Beaune. Marine et César, jeune garçon autiste, de retour sur le chemin de Compostelle
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Marine et César, jeune garçon autiste, de retour sur le chemin de Compostelle
Un an après avoir rallié à pied la moitié du chemin de Saint-Jacques, Marine Dufour et son fils César, atteint d’autisme et de handicap moteur, ont repris la route cet été. Cette fois par le Portugal, de Porto à Santiago. Un défi de 240 kilomètres bouclé en famille, avant une rentrée scolaire très attendue.
Manon Tautou ([email protected]) -
Aujourd’hui à 19:00
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L’an dernier, nous avions suivi pas à pas le périple de Marine Dufour et de son fils César Lafont sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. Les revoilà sur les routes.
César, 12 ans et demi, atteint d’autisme et d’un handicap moteur à la suite d’une infection au CMV (cytomégalovirus) contractée in utero, a de nouveau avalé des dizaines de kilomètre, tantôt à pied, tantôt installé sur un monocycle adapté (C-Cycle) tracté par sa mère. C-cycle non pliable oblige, l’avion semblait exclu. Mais l’association César marche avec vous a reçu deux nouveaux exemplaires, cette fois pliables. « César avait fait tellement de progrès l’année dernière que l’on a décidé d’y retourner », explique Marine Dufour, très fière du chemin parcouru par son fils.
« Il a tout de suite bien marché et réclamé pour marcher »
Du 5 au 15 août, le binôme a emprunté le chemin portugais, par le centre du pays, pour rallier Porto à Santiago : 240 kilomètres, soit une moyenne d’environ 22 kilomètres par jour. Auguste, l’un des grands frères de César, était du voyage, tout comme une amie de Marine, déjà présente l’an passé. « Cette année, nous portions nos bagages, on s’est réparti le poids avec Auguste », raconte-t-elle. Ils séjournaient dans des auberges tout au long du parcours.
Cette arrivée-là avait une saveur particulière. L’an dernier, ni Auguste ni César n’avaient atteint Santiago. « Là, c‘était chouette, ils ont pu avoir un diplôme », se réjouit leur maman, le sourire dans la voix. Et les acquis du premier voyage n’ont pas été perdus : « Il a tout de suite bien marché et réclamé pour marcher. » Sur les chemins, César se transforme. « Il est connecté à la nature, il peut mettre de côté toutes ses préoccupations », observe sa mère. Les sentiers accidentés exigent vigilance et anticipation. « Cela le muscle, et plus il est musclé, plus il arrive à marcher : c’est un cercle vertueux. Autour de lui, tout le monde marche, alors il imite. » Au fil des étapes, César travaille aussi sa sociabilisation.
Grâce au C-Cycle, un monocycle adapté, Marine peut tracter son fils sur les sentiers accidentés. Un attelage qui, une fois chargé des affaires et de l’eau, pèse tout de même 60 kilos. « Mais lorsqu’on est sur du plat, je ne porte que 20 % du poids ». Photo fournie par Marine Dufour
Un C-Cycle de 60 kilos à tracter
Cette année, les rôles se sont même parfois inversés. « Tracter le C-Cycle en montée alors qu’il faisait 60 kilos, c‘était très dur, alors César descendait pour m’aider. Pour une fois, c’est lui qui aide et ça lui plaît », confie-t-elle. Le périple a aussi été l’occasion d‘échanges rares : « César a pu prendre le temps de réfléchir, d’analyser. Il nous a expliqué comment se passaient ses crises, comment on pouvait l’aider. » Reconnaissante des « nombreux messages de soutien et d’encouragement » reçus, Marine Dufour veut désormais poursuivre l’aventure. « J’aimerais bien organiser des marches au niveau local. Des familles m’ont déjà contactée pour essayer le C-Cycle. J’espère vraiment que cela permettra à d’autres enfants de faire des progrès. » Au-delà des kilomètres, elle y voit aussi un moyen de sensibiliser le plus grand nombre à la cause du handicap et de l’autisme : « Être handicapé n’empêche pas d’aller en vacances, de partir à l’aventure, de se dépasser. »
Une rentrée scolaire très attendue
Le retour signe aussi la fin des vacances et le temps des préparatifs. Car après de longues démarches et plusieurs cris d’alarme, César fera sa rentrée de septembre à l’institut médico-éducatif (IME) Dame Sésame, à Beaune. Ce dispositif dépend de l’association Ehco (Enfance et handicap en Côte-d’Or), née en 2022 de la fusion de l’association beaunoise de protection de l’enfance et des Papillons blancs de Beaune. Il accueille enfants, adolescents et jeunes adultes présentant un trouble du développement intellectuel ou du spectre autistique. « Des personnes formées aux troubles autistiques seront présentes », explique sa mère. Après tant d’efforts, la famille peut enfin souffler.