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Bientôt payés pour se faire vacciner ? Cette proposition issue d’un rapport remise au gouvernement

Commandé par le gouvernement en début d’année, le rapport vient de sortir, rédigé par quatre experts du système de santé, l’ancienne ministre de la Santé Élisabeth Hubert, l’ancien directeur de la Sécurité sociale Franck Von Lennep, l’économiste Nicolas Bouzou, et le président du groupe mutualiste VYV Stéphane Junique.

Sur fond de croissance inexorable des dépenses de santé, et à l’approche de la campagne présidentielle, ce document d’une centaine de pages propose de donner aux complémentaires santé une place à part entière dans le remboursement des soins au côté de l’Assurance maladie, au lieu du strapontin qui a plutôt été le leur jusqu’à aujourd’hui.

Et parmi les propositions formulées, l’une d’elles fait déjà débat : la possibilité pour les mutuelles de proposer des « bonus prévention », autrement dit des ristournes pour les assurés qui respecteraient des « parcours prévention » et participeraient aux campagnes de dépistage et de vaccination.

En contrepartie, les complémentaires santé devraient s’engager à consacrer « a minima » 2 % de leurs dépenses à la prévention.

« Pas une bonne idée »

Une mesure qui vise à accroître la couverture vaccinale de la population, à l’heure où la Cour des comptes déplore le recul de la vaccination en France.

Selon un récent rapport, la couverture contre la grippe chez les plus de 65 ans ne dépasse pas 54 % pour la saison 2025-2026, confirmant une baisse continue amorcée en 2022.

Un constat qui touche l’ensemble de la politique de prévention : les seuils de sécurité fixés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ne sont toujours pas atteints pour d’autres vaccins majeurs, tels que celui contre le papillomavirus ou encore la rougeole.

Pour les syndicats, de leur côté, cette mesure n’est « pas une bonne idée ».

Pour Dominique Corona, secrétaire général adjoint de l’UNSA, prône une approche axée sur la pédagogie, en proposant notamment de rendre obligatoire pour les médecins l’utilisation du dossier médical partagé.

Un outil largement sous-exploité, comme le rappelait récemment la Cour des comptes : à ce jour, seulement 35 % de la population a ouvert « Mon Espace Santé », et à peine 11 % y consignent un suivi vaccinal permettant de retracer leur parcours depuis l’enfance.

Autre cheval de bataille de l’organisation syndicale : la suppression des dépassements d’honoraires sur les actes de prévention, considérés comme un obstacle majeur à la santé publique.