Blocus dans les lycées à Nice : les premières condamnations tombent pour les fauteurs de trouble
Au lendemain des interpellations survenues en marge du mouvement de contestation des lycéens à Nice, trois jeunes hommes de 18 ans se sont retrouvés devant le tribunal correctionnel.
Tous les trois étaient jusqu’alors inconnus de la justice.
À l’audience, le parquet assume le choix de la comparution immédiate. « Il obéit à deux objectifs : une réponse immédiate et ferme face à des comportements qui ont fortement troublé l’ordre public », explique la procureure Laura Goude.
Le droit de manifester est reconnu, rappelle-t-elle, mais « ça ne peut pas justifier des atteintes aux biens et aux personnes et des affrontements ».
Bien qu’aucun ne soit poursuivi pour des dégradations ou des faits de violence.
Jugé le 2 décembre
Le premier prévenu est lycéen en terminale générale au lycée du Parc Impérial.
Le jeune homme, représenté par Me Fanny Julien (comme le second prévenu), est poursuivi pour avoir participé à un attroupement en dissimulant son visage sous un casque et pour avoir transporté du liquide moteur dans son sac à dos.
Il a fait le choix d’une demande de délai. Le tribunal, présidé par Alexandre Julien a fixé l’audience au 2 décembre 2026 à 13 h 30 et placé le jeune homme sous contrôle judiciaire.
Un tuyau en PVC et des masques de super-héros
Le deuxième prévenu est lui scolarisé en terminale au lycée professionnel Vauban.
Le 30 septembre, l’apprenti électricien, dit avoir suivi « un groupe pour aller manifester à Magnan ».
Dans son sac se trouve notamment une barre. Le jeune homme, qui était capuché et portait un cache-cou explique qu’il transportait un tuyau en PVC avec l’objectif de « bricoler un peu » chez lui.
Et d’ajouter : « je n’ai commis aucune violence ».
Le président Alexandre Julien le recadre en lui rappelant que « couvrir son visage et d’avoir quelque chose qui s’apparente à une arme, c’est une infraction. »
Le magistrat souligne également que les débordements commis par certains individus pénalisent l’ensemble du mouvement : « Le fait que des individus se livrent à des exactions nuit à ceux qui manifestent. »
« On m’a tendu un mortier »
Le troisième jeune travaille comme cuisinier à Monaco, où il est en période d’essai. Il affirme être venu aux abords du lycée pour y retrouver sa petite amie et voir ce qu’il s’y passait.
Et selon lui, quelqu’un lui aurait tendu un mortier qu’il aurait bêtement agité.
Le jeune homme - défendu par Me Christian-Michel Colombo - reconnaît finalement son erreur : « Je regrette, j’ai été bête et naïf. »
« Naïf peut-être, mais sanction il doit prendre », estime la procureure.
Peine de TIG et jours-amendes
L’élève du lycée Vauban a été condamné à 100 heures de travail d’intérêt général et le cuisinier à 120 jours-amendes à 8 euros. Il leur est aussi interdit de manifester pendant trois ans.
« Qu’on ne vous revoit plus, sinon vous savez où vous irez » clotûre le président.