Blague de chauffe avant les Wallo: samedi, le wallon sera chez lui au cabaret L'Entité, au coin du rempart de la Vierge et du boulevard Frère Orban
Au coin du comptoir, en position latérale de convivialité, Gérard Beaumont entame la blague "de l'armoire suédoise". En wallon, c'est d'autant plus savoureux d'autant plus que notre vieux langage est bien maîtrisé par le Jambois, élu à deux reprises comme prince-président des menteurs. Face à lui, Sébastien Charlier, le patron du bistrot, déguste la "crake" sans en perdre une goutte, comme s'il s'agissait d'une succulente trappiste.
En un instant, c'est tout l'esprit du cabaret wallon qui se matérialise."Cette ambiance de cabaret, elle colle à l'histoire des Molons depuis le début deleurs histoires", situe Gérard Beaumont, pour la Royale Moncrabeau. "Leurs premières réunions, ils les tenaient à La Plante, au cabaret Warnon." Plus que les lieux, c'est un esprit que veut entretenir et même réinsuffler le comité central des fêtes de Wallonie (CCW). "On veut ramener les couleurs wallonnes dans les Fêtes, renforcer notre identité. Et ça passe aussi par la langue wallonne qu'on tient à remettre en avant dans différents rendez-vous", avait annoncé Christophe Dubois, le président du CCW. Et le premier est déjà fixé ce samedi, dès 19h30, à l'Entité, bistrot namurois typique (autrefois quartier général de la maréchaussée) au coin du rempart de la Vierge et du boulevard Frère Orban.
Le cabaret wallon revient donc... au cabaret. Mais à quoi s'attendre, samedi soir ?
Le fil rouge, ce sont les chansons, pour la plupart des classiques de la chanson française, reprises en wallon par les "Soçons po d'bon", un duo avec le chanteur Willy Marchal et le clarinettiste Léon Jacot.
"Mais tout sera rythmé par différentes interventions des Molons, des Rèlîs Namurwès...", souligne Gérard Beaumont, à la baguette, avec l'appui de Bernard Van Vinckt, le curé de la messe en wallon du lundi des Fièsses. "Les Molons seront là pour claper un Bia Bouquet et les autres incontournables. On racontera des mintes, des crakes, on lira des textes de poésie." Et il y aura aussi des petites saynètes dont Rodje Capucète, une version wallonne du Chaperon rouge. Gérard Beaumont et Anne-Marie François, des Rèlîs Namurwès, se lanceront aussi dans un beau petit numéro où il sera question de vieux vélo et de défunte...
Les jeunes sont aussi dans le coup avec une intervention de deux anciennes lauréates du challenge Daniel L'Hoir.
Les rires d'une tablée
Et quoi de plus de nomal d'assister au cabaret... dans un cabaret. "On est très heureux d'accueillir l'événement", sourit Sébastien Charlier, le... cabaretier. "On est très attaché au folklore, à Namur, aux traditions", appuie celui qui gère aussi "Le Prince Baudouin", dans le centre-ville.Mais finalement, c'est quoi aussi un bon "cabaret" ? "Pour nous, c'est la convivialité : on connaît nos clients par leurs prénoms", épingle Sébastien Charlier. "Il faut aussi que l'endroit soit propre, respecte ses heures d'ouverture et trouve aussi son rythme et ses habitudes. Au Prince, par exemple, on joue aux cartes tous les jours dès 18 heures." Le métier reste difficile mais garde ses bons côtés. "Et pour nous, la plus belle des récompenses, c'est d'entendre toute une table qui rigole." Samedi soir, ça ne devrait pas manquer.
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