taraskuzio.com

Berlin avance trop lentement dans la reconstitution de ses stocks de gaz

L’Allemagne avance trop lentement dans la reconstitution de ses stocks de gaz. Le président de la Bundesbank, Joachim Nagel, a souligné que les réserves n’avaient pas suffisamment augmenté après l’hiver et que le rythme de remplissage n’avait pas accéléré au début du printemps.

Au 5 octobre, les stockages allemands étaient remplis à 58,7 %, soit environ 145,3 TWh. La Bundesnetzagentur juge ce niveau nettement inférieur à celui observé lors des années précédentes et constate que les injections quotidiennes restent parfois faibles.

Un hiver sous surveillance

Cette situation intervient dans un contexte énergétique particulièrement tendu. Les restrictions affectant les livraisons de gaz naturel liquéfié depuis le Moyen-Orient ont contribué à faire grimper les prix européens. La Bundesbank estime que les stocks européens ont été reconstitués trop lentement et que l’Europe pourrait avoir besoin d’importations exceptionnellement importantes de gaz naturel liquéfié durant l’hiver.

Pour l’Allemagne, le risque n’est pas nécessairement celui d’une pénurie immédiate. La Bundesnetzagentur souligne que la sécurité d’approvisionnement dépend également des importations par gazoduc, des terminaux de gaz naturel liquéfié, des infrastructures et de la demande. Mais la faiblesse des réserves augmente la vulnérabilité du pays à une nouvelle flambée des prix.

La lenteur du remplissage pourrait surtout se traduire par une facture énergétique plus élevée, alors que l’industrie allemande reste particulièrement exposée au coût du gaz.

Les chiffres clés

• 58,7 % : taux de remplissage des stocks allemands au 5 octobre.
• 145,3 TWh : volume de gaz stocké.
• 45,9 % : taux moyen d’utilisation des terminaux allemands de gaz naturel liquéfié sur la semaine observée.
• 70 % : niveau de remplissage visé à l’approche de l’hiver.
• 2 % : objectif d’inflation à long terme de la Banque centrale européenne.

L’alerte de Joachim Nagel souligne ainsi un paradoxe pour Berlin : malgré l’amélioration attendue de l’économie allemande, la dépendance aux importations énergétiques et le faible niveau des stocks peuvent rapidement raviver les tensions inflationnistes.