Bilan très positif au festival Les Gens d'Ere: "Voir des fans courir de la porte d'entrée jusqu'à la scène, ce n'était jamais arrivé" (vidéos)
Pour sa 13e édition, et avec 32.000 festivaliers, le festival "Les Gens d'Ere" a affiché une fréquentation en hausse de 10 % par rapport à 2025. Ce lundi, de nombreux bénévoles étaient occupés à libérer le site. Nous y avons croisé Gwen Vanzeveren et Gilles De Langhe, président et vice-président du comité, fatigués comme la grande majorité des bénévoles, mais heureux.
Quel est votre sentiment quelques heures après le dernier concert ?
Gilles De Langhe : Je pense qu'on peut être fier de ce qu'on a accompli. Le record de samedi (11.000 personnes) était souhaité et il s'est réalisé. On avait mis les moyens avec Matt Pokora, très plébiscité. Mais tous les artistes, aux styles très diférents, ont participé à la réussite.
Gwen Vanzeveren : En 2024, on avait passé un premier cap avec dix mille personnes le samedi. On avait vu qu'il y avait pas mal de choses à ajuster en termes de mobilité, de toilettes, de food, de gestion bar, etc. Ce week-end, on a vu que tout s'est vraiment amélioré. Il y a un peu de files aux parkings mais vraiment pas beaucoup. Quand on accueille 11 000 personnes, on ne sait pas l'éviter complètement à certains moments.
Une nouvelle année record au festival Les Gens d'EreCombien de personnes ont pris part à l'organisation?
Gilles : Plus de 500 personnes travaillent en coulisses, parfois sans rien voir ou presque des spectacles parce qu'ils sont au turbin pour accueillir les festivaliers dès l'ouverture des portes, pour accueillir les artistes et leur donner à manger, pour s'occuper de nos food-trucks, pour faire fonctionner les bars… Ceux-ci fonctionnent à plein régime pendant trois jours, plus de 15 000 litres de boissons sont consommées. C'est une sacrée ruche qui a bien fonctionné pendant trois jours.
Gwen : Je vois sur les réseaux sociaux que les gens apprécient d'être accueillis avec le sourire. Je suis persuadé que ce qui se passe derrière se transpose vraiment sur la plaine : il y a la qualité des artistes mais il y a cette ambiance véhiculée sur la plaine.
Quels ont été vos coups de cœur ?
Gilles : Je n'ai pas vu beaucoup les spectacles. J'ai beaucoup aimé le spectacle de Lorie, il y avait vraiment une nostalgie de la part des festivaliers très chouette à voir. Je reste toujours les yeux écarquillés devant le concert d'Henri PFR, et au niveau régional je trouve qu'Awissa a clôturé le week-end d'une excellente manière dans une chouette ambiance.
Gwen : Je pense que c'est une des affiches les plus abouties qu'on a pu proposer. C'est chouette de terminer avec une tête d'affiche belge, Typh Barrow, qui n'a vraiment pas déçu le public. Elle a aussi été très généreuse avec les dédicaces et avec son passage dans l'espace PMR. Ce sont des choses qui comptent pour nous. Comme lorsque Lorie est passée sur la plaine et a rencontré des gens.
Typh Barrow a effectué un retour de rêve au festival Les Gens d'EreSamedi et dimanche, des fans de Matt Pokora et de Lorie attendaient le matin devant l'entrée pour courir jusque devant la scène. On voyait ça à la télé, dans les plus gros festivals, et on se demandait comment c'était possible que les gens puissent courir comme ça. Maintenant ça arrive chez nous, et c'est un indice que tout doucement on grandit. Mais on ne se prend pas la tête, il faut rester humble par rapport à tout ça. On ne réalise nous-mêmes pas ce qu'on fait. Chaque fois qu'on a terminé de tout monter, on espère que les gens vont encore venir remplir cette plaine. C'est chaque fois un sacré défi, on part toujours avec une part d'inconnu.
Les planètes ont tourné autour de Matt Pokora ce samedi aux Gens d'Ere: record d'affluence avec 11 000 festivaliers (vidéo)La météo a été cette fois favorable…
Gilles : On a coutume de dire que s'il ne pleut pas aux Gens d'Ere, ce n'est pas vraiment légendaire. On a eu exactement trois petites gouttes de pluie dimanche matin, pour respecter la tradition.
Gwen : Effectivement, mais je pense qu'on doit lancer une réflexion à l'avenir face aux changements climatiques, On a eu pas mal de vent dimanche, mais on pourrait aussi subir des orages, de la pluie et des canicules qui s'ajoutent maintenant. Ça devient très tendu à ce niveau, on est bien conscient qu'on n'est pas à l'abri en tant qu'organisateur de devoir un jour annuler une journée en raison d'une alerte. Il faut s'y préparer.
Avez-vous déjà une idée des artistes qui se produiront l'année prochaine ?
Gilles : On va terminer le démontage, puis prendre de bons jours de repos. Dès le début septembre il sera temps de plancher sur la programmation de l'année prochaine. Il ne faut pas être trop gourmand, il faut garder à l'esprit qu'on est une ASBL, qu'on vit grâce au soutien des uns et des autres, qu'on doit faire en sorte de gérer le festival en bon père de famille… Si on a une opportunité d'aller plus loin et d'engager un artiste ayant un cachet peut-être un peu plus élevé, on le fera mais on restera prudent. Le monde des festivals est concurrentiel, beaucoup sont en difficulté, parce que parfois ils ont fait des mauvais choix.
Gwen : Des artistes nous font un peu rêver. Mais si on casse notre tirelire, c'est parce qu'on est convaincus qu'on aura un retour en termes de fréquentation. Ça ne se fera pas en dépensant à fonds perdu parce qu'on doit tenir compte du fait qu'il y a des années où ça se passe un peu moins bien. On est 100 % bénévoles. Des sociétés qui font beaucoup de profit certaines années peuvent se permettre de remettre un peu d'argent mais ce n'est pas notre cas. On doit continuer à garder cet équilibre entre attirer des artistes fort demandés et continuer à rendre le festival accessible pour le plus de spectateurs possible parce que le monde finalement démultiplie les moyens.
On s'aperçoit notamment à travers les places qu'on vend toujours à l'occasion des fêtes de fin d'année que notre fan base fidèle grandit. Il ne doit pas exister beaucoup de festivals où les Pass trois jours représentent 60 à 70 % des ventes. On est très attentifs à proposer des prix le plus démocratique possible; je pense qu'à taille comparable, il n'y a pas d'autre festival à notre niveau au niveau des prix des entrées ou même des boissons.
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