Batterie intégrée pour la future antenne Starlink Mini : ce que révèle son micrologiciel
En bref
- Une antenne « Mini 2 » repérée dans le firmware Starlink
- Batterie lithium-ion à quatre cellules intégrée d’origine
- Débit montant réduit, autonomie et mobilité privilégiées
Un indice technique révélateur trouvé dans le code
C’est en fouillant dans la dernière mise à jour logicielle des antennes Starlink que le réparateur ukrainien Oleg Kutkov a mis la main sur une référence inédite : « mini2_prod1 ». Ce nom de code, publié sur X dimanche, désigne selon lui un nouveau modèle d’antenne compacte, succédant à l’actuelle Starlink Mini.
Ce n’est pas la première fois qu’un indice de ce genre apparaît. Quelques semaines plus tôt, un autre chercheur avait déjà repéré, dans une version antérieure du firmware, des traces suggérant l’arrivée d’une batterie intégrée et d’un port USB-C repensé pour ce futur boîtier.

Une batterie enfin native
Jusqu’ici, les propriétaires de la Starlink Mini devaient s’équiper d’accessoires tiers pour obtenir une autonomie sur batterie, l’antenne d’origine fonctionnant uniquement sur secteur ou via une batterie externe. Selon les éléments trouvés par Kutkov, la Mini 2 embarquerait cette fois une batterie lithium-ion à quatre cellules directement intégrée au boîtier, une évolution structurelle notable pour un usage nomade ou en zone isolée.
Une antenne pensée pour la mobilité, au prix du débit montant
Le changement le plus significatif ne concerne pas seulement la batterie. Kutkov a également identifié une forte baisse du « duty cycle » d’émission, c’est-à-dire la proportion de temps pendant laquelle l’antenne peut transmettre des données vers les satellites plutôt que rester inactive. Ce taux passerait de 75 % à seulement 11 %.
Concrètement, cette limitation technique devrait se traduire par un débit montant nettement plus faible. Dans un échange avec PCMag, le chercheur évoque une vitesse d’upload plafonnée autour de 10 Mbit/s, contre une fourchette de 10 à 20 Mbit/s habituellement mesurée sur la Mini actuelle lors de tests indépendants.
Pourquoi ce compromis a du sens
- Une consommation électrique réduite, cohérente avec un fonctionnement sur batterie
- Un débit jugé suffisant pour les visioconférences et un usage internet classique en zone reculée
- Une marge d’amélioration possible avec l’arrivée des satellites de nouvelle génération V3, censés permettre des débits proches du gigabit
Ce choix illustre un arbitrage assez classique dans les objets connectés portables : sacrifier une partie de la performance brute pour gagner en autonomie et en simplicité d’usage. Pour un usage occasionnel en camping, en bateau ou lors de déplacements professionnels, la différence pourrait rester peu perceptible au quotidien.
Vers une gamme Starlink plus segmentée
Cette découverte s’inscrit dans un mouvement plus large de diversification du catalogue Starlink. Le mois dernier, Elon Musk avait déjà montré deux nouvelles antennes plus fines, dont l’une visiblement destinée aux usages en déplacement. La semaine passée, SpaceX a officiellement lancé son antenne V5, également optimisée pour réduire la consommation électrique, mais avec un débit maximal légèrement inférieur à celui du modèle V4 actuel.
La V5 présente toutefois une limite claire : elle ne prend pas en charge l’utilisation en mouvement, probablement en raison de l’absence d’un récepteur GPS intégré. C’est là que la future Mini 2 se distinguerait nettement, puisque Kutkov affirme y avoir retrouvé un module GPS, laissant penser que cette antenne est bien conçue pour un usage mobile, en voiture ou en bateau par exemple.
Un possible changement de nom en cours de route
Autre élément intéressant : en mai dernier, le même chercheur avait repéré une référence baptisée « MINI1_RUGGED_PROD1 » dans le firmware, évoquant une version renforcée de la Mini existante. Il est probable que ce projet ait finalement été renommé « Mini 2 », plutôt que de donner naissance à un modèle distinct.
Autonomie et disponibilité restent à confirmer
Reste une question centrale, encore sans réponse officielle : combien de temps cette batterie intégrée pourra-t-elle tenir en fonctionnement réel ? À titre de comparaison, le fabricant tiers PeakDo commercialise actuellement une batterie externe compatible avec la Mini actuelle, vendue 229 dollars (environ 210 euros), capable d’alimenter l’antenne jusqu’à cinq heures grâce à une capacité de 99 Wh.
SpaceX n’a pour l’instant communiqué aucune date de lancement ni aucune caractéristique officielle pour cette Mini 2. Les informations disponibles reposent uniquement sur l’analyse du code du firmware, une méthode qui a toutefois déjà permis d’anticiper plusieurs annonces passées de l’entreprise avec une bonne fiabilité.
Ce qu’il faut retenir avant l’annonce officielle
La future Starlink Mini 2 semble taillée pour les usages nomades exigeants : autonomie sur batterie, GPS intégré et compatibilité en mouvement. En contrepartie, les débits montants devraient être revus à la baisse, du moins tant que le réseau ne bénéficiera pas des satellites V3 promis par SpaceX. Reste à voir si cette antenne visera les voyageurs, les professionnels itinérants, ou les deux à la fois.