Éric Martel devant le micro du studio 1 de Radio-Canada.

Le PDG de Bombardier, Éric Martel (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Guillaume Cyr

La demande globale reste forte. Le carnet de commandes de l’avionneur a bondi de 25 % au cours des six derniers mois pour atteindre 21,8 milliards dollars américains au 30 juin.

Bombardier a également réduit sa dette nette de plus de 350 millions de dollars américains au cours du deuxième trimestre, indique M. Martel. Le groupe a ainsi ramené son ratio de sa dette nette ajustée à 1,6 fois — un niveau inférieur à trois étant généralement considéré comme un niveau d’endettement sain.

Les avions volent davantage

Parallèlement, l’activité de la flotte mondiale, qui compte environ 24 000 avions d’affaires, s’est intensifiée. Selon M. Martel, ces avions volent en moyenne 5 % de plus que l’année dernière. C’est d’autant plus vrai pour les deux principaux modèles de Bombardier.

Le Challenger affiche une hausse de 7 %, le Global de 8 %, dit-il, soulignant les occasions en matière d’entretien ainsi que de ventes de nouveaux appareils, compte tenu de l’engouement pour les voyages aériens exclusifs.

Les gens voyagent de plus en plus en jet privé, affirme M. Martel. La demande est bien là.

Un ouvrier travaille dans la cabine de pilotage de l'avion.

Un avion Bombardier Challenger 650 en construction à Montréal. (Photo d'archives)

Photo : Reuters / Christinne Muschi

La semaine dernière, Bombardier a décroché une commande provisoire portant sur un maximum de 60 avions auprès de The Helicopter Co., en Arabie saoudite.

Soutenue par le fonds souverain de ce pays, cette société privée spécialisée dans les hélicoptères et Bombardier ont signé une lettre d’intention portant sur 12 appareils et une option d’achat de 48 appareils supplémentaires, parmi lesquels le Challenger 3500 de taille moyenne, le Global 5500 à long rayon d’action et le Global 8000 à très long rayon d’action.

La défense croît

Des occasions se profilent également dans le domaine de la défense, bien qu’à plus long terme.

Au début du mois, le secrétaire général de l’Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN), Mark Rutte, a déclaré que l’alliance envisageait de collaborer avec le constructeur suédois Saab pour fabriquer jusqu’à dix avions équipés de radars, construits en grande partie au Canada.

Mark Carney, Mark Rutte et Recep Tayyip Erdogan debout lors d'un événement de presse.

Le premier ministre Mark Carney aux côtés du secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte (à gauche), et du président turc Recep Tayyip Erdogan (à droite), à Ankara, en Turquie, le mercredi 8 juillet 2026. (Photo d'archives)

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

M. Rutte a expliqué à l’auditoire du sommet de l’OTAN à Ankara, en Turquie, que la flotte vieillissante de l’alliance devait être remplacée par le système GlobalEye, qui combine la technologie de Saab avec l’avion d’affaires Global 6500 de Bombardier.

Dans le domaine de la défense, les délais sont plus longs. Nous ne livrerons pas ces avions cette année. Mais cela nous donne énormément confiance en l’avenir, avance M. Martel jeudi.

Les achats effectués par les clients militaires alimentent également les activités d’entretien et de réparation de Bombardier. Le mois dernier, Bombardier a signé un contrat de 10 ans avec les forces armées suédoises pour assurer la maintenance de deux nouveaux Global 6500 destinés, entre autres missions, au transport des chefs d’État.

Bénéfice en léger recul

Bombardier a annoncé un bénéfice de 191 millions de dollars américains pour le trimestre clos le 30 juin, en baisse de 1 % par rapport à l’année précédente.

L’entreprise, qui tient sa comptabilité en dollars américains, a enregistré un bénéfice ajusté de 2,50 $ US par action au cours de son dernier trimestre, en hausse par rapport aux 1,11 $ US par action de l’année dernière et dépassant largement les prévisions des analystes, qui s’élevaient à 1,41 $ US par action, selon la société spécialisée dans les marchés financiers LSEG Data & Analytics.

Bombardier a livré 32 appareils au deuxième trimestre, contre 36 au cours de la même période l’année dernière, une baisse que le chef de la direction financière, Bart Demosky, a qualifiée de principalement liée au calendrier.

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