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Barack Obama s’acharne (enfin) sur Trump en meeting : « Une corruption et une incompétence jamais vues »

Barack Obama à Detroit, le 24 octobre.

Barack Obama à Detroit, le 24 octobre.  SPENCER PLATT / GETTY IMAGES VIA AFP

Son grand retour en meeting : l’ex-président américain Barack Obama (2009-2017) a décidé de s’investir pleinement dans la campagne des « Midterms », les élections de mi-mandat qui pourraient faire basculer le Congrès côté démocrate, le 3 novembre. A dix jours du scrutin, il a effectué deux déplacements samedi 24 octobre, dans l’Ohio et dans le Michigan, pour y soutenir les candidats démocrates. Et malgré une relative discrétion depuis son départ du pouvoir, sa critique au vitriol de Donald Trump a été acclamée par le public présent.

« Après deux années de chaos, de cruauté, de corruption et d’incompétence jamais vus à l’ère moderne, vous avez une chance de dire : “Ça suffit. Nous votons pour le changement ici dans l’Ohio” », a-t-il déclaré à Cleveland. Le démocrate de 65 ans a dénoncé vertement son successeur à la Maison-Blanche, dont le gouvernement est selon lui directement responsable de la hausse du coût de la vie. « Le président actuel a choisi de prendre une série de mauvaises décisions. Surtout, il a décidé de déclencher une guerre inutile, que personne n’a demandée », a-t-il rappelé.

Barack Obama a également exhorté les personnes dans l’assistance à glisser leur bulletin dans l’urne dès que possible, le vote par anticipation étant déjà ouvert dans cet État industriel du nord. « Ne procrastinez pas, ne vous dérobez pas », a lancé l’ex-chef d’Etat, qui conserve une popularité certaine auprès de la base démocrate.

Obama tourne Trump en ridicule

Le 44e président américain a renoué avec le style ironique, proche du « stand-up », qui faisait sa popularité du temps de son pouvoir. Il a ainsi multiplié les moqueries contre la nouvelle esthétique de la Maison-Blanche, tournant en ridicule son abondance de dorures et les travaux mégalomanes entrepris par Trump. « On dirait que Saddam Hussein a ouvert un Cheesecake Factory », a-t-il raillé, avant de suggérer que Trump devrait animer une émission de rénovation immobilière sur HGTV. Il a également moqué les préoccupations du secrétaire à la Défense Pete Hegseth sur l’apparence physique et la virilité des militaires, et la guerre commerciale déclenchée avec le Canada, « cet empire du mal bien connu, notre adversaire historique ».

Donald Trump, qui n’a jamais porté Barack Obama dans son cœur, n’a pu s’empêcher de réagir. « Obama a été un président grossièrement incompétent ! », a riposté l’octogénaire ce dimanche sur son réseau Truth Social. « Il a versé des milliards de dollars à l’Iran et lui a ouvert la voie vers l’arme nucléaire », a-t-il affirmé, en référence à un accord signé entre Washington et Téhéran en 2015, lorsque Barack Obama était président, qui allégeait des sanctions visant l’Iran, en échange d’une réduction drastique de ses activités nucléaires. Lors de son premier mandat, Donald Trump s’est retiré de cet accord et a imposé des sanctions, y compris contre les pays qui achetaient du pétrole iranien.

Les démocrates en avance

Pour Barack Obama, les Midterms ne doivent pas être seulement un vote sur le pouvoir d’achat, mais aussi un moyen de rétablir des contre-pouvoirs face à Trump. Il décrit le scrutin comme un « disjoncteur » capable de freiner les excès de la Maison-Blanche. Les démocrates disposent toujours d’une nette avance dans les modèles pour reconquérir la Chambre des représentants, tandis que le Sénat, qui paraissait initialement plus difficile à conquérir, est désormais réellement disputé. L’Ohio et le Michigan figurent parmi la dizaine d’Etats qui feront basculer la bataille, mardi 3 novembre.

Si les démocrates prennent seulement la Chambre, ils pourront bloquer une grande partie du programme législatif républicain, contrôler les dépenses et ouvrir des enquêtes parlementaires avec un pouvoir de convocation. S’ils prennent aussi le Sénat, ils pourront également bloquer les nominations présidentielles nécessitant sa confirmation, notamment les juges fédéraux et les principaux responsables de l’administration.

Investissement personnel

Dans l’Ohio, l’ex-sénateur démocrate Sherrod Brown va tenter de signer son retour face au sénateur républicain sortant Jon Husted, tandis que le poste de gouverneur sera disputé entre la démocrate Amy Acton et le républicain Vivek Ramaswamy, ex-candidat aux primaires pour la présidentielle de 2024. Les sondages donnent une légère avance aux démocrates dans ces deux scrutins, mais les résultats s’annoncent serrés.

Après Cleveland, Barack Obama s’est dirigé dans la soirée vers le nord et le Michigan, pour un meeting à Detroit aux côtés d’Abdul El-Sayed, candidat démocrate au Sénat. Dans cette ville à l’importante population afro-américaine, le premier président noir de l’histoire des États-Unis a été appelé en renfort pour mobiliser l’électorat en faveur de ce médecin épidémiologiste de 41 ans. Alors que les deux sièges de sénateur du Michigan sont tenus actuellement par des démocrates, Abdul El-Sayed, issu de l’aile gauche du parti, fait face à des sondages le mettant au coude à coude avec le républicain Mike Rogers.

Obama prévoit également un déplacement en Géorgie la semaine prochaine, auprès du sénateur Jon Ossoff et de Keisha Lance Bottoms, candidate au poste de gouverneure. Obama est aussi engagé financièrement et médiatiquement : selon son équipe, il a contribué à lever plus de 15 millions de dollars pour les démocrates et enregistré plus de vingt spots télévisés ou radiophoniques. Histoire d’ancrer un retour sur la scène politique qu’il a longtemps repoussé, dans le but déclaré de faire émerger de nouveaux leaders démocrates qui peinent à s’affirmer.

Par  Timothée Vilars