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Beaune. Vendanges 2026 : vers une petite récolte historiquement précoce à la qualité « exceptionnelle »

«Exceptionnelle », « remarquable », « superbe », mais aussi « petite » et faible en quantité. La récolte de 2026 restera dans les annales après des vendanges historiquement précoces. Mercredi 23 septembre, alors que se tenait la conférence de rentrée du comité des vins de Bourgogne au cœur de la Cité des climats et des vins, Michel Barraud et Laurent Delaunay, les deux coprésidents, ont rappelé que dès le 8 août les premiers coups de sécateur ont été donnés dans les crémants. Rapidement suivis par le reste de la Bourgogne, ils ont continué jusqu’au milieu du mois de septembre avec une fin de récolte « entre le 10 et le 12 septembre en Côte-d’Or ».

Une situation inédite qui a demandé une adaptation de la part de l’ensemble de la profession. « On peut aussi parler d’une prise de conscience exceptionnelle de l’évolution climatique, avec tous les changements et les techniques que l’on doit mettre en œuvre dans le vignoble », a noté Michel Barraud, revenant sur les différentes étapes ayant abouti à ces vendanges. Après un hiver très doux et pluvieux, notamment en février, c’est une bonne recharge hydrique des sols qui a été observée. « Une chance » pour les viticulteurs puisque la vigne a pu se développer avec « de l’eau sous les pieds ». Dès la mi-mars, le cycle végétatif était déjà en avance pour atteindre le stade de mi-débourrement autour du 28 mars.

Michel Barraud et Laurent Delaunay, coprésidents du comité des vins de Bourgogne, sont revenus sur les vendanges lors de la conférence de presse de rentrée des vins de Bourgogne au sein de la Cité des climats et vins de Bourgogne.   Photo Ch. D.

Michel Barraud et Laurent Delaunay, coprésidents du comité des vins de Bourgogne, sont revenus sur les vendanges lors de la conférence de presse de rentrée des vins de Bourgogne au sein de la Cité des climats et vins de Bourgogne.   Photo Ch. D.

Le cycle accéléré avec les canicules

Si des inquiétudes face au risque de gel se sont ensuite fait sentir en avril, un retour des températures supérieures aux normales a lieu à partir de Pâques. « La saison a alors démarré très vite », a illustré Michel Barraud, tandis que les services du comité de Bourgogne détaillent : « Fin avril, les vignes comptent en moyenne six feuilles étalées et les grappes sont déjà bien visibles, avec près de 20 jours d’avance sur la moyenne des 20 dernières années. »

Niveau floraison, les premières fleurs sont, elles, apparues dès le 22 mai et le stade de mi-floraison a été atteint le 27 mai dans l’ensemble du vignoble. Début juin, les baies étaient déjà visibles dans les parcelles les plus précoces. En juin toujours, une évolution plutôt rapide des baies était encore observée, avant le début d’un épisode caniculaire mi-juin. L’exception a continué de se confirmer tout au long du mois, puisque « les premières baies verrées sont apparues fin juin ». Face à la chaleur, qui s’est poursuivie tout au long de l’été, la vigne a résisté malgré un ralentissement de la véraison et du grossissement des baies observé en juillet. La pluie manque, mais le développement des vignes est resté sain et, au début du mois d’août, une nouvelle canicule est apparue, accélérant la maturité avant un début de vendanges début août pour certains.

« Nous pouvons déjà dire que nous aurons une très petite récolte »

Côté qualité, cela ne fait aucun doute, le millésime sera « exceptionnel », avec « une concentration énorme », souffle Michel Barraud, notant un ensoleillement qui a conduit à une maturité très importante, avec des raisins petits par manque d’eau, mais qui ont très bien poursuivi leur maturité jusqu’au bout. « Malgré la chaleur, nous pouvons aussi observer de la fraîcheur, notamment dans les vins blancs où des arômes frais apparaissent, sans oublier les marqueurs des différents terroirs qui sont bien présents. »

Côté quantité en revanche, la récolte sera faible. S’il faut attendre l’estimation de l’interprofession, mi-novembre, pour avoir une idée des rendements réels, « nous pouvons déjà dire que nous aurons une très petite récolte », a observé Laurent Delaunay, tandis que Michel Barraud estimait : « Niveau volume, la récolte sera peut-être légèrement supérieure à celle de 2021, mais guère plus. »